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"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c
'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le
contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l
'autre, l'homme est un pont."

Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

 

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Qui aime bien châtie bien, mais je ne suis pas certain de l’aimer tant que cela, Benoît 16, le nouveau réactionnaire qui trône au Vatican. Je suis inquiet car le service marketing du saint siège a concocté une nouvelle offre qui a déjà fait un tabac en Italie (450 000 exemplaires) : « le catéchisme de l’église catholique abrégé ». Traduit en français, cet abrégé est dans les kiosques puritains de l’hexagone depuis le 1er septembre. Ok, on comprend qu’il faille faire court, les urbains pressés n’ont pas le temps de se consacrer à l’étude des textes sacrés, il leur faut du prêt à l’emploi déjà tout pensé. Un jeu de 600 questions réponses faites pour redresser la morale privée, en perdition depuis la sécularisation. Voila qui devrait l’affaire pour le renouveau de l’évangélisation chrétienne. Hélas, en dehors de la forme « abrégée », l’équipe produit a merdé dans le relooking des idées. Ce bouquin est un tissu de moraline, qui exprime une doctrine dans toute son intransigeance. Les barbus ne sont plus les seuls réactionnaires, les soutanes s’en mêlent Entendez, la question 492 « Sont des péchés gravement contraires à la chasteté, chacun selon la nature de son objet : l’adultère, la masturbation, la fornication, la pornographie, la prostitution, le viol, les actes homosexuels. Ces péchés sont l’expression du vice de la luxure ». Que viens faire le viol au milieu des homos et d’autres plaisirs hédonistes ? Tout dans le même sac, avec une grosse pierre pour que la luxure tombe [...]

C’est un cyclone dévastateur à plus d’un titre, Katrina n’a pas fini de bouleverser l’amérique. Les américains, surs d’eux-mêmes se réveillent avec la gueule de bois. Ils sont finalement aussi vulnérables qu’en Somalie ou en Haïti, et la barbarie se déchaîne ici au milieu de la désolation (saccages, viols, cadavres qui flottent, …). La nourriture et l’eau potable manquent encore, dans le pays de l’obésité et de la surproduction agricole, 5 jours après l’impact. Bien entendu, la catastrophe naturelle à des dimensions surréalistes, plus de deux cent trente mille kilomètre carré, la moitié de la France qui serait noyée, balayée par un ouragan titanesque… Le gouvernement fédéral est dépassé, ce n’est pas sa faute. Il avait prévenu à temps, donné l’ordre d’évacuer, il n’est pas coupable que des dizaines de milliers de personnes n’aient pas écouté ses conseils de prudence. Mais comment partir d’une ville quand 30 % de la population y vivait sous le seuil de pauvreté, et n’avait en poche les quelques dollars pour le bus, ni de carte de crédit pour faire de maigres provisions ? … Ah bon, ils étaient pauvres, la plupart de ces malheureux qui ont péri, et les rescapés qui errent, hagards ? Les statistiques que les stratèges de Washington font mine d’oublier, vont au moins s’améliorer, cynique bonne nouvelle… Peut être que si la Nouvelle Orléans n’avait pas été une ville noire à 67 %, le gouvernement Bush aurait été plus véloce pour organiser les secours, les mobiliser face à l’ampleur du chaos, [...]

