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"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c
'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le
contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l
'autre, l'homme est un pont."

Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

 

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Je ne suis pas un fanatique des anniversaires, toutefois, il en est certains qui valent d’être fêtés pour leur charge symbolique. Le 9 novembre 1989, il y a 18 ans, tombait le mur de Berlin. Ce qui paraissait alors impossible arrivait enfin. Le socialisme réel s’écroulait sur son front ouest, précipitant un bouleversement des équilibres géopolitiques.   Les tenants de certitudes d’aujourd’hui feraient bien d’en prendre bonne note. Il n’y a pas de vérité proclamée éternelle, et si "le socialisme s'est effondré pour ne pas avoir autorisé le marché à dire la vérité économique. Le capitalisme pourrait s'effondrer faute d'avoir permis au marché de dire la vérité écologique". Je voudrais ici faire écho à un billet lu sur « ecolo du jour », Et nous, quel mur avons nous à faire tomber?       18 ans, qu’un mur est tombé, mais beaucoup d’autres murs restent à faire tomber. D’autant que notre époque n’oublie pas d’en construire. Il y a celui qui balafre la Palestine et Israël. Celui des discours nationalistes. Celui des préjugés. Cet autre des clivages sociaux de l’entre soi. Celui des insiders et des outsiders au banquet de la mondialisation libérale et financière, fractalisation sociale de notre société contemporaine… Le mur de notre dépendance carbonique. Des murs partout qui sont à déconstruire pour bâtir une mondialisation humaniste et soutenable.       Ayant un peu réorganisé le blog avec l’introduction de catégories pour classer mes billets (exercice difficile), je suis tombé sur un quelques mots où George Steiner nous invite à regarder le présent, en proie au fondamentalisme renaissant. Il y voit une injonction pour l’Europe, à élaborer et promulguer un humanisme laïque, où la dignité de l’homme serait réinventée à la source de son passé : découverte de la sagesse, [...]

La commission des finances du Sénat est-elle devenue un repère de vilains gauchistes et d’héritiers de René Dumont ? ;-) Les zélateurs de l’omniprésident ne vont pas tarder de le penser, surtout s’ils ont lu le communiqué de presse sénatorial du 5 novembre 2007.   La commission des finances de l’honorable institution du Palais du Luxembourg, présidée par M. Jean Arthuis (UC-UDF, Mayenne), a examiné le 31 octobre 2007 le rapport de MM. Alain Lambert (UMP, Orne), Jean-Pierre Masseret (Soc, Moselle), Gérard Miquel (Soc, Lot), Yvon Collin (RDSE, Tarn-et-Garonne) et de Mme Fabienne Keller (UMP, Bas-Rhin), rapporteurs spéciaux de la mission « Ecologie, développement et aménagement durables ». Elle n’est pas tendre avec la posture verte de l’omniprésident, qui s’évanouie dans la réalité budgétaire du projet de loi de finances pour 2008. Est-ce que Fillon et Lagarde auraient racorni les grandes ambitions écologistes de l’hôte de l’Elysée, pour s’en tenir à l’orthodoxie budgétaire de la non lutte contre l’effet de serre ? Mais où est passé le new deal écologique mondial, prôné par l‘omniprésident à la tribune de l‘ONU, dans la conduite de la politique nationale pour 2008 ?   Ces sénateurs, qui ne sont définitivement pas des ayatollahs de l’écologie, « se sont toutefois déclarés préoccupés par l'absence de traduction financière et budgétaire des orientations proposées par le Grenelle de l'environnement ». Que ce soit pour le transport collectif, notamment sur le ferroviaire, mais aussi pour la politique énergétique, la prévention des risques naturels majeurs, le contrôle des installations classées, … il y a loin de la coupe aux lèvres entre la posture du Grenelle et les moyens mis en œuvre pour 2008.     La note de présentation du rapport est disponible sur le site Internet du Sénat. Si la lecture du [...]

