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"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c
'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le
contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l
'autre, l'homme est un pont."

Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

 

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Dom dVP’1, 1er Ministre, est intervenu le 14 novembre aux rendez-vous « Climat 2005 ». Il en a profité pour faire plusieurs annonces, dont l’augmentation du tarif d’achat pour l’électricité solaire. Ça y est, l’autisme technologique a fini par céder !!! On ne pouvait imposer le choix de l’atom’cratie (quel débat public quand les décisions sont déjà prises pour l’EPR ?) sans lâcher un peu de mou du côté de l’électricité renouvelable, solaire en particulier.   Les bonnes nouvelles de DVP’1 : -          Crédit d’impôt, augmentation de 40 à 50% pour 2006 (y.c. pour les autres équipements en énergie renouvelable) -          Photovoltaïque : augmentation de 50% du tarif de rachat de l’électricité solaire aux particuliers (22,5 Ctmes d’euros pour contrat 2006 pdt et 20 ans), et de 100 % (30 ctmes d’euros) pour les installations collectives, tertiaires et industrielles (privées et publiques).     La procédure de négociation du détail de l’arrêté étant prévue de fin novembre à février, la promulgation devrait avoir lieu avant le 31 mars 2006 pour rester conforme à l’article 36 de la loi POPE. C’est une bonne nouvelle pour cette technologie signifiante, qui démontre que le solaire est un signe extérieur de développement durable. Elle ne sera plus hors de portée de bourse des communes et des villes de France, des entreprises, des citoyens, …qui veulent investir dans des bâtiments à énergie positive (qui produisent plus [...]

Pour prétendre gouverner la cité, il faut apprendre à se gouverner soi-même (Socrate)   Nous sommes nombreux à souhaiter que notre monde évolue vers plus de justice et d'humanité, dans le respect des différences culturelles qui font sa richesse.   C’était là une genèse suffisante pour donner naissance au projet Interactions TP-TS : Transformation Personnelle / Transformation Sociale, avec pour objet de : - Favoriser les interactions transformatrices positives entre les personnes et les sociétés, - Faire l'effort de nous transformer individuellement en traduisant ces transformations dans nos actes, - Y être encouragés par l'organisation et le fonctionnement des collectifs et des sociétés dans lesquelles nous intervenons et vivons.   Des pelleteux de nuages... c'est ainsi qu’appellent nos cousins québécois les rêveurs, les idéalistes, les utopistes... Entre pelleteux, nous devions pouvoir nous entendre et faire des choses ensemble...   Il n'y a pas d'un côté "la vie" et de l'autre "nous", les humains : "nous" sommes (aussi) la vie. Il n'y a pas d'un côté la société, et de l'autre "nous", les humains : "nous" sommes la société, nous la faisons. Il n'a y pas à dire "nous devons prendre un virage" : prenons "le virage". Ici et maintenant. Bifurquons, transformons, maintenant. Par nos choix, nos actes, les chemins que nous créerons. Il faut continuer de penser, évidemment. Et s'appliquer à bien penser. Mais aujourd'hui le véritable enjeu n'est plus là : il est d'agir la pensée.   http://www.interactions-tpts.net  

J’ai passé une excellente semaine avec Patrick Viveret. Enfin, pas lui directement mais ses idées, développées dans un livre salutaire et brillant : «  Pourquoi ça ne va pas plus mal ? ». Coïncidences non fortuites, ces mots poursuivaient et entraient en résonance avec les récents posts, de père truc d’Allemagne, des rencontres d’Averroès, du siècle des vanités à celui de l’humilité…   Avec intelligence, Viveret propose un diagnostic inhabituel et pertinent des véritables maux de l’humanité, où l’histoire à la croisée des chemins pourrait voir l’homme précipité dans un monde du pire. A condition de sortir des dogmes hérités du 19ème siècle, Viveret, trace un chemin de possibles pour faire sortir l’humanité de son stade infantile, pour éviter qu’elle ne sorte de la route de l’évolution.   Loin du fatalisme ambiant, Viveret nous montre que l’humanité peut se sauver par la lucidité et la prise de conscience des manipulations dont elle fait l’objet. Nous pouvons, individuellement et collectivement, inventer une autre vision du politique, pleinement écologique, citoyenne et planétaire, qui placerait le désir d’humanité au cœur de sa perspective. Nous pouvons grandir en humanité et devenir pleinement sapiens.   L’essentiel des problèmes de l’humanité ne résulte pas d’absence de ressources monétaires ou techniques. Ce n’est pas une question « d’avoir » mais « d’être ». Les deux idéologies des 19ème et 20ème siècles (libéralisme et socialisme) [...]