Rien de ce que j’avais écrit dans l’article du 1er juillet dernier, alors que le pétrole n’était qu’à peine à 60 $, n’a été démenti. Sauf que la fièvre continue de monter et que l’on flirt maintenant avec les 70 $ - 57,30 € le baril (New York 30/08/05). Personne ne sait à quel prix cela va se stabiliser, ni si cela pourrait éventuellement redescendre, de combien, et quand …. Je ne sais si c’est un seuil psychologique suffisant, ou s’il durera suffisamment longtemps, pour nous faire évoluer collectivement et rapidement vers une société de sobriété énergétique. L’aire du moins mais mieux. En attendant, ça bouge au moins dans les milieux politiques. L’énergie, problème occulté, technocratisé depuis trop longtemps, est redevenue un enjeu social. Pour tout à chacun, la pilule est dure à avaler, mais l’on va enfin payer un peu du vrai prix de notre confort occidental. La croissance mondiale est entamée par rapport aux prévisions, les PIB européen et français sont amoindris, … est-ce une si mauvaise nouvelle pour l’effet de serre ? Assurément non. La phase transitoire sera douloureuse pour tous ceux qui auront vécus à l’heure de gloire de l’économie pétrodollars. Mais il n’y a d’autre choix que de décarbonner notre économie. Un pétrole cher va nous faire apprendre plus vite. Tant mieux, il était temps ! Pendant ce temps, c'est le solaire qu'on assassine  Dans notre contexte franco-français, il ne faudrait pas passer sous silence le non choix du nucléaire et du développement alibi des énergies renouvelables [...]

J’avais pris mes quartiers d’été dans le sud, j’allais dire chez moi, là où j’habite depuis quelques années. Ce sud, terre de lumière et de vent, de chaleur et de clinquant, je ne le ressens comme ma terre d’adoption que depuis peu de mois.   Bien sûr, il y avait depuis longtemps cette familiarité, cet amour que m’avaient transmis Camus, Van Gogh, Socrate, Picasso, Mistral, … J’avais été piqué par un héliotropisme dans mon adolescence. J’avais remonté le cours ce double héritage  culturel judao-helléniste pour m’élever dans une région où les gris étaient pastels, les verts tendres et mordants, et la lumière souvent mouillée.   6ème anniversaire très bientôt de mon installation près de la « mare nostrum », que j’y vis comme un nomade, sans pouvoir d’ubiquité mais en vadrouille de-ci et de-là, Paris, Bruxelles, Berlin, Barcelone, Nice ou Strasbourg, … j’ai des semelles cousues de vent qui me ramènent toujours à Marseille.   Et maintenant, la pulsation a été renversée. Je ne retourne plus chez moi vers l’odeur carbonée, le temps compté et  l’agressivité à fleur de lèvres. Mes racines massiliennes ne sont encore que rhizomes, mais Paris n’est plus ma résidence d’attache et de cœur, ce n’est plus qu’une ville où j’ai plaisir à retourner, visiter mes amis et travailler.   Bien entendu, le sentiment d’appartenance est encore léger, et je n’adhère pas à tous ces « charmes » du sud que l’on cultive à Marseille, loin s’en faut. [...]

Pas si conservateur qu’on le disait, le nouveau pape, Benoît XVI. Pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, qui s’ouvre aujourd’hui 16 août, il va offrir des indulgences spéciales. Comprenez, des annulations ou réductions de peine après la mort pour les pêchés confessés pendant la période des JMJ. (Le dictionnaire de l’Académie Française nous dit : Rémission des peines temporelles attachées à des péchés déjà absous, accordée par l'Église sous certaines conditions).   C’est le paradis en promotion ! Ça, c’est du concept marketing, on efface toute et on recommence, « welcome offer of benoit 16 for the summer 2005 ». Venez vous faire absoudre pour bâtir votre vie sur et dans les dogmes chrétiens. C’est l’été de la rédemption, à défaut du repentir. Il faut bien se faire aimer, après ce fabuleux et bon tribun qu’était JP2.   Des indulgences spéciales comme une éponge magique, pour que la jeunesse continue de croire.   Si cette nouvelle est un indice, que les « marketeurs » que l’on avait vu à l’œuvre aux obsèques de JP 2 ont gardé leur bureau au Vatican, on va bien rigoler.   Bientôt, on aura droit aux concerts de rock et rave party dans les églises. Faut bien se démarquer de la concurrence. Les évangéliques prolifèrent et attirent une part de ceux qui continuent de croire …   Dans le marché des temples, il faut attirer le chaland, offre spéciale de l’été en tête de gondole des JMJ : Indulgences Spéciales, …     C’est bon [...]