D’un billet de Malakine, sur la valeur travail au travail des valeurs qui dresse un bilan sans concession de la politique économique du gouvernement, je rebondis sur le Prix des lecteurs de l’économie 2006 du Sénat, « Comment nous avons ruiné nos enfants » de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, édité à La Découverte.   Avec JC comme avec NS, la France continue de sacrifier sa jeunesse pour préserver son « modèle social », lequel profite essentiellement aux baby boomers (bonus aux rentiers avec NS). Prolongation/accentuation d’une obsession du court terme et des postures idéologiques, où l’on oublie comme d’habitude de préparer l'avenir. Artus et Virard nous donnent rdv en 2030 (je serai pas loin de la retraite), alors que le futur ce décide aujourd’hui.   C’est une césure profonde avec la gauche française, je suis en faveur de la réforme « radicale » du régime de retraite, aujourd’hui comme je l’étais en 2003. Question de solidarité générationnelle, alors que le logiciel des gauchistes est bugué/bloqué sur le pacte d’après guerre. Ne rien faire est d’une part aller dans le mur financier, d’autre part faire peser l’essentiel du fardeau sur les jeunes actifs d’aujourd’hui et de demain. Réformer n’est pas nécessairement et mécaniquement alourdir la cotisation des actifs, le prolongement de l’activité pour revendiquer un taux plein, … C’est prendre en compte la pénibilité des métiers, c’est basculer sur d’autres assiettes plus dynamiques (dividendes, droits de mutation, …).   Déficits et endettement élevé ne peuvent filer plus longtemps, le statu quo n'est plus possible face aux défis actuels. C’est vrai pour les comptes sociaux (sécu/retraite) comme pour le budget du gouvernement.   Sauf que l’actuel gouvernement s’éloigne chaque jour un peu plus, de l’esprit de concorde nécessaire à la réforme. Montant [...]


Est-ce qu’avant 1989 et la chute du mur, d’aucuns imaginaient que le communisme pourrait disparaître ? Etait-il possible, dans l’imaginaire collectif, de projeter le monde tel qu’il est devenu, très loin des certitudes ancrées d’avant 89 ? Sans doute non, les berlinois d’aujourd’hui circulent en longitude en toute liberté, ce qui était inimaginable avant, les cartes géopolitiques du monde ont été redistribuées, … Les certitudes de l’époque ont fait long feu.   De même, était-il possible au lendemain de l’écroulement de l’empire russe, d’imaginer que les véritables puissances émergentes du 21ème siècle seraient le quatuor des BRIC - Brésil, Russie, Inde, Chine ? Avec en arrière plan, le moyen orient comme arbitre et régulateur de la grande dépendance énergétique mondiale. Etait-il possible, au glorieux temps de l’occident conquérant et arrogant, d’imaginer que nous devrions en rabattre, d’être lucides sur nos faiblesses et dépendances ? Les certitudes de la fin du 20ème siècle sont en train d’agoniser.   Etait-il possible de construire une civilisation occidentale énergétivore et prédatrice, de plaquer sa matrice sur le monde pour épuiser au meilleur prix les ressources naturels, sans prendre jamais en compte les finitudes de ses ressources et leurs externalités ? Construire un système global basé sur des ressources énergétiques vouées à s’épuiser à moyen terme, alors que la demande ne cesse de croître, c’est à coup sûr, s’exposer aux risques. Risque de payer de plus en plus cher une ressource qui devient rare, risque de manquer du carburant de base pour le moteur capitalo-industriel. Pourquoi de fausses certitudes résistent, s’impriment dans une époque, pour essayer de maintenir et développer un système voué à l’échec ? Comment est-il possible que la question du « pick-oil » n’ait pas été intégrée dans le logiciel de [...]


