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“It’s the economy, stupid ! », c’est la réplique de Bill Clinton en campagne électorale victorieuse de 1992, pour rappeler au candidat républicain que l’important pour les américains « c’est l’économie, idiot! ». Le camp conservateur a été battu pour avoir oublié de considérer l’économie dans son argumentaire électoral. EDF, principal acteur du secteur nucléaire civil français me fait penser à George Bush face à Clinton. L’électricien français a oublié que l’important c’était l’économie et appelle l’Etat à la rescousse.

La situation financière d’EDF est ultra critique, voir même impossible pour faire face aux enjeux du grand carénage et mener de front le projet d’Hinkley Point. Après le départ du directeur financier du groupe en désaccord pour engager dès maintenant la construction de 2 EPR en Angleterre, le PDG d’EDF a écrit aux salariés pour tenter de les rassurer.

Jean-Bernard Lévy reste convaincu qu’engager le projet d’Hinkley Point est une bonne chose pour l’entreprise, mais il ne pourra mener cette aventure sans un soutien de l’Etat pour sécuriser la situation financière d’EDF. Dans un marché de l’électricité relativement libéralisé, le PDG négocie avec le gouvernement de l’argent public pour poursuivre la fuite en avant de l’aventure nucléaire, « sus aux anglais, l’EPR doit traverser la Manche ». Pas certain que la Commission européenne autorise un soutien étatique trop voyant et trop massif qui fausserait la concurrence… Pas certain non plus que les français clients contribuables acceptent sans broncher de passer à la caisse pour financer les rêves de grandeur de l’atom’cratie.

L’atom’cratie est mobilisée et fait bloc pour que l’électricien demeure un « champion mondial du nucléaire civil » aux pieds d’argile. Même après la catastrophe industrielle de l’EPR (en Finlande et à Flamanville), elle insiste pour aller plus loin, à creuser d’avantage le gouffre de dette avec le soutien de l’Etat. Son arrogance est telle qu’elle s’apprête à commettre avec EDF la même erreur qu’AREVA en Finlande pour vendre son 1er EPR : un calendrier intenable assorti de pénalités. L’article des Echos de ce week-end nous apprend qu’à Hinkley Point « qu’au-delà de 15 % d’aléas sur le chantier, EDF financerait seul les surcoûts », avec encore une fois un calendrier de projet intenable pour réaliser une nouvelle tête de série EPR ND. Sachant que l’aventure finlandaise a plombé AREVA, on peut craindre la faillite de l’électricien français si son chantier anglais se révélait être un fiasco comme les précédents EPR construits par AREVA.

« Too big to fail », EDF profite de la règle implicite de « trop gros pour tomber », pour forcer le passage et s’exposer d’avantage aux risques financiers avec la protection de l’Etat, pour maintenir coûte que coûte un modèle nucléaire dépassé à l’heure de la transition énergétique et du boom des énergies renouvelables.. . “It’s the economy, stupid ! », cette règle explicite va sans doute être rappeler à EDF et à l’atom’cratie par la Commission européenne. Comme la France n’a pas le droit de subventionner massivement EDF, ce sera donc aux consommateurs français de voir leur facture d’électricité flamber. Une douloureuse qui arrivera après mai 2017, pilule poison pour le prochain gouvernement…

Tag(s) : #France atom’cratique, #Economie; Nucléaire; Energie, #Ecolo-politique.gouv.fr, #Energie; EnR

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