Autre pépite de l’été, en 1ère page du Monde du 12 août, (Monde « slimfast informationnel » au passage, à croire qu’il ne se passe rien l’été, quand les rédactions partent en vacances et que l’on a le temps pour lire) : Cathomobile.   C’est un nouveau service de coatching moral, chrétien, et numérique via téléphone portable, lancé par un illuminé des écritures bibliques.   Si ça continue, faudra que les athées répliquent. Michel Onfray et son « traité d’athéisme », ou Lopez Campillo et Ignacio Ferreras avec leur « cours accéléré d’athéisme », ne seront pas de trop pour envoyer des salves de liberté de conscience sur un service analogue offert aux téléphones portables.   Je veux bien que quelques nigauds payent 3 € / SMS pour recevoir 9 messages de prières et de réflexions christiques, mais de là à ce qu’ils prennent Jésus pour leur coatch à portée de touches pour s’éviter de penser, il n’y a qu’un pas.   Les troupeaux n’iront plus à l’église pour recevoir l‘onction divine. Elle arrivera à soi personnellement, dans son salon, au travail, ou dans le métro, là où l’on est avec son mobile. Cathomobile, c’est une incursion potentiellement massive dans le quotidien, de la dictature moraline et bien pensante. L’homme n’ira plus à Dieu, ce dernier lui parle maintenant sur son téléphone portable.   Un peu moins d’effort et un peu plus de réconfort, voilà qui devrait faire des adeptes parmi les contemporains. L’offre est [...]

A Marseille, plus qu’ailleurs, on aime se nourrir de mots et parler fort, mais quand il s’agit de passer à l’action et de mouiller le maillot, il n’y a plus dégun.   C’est vrai pour beaucoup de sujets, et en particulier pour l’environnement. Nous avons droit au  développement durable en tartre à la crème, servi par les élus et les services…, et point de décisions concrètes, et encore moins d’actions.   Sur l’énergie par exemple, sujet hautement problématique pour l’effet de serre. C’est bien simple, nous sommes en train de prendre 100 ans de retard, alors que nous avons de fabuleuses opportunités. Il n’y aurait qu’à vouloir !!! : Chantiers d’Euroméditerranée, programmes de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, Zones d’Aménagements Concertés à foison notamment pour le logement, équipements publics structurants, programmes de rénovation urbaine avec l’ANRU , … tout cela représente des centaines de milliers de m², des milliards d’euros investis, et une belle occasion manquée d’économiser des millions de tonnes de CO2 et de créer des centaines d’emplois.   Comment ? Avec de simples critères environnementaux inscrits dans les cahiers des charges d’opération (sur la maîtrise de l’énergie et l’utilisation des énergies renouvelables par exemple). Bref, une simple décision politique, qui serait cohérente avec les discours entendus et lus çà et là, … et que l’on attendra sous doute encore longtemps alors que la terre aura pris quelques degrés ! La maison brûle …   [...]

Toute métamorphose paraît impossible avant qu’'elle ne survienne   Faire advenir une révolution pour aiguillonner la société occidentale dans le développement durable, et y entraîner le reste du monde. Le système actuel cours après sa désintégration, incapable de traiter les problèmes globaux et cruciaux. Il faut faire émerger un méta-système, qui renonce à la domination du monde, qui établisse une nouvelle alliance avec la nature et entre les hommes.   Tous les moyens seront bons, jusqu'au terrorisme pacifique (respect de la vie humaine). Inscription de l’action dans la guerre économique, technologique, psychologique et marketing, ...…, pour solidariser, ressourcer, convivialiser, moraliser.   Une génération pour agir, entre 25 et 35 ans, ou plus, multiculturelle, tolérante et laïque. Une dream team avec des hommes et des femmes, des individus déviants aux aptitudes génératrices et régénératrices, prosaïques et poétiques. Multicompétents, insérés dans l’économie réelle à des seuils de pouvoir intermédiaires ou marginaux, dans tous les secteurs. Cette dream team cultiverait le goût du global et partagerait le rêve de l’utopie concrète. Elle sait qu’une grande révolution réformatrice est à la fois impossible et en même temps complètement réaliste. Elle pense les problèmes dans leur complexité, avec une conscience aiguë du destin terrestre commun.   Il va y avoir des forces gigantesques d’illusion et d’erreur à combattre. Les actions de notre dream team vont profiter des qualités et défauts du système capitaliste (science, technique, économie, industrie), en même temps que des qualités naturellement émergente de l'humanité (intelligence de l’'individu, connaissances accumulées et reliées, germes d'’aspiration au changement disséminés dans la société). Des actions qui intègrent le pari et la stratégie, alliés à une connaissance pertinente et aux [...]