Ce sera officiel le 5 novembre prochain, l’appellation QualiPV pour la qualité d’installation des systèmes photovoltaïques connectés au réseau électrique va voir le jour ce 8 novembre, en présence de l’état, des régions, et des représentants des professionnels du bâtiment à Paris.   Sur le modèle de Qualisol pour le solaire thermique et Qualibois pour le bois énergie, QualiPV est la nouvelle appellation qualité pour les installateurs qui vont œuvrer pour développer l’électricité solaire en France. Cette nouvelle appellation est gérée par l’association Qualit’EnR, qui regroupe les syndicats de professionnels et d’industriels du bâtiment et des énergies renouvelables. Une démarche assez unique en Europe, qui lie l’industrie et le monde de l’installation, avec pour objectif principal de satisfaire le client final qui choisi des procédés innovants. Solution qui n’a pas attendu les y-a-qu’à et faut qu’on des élus écolo de la dernière heure, pour faire évoluer dans la qualité les pratiques des professionnels. Les architectes qui sont les rois d’un peuple de maçons, devraient en prendre de la graine pour entamer leur révolution professionnelle. Car pendant que la préoccupation climatique et énergétique se cristallise dans l’opinion publique, les installateurs de chauffe-eau solaire ont fait leur révolution en silence, c’est le secteur du génie climatique qui est en train de basculer en faveur du solaire thermique.   Ils étaient moins d’une centaine, en 1999, quand le pétrole était bon marché et la conscience climatique absente ou presque, du débat public. L’Ademe lançait alors son plan soleil et la charte Qualisol pour fédérer les installateurs. Le début d’un succès pour le renouveau du chauffe-eau solaire en France. Des illuminés aux yeux des collègues de la profession, qui changeaient les chaudières sans trop se poser de questions. Des visionnaires, disséminés dans [...]

Le bilan du Grenelle l’environnement est déjà presque un sujet froid, les images du sarkoshow avec Al Gore et José Manuel Barroso balayées par celles des faits divers et des prix chers (alerte du week-end, le pétrole à bientôt 100 dollars ;-). La France grande inspiratrice d’un futur grenelle planétaire (merci Al G.), fondatrice d’un new deal politique pour éclairer la mondialisation (pas moins ;-), locomotive verte de l’Europe, … Le service après vente de cet exercice atypique de concertation sociale accélérée, débordait de mots ronflants. Même le Figaro a titré « Révolution » avec le sourire, pour ne pas tarir d’éloges sur le nouveau bienfaiteur de la planète omniprésident de la France ;-) Signal envoyé aux français : nous n’étions pas mauvais, nous serons les meilleurs pour l’écologie.   Sauf que les mesures phares du Grenelle, ne sont que la transcription d’obligations européennes, que la France doit dans tous les cas appliquer. Il y a une sorte de mascarade à faire croire que la France innove (jusqu’à inspirer le monde, excusez du peu ;-) quand elle ne fait que suivre avec – encore - un wagon de retard, le train européen. Je vous invite à lire le billet d’Isabelle Delanoye sur le sujet, à papillonner sur son blog et regarder son interview par Marianne 2.         Donc, avec le Grenelle de l’environnement, on nous survend des résultats verts, pour flatter l’égo de l’omniprésident et la fibre nationalo-franchouillarde. Si l’on peut discuter de cet angle qui vaut celui de ceux qui tombent en pâmoison ;-), il n’en demeure pas moins que je pense grand bien de ce Grenelle. Ok, le grand barnum de com, c’est lourd. Mais le principal, c’est d’avoir provoqué une large discussion des parties et d’avoir tiré des diagnostics partagés. Ce qui paraîtra exceptionnel [...]