Les articles d’Héloim gravitent souvent autour de prises de conscience et de questions d’évolution. Son dernier article « Passons du siècle des vanités à celui d’humilité » m’inspire à mettre en avant une conclusion d’actualité : Nous ne pouvons plus faire comme si de rien n’était. Il y a nombre croissant de questions pressantes auxquelles nous ne pouvons plus nous désister sans même risquer nos vies. L’égoïsme : Il régit bon nombre de nos réflexes et comportements quotidiens: arrogance, jalousie, abus de pouvoir, avidité, manque de respect, impatience, etc. Partout où il se manifeste et chaque fois que quelqu’un ou les circonstances nous le font observer, il faut rigoureusement prendre conscience de la réalité des comportements égoïstes propres et de tiers, puis simplement chercher l’équitable. Ainsi en travaillant l’égoïsme, qui est un motif central et presque toujours impliqué, beaucoup de problèmes commencent à s’effriter. Le multidimensionnel : Penser et admettre le soit disant impensable est un impératif dans cet univers où tout semble possible, où les pensées, rêves et voeux engendrent et modèlent des mondes matériels entiers, soient-ils constructifs ou destructifs. Les hommes doivent chercher à comprendre ou reprendre conscience du vaste cadre et incroyable environnement qui les entoure et dans lequel ils évoluent. Cette approche amène à considérer la conscience et la vie dans tout ce qui est, ce qui nous semble beau ou laid, l’amour, voir même la possibilité d’interactions extra-terrestres anciennes d’ères. Il y a pleins d’aspects [...]

Merci à Thierry Fabre, concepteur et organisateur des rencontres d’Averroès, de participer aussi activement à la réalisation d’un monde à taille humaine. Il est long le chemin parcouru par ce philosophe arabo-andalou du 12ème siècle, pour nous mener au théâtre de la Criée en ce week-end de la mi novembre 2005. Au combien son esprit est vital à l’heure où des mouvements de rejet, des replis identitaires... Averroès, figure arabe de la rationalité européenne, incarne la profondeur du lien, la fertilité des confluences, et la possibilité maintenue d’une ouverture. Quel meilleur point de vue pour interroger la réalité du présent et ses perspectives ? Dépasser les images des barbelés de Ceuta et Melilla, des reconduites en plein désert, ces images d’un temps inhumain. A Gibraltar, c’est presque un 11 septembre 2001 tous les ans : près de trois milles personnes meurent noyées chaque année en tentant de franchir le détroit… Indifférence, incompréhension, renoncement ? Où sont les véritables enjeux, les vraies luttes ?   « La pensée est fragile face à la brutalité du monde, elle n’a que peu de prise et semble comme impuissante pour tenter de changer le cours des choses. Et pourtant elle ne nous laisse pas démunis pour nous interroger. Historiens, philosophes, économistes, diplomates ou géographes se sont réunis à Marseille, à l’occasion de ces Rencontres d’Averroès, pour faire partager leur intelligence du monde, nous donner quelques outils pour mieux le comprendre et, qui sait, quelque espoir de pouvoir le transformer… Pour y voir plus clair, là où trop souvent [...]

Réveillé avant le jour par l’orage et la satiété de sommeil, saveur du café en entendant la pluie, en profiter pour lire : « Graines de possibles ». Entretiens tissés par Weronika Zarachowicz entre Nicolas Hulot et Pierre Rabhi. Un livre où se rencontre deux hommes au profil dissemblable, qui partagent la conscience de la nécessité, nourrissent la réflexion sur l’essentiel, et interpellent le « confortable » modèle occidental (pour quelques uns) qui mène la société des hommes à sa perte. Deux visions de l’écologie différentes, mais qui se rejoignent indubitablement dans l’urgence du changement de cap à opérer. Il faut regarder la réalité en face, dans les faits le paradigme du progrès est cassé. A partir des Lumières, sur la lancée du 19ème siècle, le monde occidental drapé de son arrogance technologique, a dépassé les bornes de l’acceptable au 20ème siècle. Depuis les années 80, les hommes consomment 20 % de plus que ce que la planète produit (alimentation, énergie, matières premières), la demande est de plus en plus forte et dépasse la capacité de régénération de la terre. Sans parler des moyens (agriculture intensive et chimique, économie carbonée, …) qui accélèrent le processus de destruction.   Continuer de voir en demain un mieux par rapport à la veille est une hérésie, si nous ne réorganisons pas notre modèle de société. Il faut réorienter notre pouvoir et notre intelligence collective, passer du siècle des vanités à celui de l’humilité, du courage, et [...]