La semaine dernière, alors que je revenais d’Allemagne, j’avais reçu une vaine pétition/action numérique, pour une hypothétique baisse des prix de l'essence à la pompe. Un naïf, crédule, ou imbécile sans doute, qui proposait de boycotter Shell et Esso, pour agir sur la guerre des prix entre compagnies. J’ai trouvé cela d'une bêtise affligeante et d'une vision à courte vue. Une vue d’autruche, sans vouloir offenser le volatile. Avec une demande mondiale qui augmente rapidement et une offre qui progresse peu et lentement, cela donne une inflation inéluctable des prix du pétrole. Le stock d'énergie fossile étant limité, compte tenu de l'augmentation du pompage pour nourrir la demande, il n'y aura plus de pétrole à bon marché. Surtout avec des conflits/risques géopolitiques (Iran, Irak, …) rémanents.   A contre courant de cette pétition, je trouve que le baril à près de 50 € (+ de 60 $), c'est une excellente nouvelle. Ok, ma carte bleu fait la gueule car je suis un voyageur impénitent, mais cela donne de la marge aux alternatives énergétiques et encourage les gestes économes. Le problème de l'effet de serre est autrement plus dramatique et stratégique que le petit problème égoïste du prix de l'essence à la pompe. Plutôt que de boycotter telle ou telle compagnie pétrolière, je propose à tous ceux qui auraient été touchées par sa chaîne numérique, et aux autres : - de conduire moins vite, - de choisir une voiture moins lourde que le 4x4 ou la grosse berline, - de préférer le train et les transports en commun quand c'est possible, - d'être patient en attendant la diffusion massive des voitures hybrides, - de commencer à réfléchir à ce que serait un comportement plus responsable (y.c. en dehors du problème des transports, pour l’aménagement, l’urbanisme, l’agriculture, …). Il faut porter la réflexion au niveau de la réponse à apporter. Il s'agit bien de [...]

« Une certaine idée de l’Europe », de George Steiner chez Actes Sud Fiche de lecture George Steiner commence son opuscule sur l’Europe, pour une carte étrange et non sans un sens subtil de la provocation  : les cafés caractérisent l’Europe. C’est son 1er axiome. Au-delà de cette carte des cafés qui dessine les contours de l’Europe occidentale, pour lui le paysage est ici à échelle humaine. Née des capacités pédestres, l’Europe a la sensibilité et la pensée qui vont à pieds... C’est son 2nd axiome. Ce cheminement entraîne le lecteur par les rues et sur les places, qui sont partout des (r)appels de l’histoire et de la culture, des commémorations de la mort et du génie. A contre courant des USA où l’histoire compte pour de la blague, où l’amnésie créative est la condition d’une promesse d’horizons illimités, la mémoire européenne est quotidienne. C’est son 3ème axiome. Justement, George Steiner nous rappelle une autre vérité historique fondamentale : l’Europe a un double héritage, elle a été enfantée par la fusion du judaïsme et de l’hellénisme. Etre européen, c’est avoir tenté de concilier la praxis de la cité de Socrate et de celle d’Isaïe. La singularité de l’humanisme européen est de rechercher le compromis entre les idéaux attiques et hébraïques. C’est là son 4ème axiome. Enfin, l’Europe ne serait pas l’Europe sans cette conscience de soi, individuelle et sociale, ainsi que du sens de la fin qu’elle a elle-même mise en œuvre dans ses chairs. C’est cette singularité qui [...]

