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S’il y a un secteur où le gouvernement Valls ne s’assume pas social-libéral, c’est celui de la production d’électricité. Comme les précédents gouvernements depuis des décennies, celui du moment est mobilisé pour soutenir l’électricien national à la peine avec son modèle nucléaire hyper-centralisé étatisé. Avec sa dette et sa structure de coûts, EDF ne peut financer la prolongation du parc nucléaire français (100 milliards €) et la construction de deux nouvelles centrales EPR à Hinkley Point C en Angleterre (25 milliards €), tout en provisionnant les coûts à venir pour le démantèlement et la gestion des déchets (plusieurs dizaines de milliards €), sans augmenter ses prix de vente. Le prix de marché de gros du MWh étant devenu inférieur au coût de revient de production nucléaire d’EDF, l’équation se complique. Alors forcément ça coince au niveau financier, EDF déjà sorti du CAC 40 en décembre, risque la dégradation de sa notation crédit.

Ainsi donc pour aider EDF, Ségolène Royal ministre de l’écologie piétine allègrement l’objectif de faire baisser la part du nucléaire dans le mix français en autorisant la prolongation de la durée de vie (et d’amortissement) des centrales nucléaires d’EDF. L’Autorité de Sureté Nucléaire aura bien entendu son mot à dire et la précieuse autorisation d’exploiter / centrale n’est pas acquise. Toutefois, Ségolène aura fait le job atom’cratique et tenté de soutenir le cours de bourse d’EDF, quitte à s’arranger un peu beaucoup avec loi de Transition Energétique… Ministre de l’énergie, c’est un boulot à faire avaler des couleuvres atomiques aux écolos pour ne pas fâcher les financiers.

Le site du Boursier.com relaie deux rumeurs plausibles à propos d’EDF, ce lundi 29 février. L’une porte sur la création d’une « bad bank » pour cantonner le parc nucléaire français au sein d’une branche séparée qui percevrait de l’aide publique via un tarif régulé. L’autre sur le report de la décision d’investissement dans Hinkley Point en 2017, alors qu’elle était annoncée « imminente » il y a peu de temps. Que l’état-major d’EDF réfléchisse à de telles perspectives, montre qu’il n’est pas serein sur la stratégie financière de l’entreprise face au mur d’investissements du nucléaire, d’autant que l’EPR s’avère un naufrage industriel... #malbarré?

L’atom’cratie mobilisée ne va rien lâcher, essayer d’avoir le maximum de ce gouvernement et de clui d’après mai 2017 qui pourrait être de droite. Elle veut préserver son modèle ses acquis et faire que la France n’entre pas réellement en transition énergétique, même si c’est au sacrifice des énergies renouvelables, même si le secteur devient un boulet économique hors accident/catastrophe nucléaire. Une catastrophe nucléaire en France, n’y pensez pas ce serait la liquidation du pays, pschitt l’économie du pays, alors chut… Faut pas effrayer le citoyen contribuable consommateur, déjà qu’on va lui faire les poches en mode business as usual, il pourrait refuser de perpétuer un système trop risqué et non rentable…

Tag(s) : #France atom’cratique, #Energie; EnR, #Economie; Nucléaire; Energie

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