Ça fait longtemps que je n’avais publié un post. Beaucoup de déplacements, des dossiers en souffrance, un peu de loisir, … et ne pas savoir quoi écrire de pertinent alors que le pays est confronté à de graves troubles sociaux et civiques.   A l’abri d’un centre ville, dans un confort relatif, inséré socialement, comment comprendre des maux qui ne me touchent pas directement, et qui pourtant interrogent la société dans son ensemble ? Le conflit de la RTM paraît bien dérisoire, quand dans le miroir de la nation, la politique des 30 dernières années a dépassé le stade de la gueule de bois…  Alors, prendre du recul, envisager les évènements actuels avec différentes perspectives, appréhender la complexité d’une situation où il n’y a pas de solutions simplistes. Essayer de tirer des enseignements des constats partagés, des échecs patents et des réussites qui perdurent, voir plus loin que les incendies qui finiront bien par s’éteindrent, même si le feu continuera de couver.   Ne pas s’attarder sur les symboles. Pas plus sur celui de la sémantique guerrière et populiste qui a mis le feu aux poudres, que sur celui de ressortir une loi du temps de l’Algérie pour traiter ici et maintenant en métropole, des épisodes sporadiques d’émeutes et de violences sur la voix publique. L’histoire se répète avec un goût amer, espérons qu’elle finisse mieux… Cela en est presque affligeant que de bêtise, on voudrait attiser les rancoeurs et la provocation, que l’on ne s’y prendrait pas autrement.   Sur le constat, comme à chaque fois, tout le monde politique va se retrouver, disserter sur les [...]

C’est l’automne installé dans le paysage de la fin octobre. Soleil, fraîcheur, humidité, couleurs fauves, jusqu’au parfum dans l’assiette qui est plus « goûtu» alors que les jours se précipitent plus vite vers leur fin…L’effervescence estivale n’a plus lieu d’être alors que l’on est tout juste à 60 jours du nouvel an. Comme à chaque fois gagner du temps, essayer vainement de combler un retard qui ne compte rien d’essentiel…   Douce mélancolie de l’année qui rend l’âme, et se demander une fois de plus si l’on passera l’hiver seul. Question à la con, ça fait combien d’hiver qu’on partage sa solitude avec le froid de la couette ? La morale hédoniste voudrait que l’on s’y soit habitué. La tendresse atavique dit que ça ne peut pas durer tout le temps…   Se replonger dans l’équation fissionnelle, intervenir sur le paramètre que l’on maîtrise à peu près bien (soi), en attendant cette rencontre hasardeuse et élitiste d’atomes crochus. Cela ne régule pas les flux d’endorphine et autres hormones libidino-biologiques. Au moins, cela évite l’auto-illusion… Cultiver le célibat, ce n’est pas par indécision ou négligence. Ce n’est pas non plus l’attente d’une histoire de grand soir, d’amour fantasmé, … juste celle d’une altérité reconnue, poétique et sensuelle, celle d’une femme échappée des modèles.   Est-ce un hasard si Meetic, le leader européen de la rencontre sur internet a été introduit en bourse au début de l’automne ? Quelle autre saison plus [...]

A Marseille, chaque jour de plus est un jour à pieds et de galère de transport. 24, 25, 26ème jours sans bus ni métro, chaque matin c’est pareil, et il faudra sans doute attendre le mois complet de grève, qui tombe en même temps que la rentrée de la Toussaint, pour que ça bouge.   Si le quidam marseillais ne peut que se sentir frustré de cette situation, floué de son service public de transport qu’il paye par l’impôt et son usage (ticket, abonnement, …), il pouvait légitimement se demander comment les 3 000 employés de la RTM allaient boucler la fin du mois. Grève = pas de travail = pas de salaire, donc normalement ce devrait être tragique pour les milliers de familles des agents de la RTM, bientôt rendues à fréquenter les restau du cœur. Ce quidam qui peine tous les jours pour aller bosser et assurer tout juste la contingence du quotidien, se demande comment ceux qui bloquent la ville vont pouvoir manger et payer leur loyer.   Et si on peut entendre que les syndicats sont fermes dans leur position, prêt à tenir à une véritable guerre des tranchées contre Gaudin et sa municipalité, «nous avons le temps, on peut tenir sans difficultés jusqu'au 15 décembre» dixit un représentant syndical, passe pour une bravade et un mystère.   Et bien c’est tout simple, c’est notre généreux service public et la fameuse préservation des acquis sociaux qui permet à la grève de durer. Le mystère vient d’être expliqué par les syndicalistes : «En octobre, nous avons reçu le salaire de septembre ; en novembre, on n'aura pas de salaire puisqu'on n'a pas travaillé en octobre mais on aura 80% du treizième mois et, en [...]