Les citoyens français et néerlandais n’ont pas dis non à l’Europe en général, il ont plutôt dis non à un processus de construction constitutionnelle, qu’ils pensent ne pas devoir accepter, plus au niveau de sa forme que de son contenu, qui d’ailleurs peut être considéré comme plutôt inconnu par la majorité des citoyens. Cela a assurément offert des opportunités dialectiques démagogiques dont certains se sont servis pour iriser les masses au-delà des 50%. Les allemands n’ont pas eu droit à l’articulation (la constitutions allemande ne prévoit pas de plébiscite par méfiance vis à vis de son propre peuple), mais il est probable qu’un non se serait articulé aussi, vu l’état actuel de la société allemande. D’autres nations ne pratiquent pas de plébiscites non plus, leurs citoyens ne pourront donc pas se faire entendre. Hors, les Français et encore plus les Néerlandais qui sont des peuples européens dotés d’une tradition démocrate avec des citoyens éduqués, libres et plutôt tolérants ont placé un NON apparemment entêté qu’il s’agit d’essayer de bien comprendre sous tous ses aspects. Un sage proverbe hindou dit : « Ne peut exister la colère où règne la compréhension ». Il y a certes plusieurs raisons pour ce non, en France, au Pays-Bas et dans les autres pays qui risquent de s’accorder. Il s’agit déjà de reconnaître qu’il s’agit d’un refus légitime et correctement adressé à la caste politique. Car les politiciens sont bien à la fois interlocuteurs directs de leurs citoyens ainsi que - dans leur fonction de représentants du peuple - les interlocuteurs directs des institutions européennes ; l’interlocution directe entre les citoyens européens et le gouvernement européen étant quasiment nulle. Ce NON peut paraître irrationnel, il n’est pourtant rien d’autre qu’une réponse simple à une question bien trop simpliste. Il n’y a pas vraiment eu de discussion avec les citoyens et le grand public quant à l’élargissement [...]

« Enfer ou Ciel, qu’importe ? Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau » - Baudelaire   C’était dimanche dernier en rentrant de Pékin. Minuit, j’allume la radio. France Inter confirme et complète les nouvelles du taximan, la France a dit « Non ». Plus de traité constitutionnel, plus de nouvelles règles adaptées pour mieux nous organiser. On en reste au système sclérosé, celui qui produit du mécontentement. Avec une double perte immédiate, au niveau européen et national : - la régulation et l’intégration politique de l’Europe repoussées à des calendes indéterminées, les marchés financiers et les grandes chancelleries nous regardent amusés de notre auto sabordage. Ils savourent leur victoire sans gloire. Exemple flagrant de l’écologie de l’action, le camp du Non a moissonné sur les champs de l’utopie sociale et l’ancrage nationaliste face à la mondialisation, promettant d’obtenir plus de social pour la France dans un monde libéral, en disant Non. Et nous récoltons d’être maintenant affaibli face au libéralisme des marchés, et moins crédible sur la scène internationale. Le social et le politique ne sont restés que virtuellement gravés dans le marbre, les tables de la sociale démocratie européenne sont en miettes. Pour 5 ou 10 ans encore (optimiste ?), engoncés dans une posture difficile sans pouvoir véritablement agir ensemble pour faire face aux problèmes globaux… Ajouterais-je qu’avec la discussion et les arbitrages budgétaires de l’Union qui commencent en cette période troublée, sans élan, sans projet politique, sans légitimité sociale, les réponses apportées ne seront pas à la mesure des enjeux… L’arrogance du non français (en particulier celui de gauche !), va faire que l’Europe sera à deux vitesses, avec une solidarité parcimonieuse envers les nouveaux pays arrivés dans la famille. Et en l’absence de fonds structurels à un niveau suffisant, ces derniers n’auront d’autres choix que de jouer [...]

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