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D’E.ON à EDF, où va la transition énergétique française ?

E.ON la plus grosse compagnie d’électricité allemande, a annoncé en décembre dernier avoir décidé de changer de modèle économique pour se recentrer sur les énergies renouvelables, les réseaux et les services. Elle devenue pionnière de la transition énergétique, va devoir inventer et éprouver un nouveau modèle d’affaire inconnu de ses concurrents. Ce choix radical a été murement réfléchi par la direction du groupe durant l’année 2014, comme le raconte les Echos. Qu’en est-il de la France alors que la transition énergétique est dans l’agenda politique ? Quid de la stratégie d’EDF comparée à celle d’E.ON ?

Les évolutions technologiques et la profonde mutation du marché mondial de l’énergie, ont amené le Directoire d’E.ON à préférer tirer parti des potentiels de croissance de l’énergie verte, en se défaisant de ses activités historiques liées aux centrales conventionnelles, au négoce d’énergie, à l’exploration et l’extraction des hydrocarbures, qui seront logées dans une nouvelle entreprise indépendante cotée en bourse.

Au passage, E.ON transfert ainsi le démantèlement de ses ex vieilles centrales nucléaires, sans savoir si les provisions constituées et mises au pot de la nouvelle entité suffiront à couvrir les coûts induits. Les allemands redoutent que ce problème de démantèlement du nucléaire ne finisse par être payé par leurs impôts…

Cette décision semble cohérente pour une compagnie d’électricité qui opère principalement dans un pays réellement en transition énergétique, l’Allemagne. Que Johannes Teyssen, Président du Directoire d’E.ON voit dans les énergies renouvelables décentralisées « les meilleures perspectives d’avenir », ne manque pas d’interroger la stratégie de nos grands électriciens français. Selon un article de Véronique Le Billon et d’Anne Feitz des Echos, GDF Suez semble mieux se préparer au monde énergétique de demain qu’EDF, engluée dans des exigences étatiques contradictoires. EDF est encore protégée par son quasi-monopole pour la production et la distribution d'électricité, mais la fin des tarifs réglementés et l'essor de la production EnR décentralisée, vont l'amener à faire évoluer son modèle d’affaire de plus ou moins bon gré.

En France, les objectifs des précédentes lois sur l’énergie n’ont pas été respectés pour les énergies renouvelables, le seront-ils pour la prochaine loi de transition énergétique qui se veut de croissance verte ? Est-ce que nous sommes capables de prendre un virage énergétique comme en Allemagne ou en Californie ?

EDF va accoucher dans la douleur et la contradiction de la transition énergétique. L’électricien national, qui s’est positionné contre la transition en 2012 lors du débat national, va sans nul doute continuer d’agir en coulisse pour ralentir son effectivité. La classe politique française et l’administration attentives à la situation d’EDF, qui contribue en dividendes au budget de l’Etat et demeure un grand employeur à l’aura de service public, ne vont pas pousser au feu pour accélérer...

Malgré un système électrique presque soviétique, la France est dans une économie ouverte avec un marché électrique voué à la libéralisation. Les progrès de la production EnR décentralisée ne s’arrêteront pas à nos frontières. Les challengers d’EDF vont accélérer dans les EnR et des offres commerciales vont apparaître. De nouvelles opportunités indépendantes des grandes entreprises énergétiques, vont également s’ouvrir pour les collectivités locales et les citoyens. Retardés par notre culture atom’cratique, nous avancerons moins vite dans la transition énergétique que les allemands, mais nous allons nous y engager. On va prendre plus de temps que d’autres pour sortir du monde énergétique d’hier et créer de la valeur avec le monde de demain…

Alors, on accélère ?

Tag(s) : #Energie; EnR, #France atom’cratique, #Transition Energétique

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