Le chef de l'Etat a publié une tribune dans 25 quotidiens européens « Force et solidarité : répondre aux attentes des européens », et développé son point du vue au sommet d'Hampton Court (27/10/05) devant les dirigeants des Etats membres de l’Union. Pour essayer d’en sortir par le haut après le vote moribond de mai, Chirac pose sur la table les défis stratégiques qui s’imposent à l'Europe : croissance, emploi, démographie, immigration, environnement, engagement extérieur. Le consensus du constat est relativement simple à partager à 25, même si les situations et les appréciations diffèrent. Cela permet à Jacques Chirac de rassembler. Bien. Pour les pistes et propositions françaises, il ne sera pas aisé d’aboutir sur tous les sujets, loin s’en faut. Certaines sont des plus pertinente et ont déjà reçues l’avale de la Commission. Mais au moins cela permettra d’échanger, de voir naître des contre-propositions, … bref, de renouer le débat sur la construction d’un projet européen autour de propositions concrètes. Surtout que la position française dans cette tribune est assez subtile pour ne pas aborder de front les sujets qui fâchent (PAC, ristourne anglaise, budget, …). Cette stratégie d’évitement des conflits communautaires, il la partage avec Blair. Cela a été le fil de la rencontre d'Hampton Court. Sur l'environnement et les conséquences du changement climatique, tropisme chiraquien, le Président de la République s'est efforcé d'être «concret» : il a promis pour le début de l'an prochain un mémorandum sur la sécurisation et la diversification des [...]

Partons du principe que l’identité européenne ne procède ni d’une limite territoriale, ni culturelle, mais d’un entrelacs de mythes et de volonté partagés. Quelles utopies pour notre continent, quels désirs subsistent-ils de se définir européen ? La Commission Européenne a lancé le 13 octobre 2005 son Plan D, pour Démocratie, Dialogue et Débat. Ce Plan D pose les bases d’un dialogue approfondi sur l’avenir de l’Europe. Il doit avoir lieu dans les mois à venir, avant la fin du printemps.  Ce plan, a été présenté par Margot Wallström, vice-présidente de la Commission chargée des relations institutionnelles et de la stratégie de communication, et par ailleurs charmante suédoise.  La fragilité du dispositif réside dans la conduite, via les gouvernements nationaux, d'un débat sur l'avenir de l'Europe étendu aux vingt-cinq États membres, aux perspectives à vingt huit à trente. Mais au moins on devrait donner la parole aux citoyens européens, même si c’est via un cadre démocratique étriqué. Réjouissons nous de cette salutaire initiative, c’est le seul cadre offert après l’aventure constitutionnelle avortée. Proposons des idées, des desseins, une vision, … au lieu de se résigner de ce que la perspective européenne risque à manquer, que l’opinion publique européenne soit enfermée par et dans ses intérêts nationaux … L’objectif déclaré du Plan D, est la réalisation d’un nouveau consensus sur les politiques qu’il convient de mener, afin de rendre l’Europe en mesure de relever les défis du 21e siècle. Le Plan D [...]

Au sortir du théâtre, enfin d’une lecture, « banalité rarissime », de Laurence Briata. On en entendra sans doute parler bientôt. Une pièce qui va fouiller la part d’ennui qui hante tout à chacun, dans l’affreuse banalité d’une vie qui passe trop vite, oser résister … Tout à chacun n’est pas certain, il y a la masse, il y a soi, les choix qu’on fait, les mots qu’on crache parfois, la chance des rencontres rares, les révoltes et les renoncements, la part de soi qu’on prête à l’autre, l’amour qui implique qu’on apprenne à souffrir, la solitude inéluctable. Ce n’est pas une pièce drôle, même si le sourire peut gagner la salle, s’entendre dans des silences qui ne sont pas des blancs. Ce n’est pas une pièce triste, même si la trame laisse le fusionnel frustré, si la médiocrité qui émerge du quotidien a des relents de nausée. C’est une pièce lucide, extralucide, où les mots ne sont pas de trop. Ici on travaille à l’économie, on est dans le dépouillement scénographique pour laisser un homme et une femme tels qu’ils sont, livrés à l’angoissante humanité consciente aux portes du 3ème millénaire.

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