Novembre, dans un peu plus de 4 mois, ce sont les élections municipales. Aussi, la bataille du net à l’échelon locale est elle engagée. La démocratie locale si absente en temps normal, va être câlinée à coup de blogs 2.0 animés par des staffs de campagne. Est-ce que cela laissera une empreinte pour la gouvernance du prochain mandat ? Pas certain du tout, mais internet devient un nouveau terrain de jeu d’expression démocratique sur lequel nos élus ne sont pas très à l’aise, et c’est la première fois qu’internet va pouvoir influencer un scrutin local. Après l’âpre lutte d’influence de la blogosphère pour la présidentielle 07, espérons que la communauté des bloggeurs marseillais gagnera en quantité et qualité.   Il va être temps de réveiller le concept de République des Blogs à Marseille ;-)   Ainsi, le PS vient il de sortir un blog tout rose pour sonner la charge contre JC Gaudin, et proposer un site participatif aux marseillais. Il prend un peu d’avance sur le staff de JCG, qui n’a pas encore investi le terrain de la démocratie web 2.0. Marseille 2008 version PS, c’est au jour du 1er novembre un grand désert de propositions. Je n’ai rien contre la démocratie participative, mais ce n’est pas aux citoyens de fabriquer l’architecture du programme et son contenu. A ce jour, le seul intérêt du site est de proposer un bilan critique et réaliste des douze ans de gestion de Marseille par Gaudin. Un livre noir, en 6 volets écrit entre avril 2005 et Novembre 2006 : -  Politique du logement à Marseille : la faillite de la maison Gaudin -  Politique des transports à Marseille : Gaudin, le grand embouteillage -  Equipements publics : Marseille à deux vitesses -  Le mirage de l’embellie économique -  Marseille peut-elle être propre ? -  Gouvernance GAUDIN, la grande [...]


Fervent utilisateur du tgv et autre corail, parce que les contrôles de sécurité des aéroports autant que la conscience climatique me font préférer le train, je goûtais assez l’humour décalé de la publicité de la Sncf. Une photo de la gare « gastreau-en-thérite » au banc vide, pour vanter l’envoi gratuit des billets à domicile, c’était très bien. Humour et service en ligne avec voyages-sncf.com ;-)   Et puis la segmentation est arrivée, jusqu’à complètement peser sur la réorganisation tarifaire de la compagnie nationale du rail, ardente défenseuse de services publics, du corporatisme, et des filiales multiples pour caser ses escouades d’X-Ponts ;-) Maintenant avec la Sncf, il y a deux catégories. Les pros qui payent plein pot avec des bonus de services (gratuits et payants), et les dilettantes qui ont des ristournes mais moins de flexibilité et moins de services. Jusque là, rien à dire. C’est une base de business éprouvé par toutes les compagnies (aérien, téléphonie, hôtels, …) : faire payer les boites un max, pour proposer des offres tarifaires plus attractives aux quidams. Les utilisateurs des Prem’s ne s’en plaignent pas, et mon coupon fréquence est amorti. Bien.   Sauf qu’il ne faudrait pas enfermer les voyageurs dans des clichés éculés et réducteurs. La nouvelle campagne de l’offre pro me laisse un goût amer. Et vous ? Que provoque ce « qui ne gare pas assez vite sa voiture rate son tgv, rate sa réunion, rate son augmentation, rate sa carrière, rate sa vie … ». Le tout en majuscule svp, avec en cliché un urbain stressé qui va bigrement apprécier sa place de parking réservée, pour ne pas rater sa vie. Mais enfin, ce Luc de la légende ferroviaire, est-il représentatif de mes voisins de wagon ? Ces communicants pensent ils vraiment ce qu’ils écrivent ?  Comment peut-on prétendre qu’un tgv raté va vous faire rater [...]

Le titre du billet est facile, peut être même populiste, mais les faits sont têtus, l’omniprésident vient de se faire accorder par le parlement, une augmentation de 140 %. Son traitement annuel passe ainsi de 100 000 à 240 000 €, pour s’aligner sur celui de son 1er ministre.   Il a du ronger son frein, pour que Môquet grille la priorité à la revalorisation de son traitement comme 1ère décision omniprésidentielle, lui qui depuis mai gagnait moins de Fillon, moins que dans son précédent job de ministre. Ce n’était plus possible, quand la valeur humaine et la réussite se mesurent à la taille yacht et le nombre de montres, lui qui travaillait bien plus que JC, se devait de gagner plus. Juste application de son slogan de campagne.   Chirac entretenait le flou comptable et a vécu aux frais de la république une grande partie de sa vie, maquillant ses prises d’intérêts pour briller sous les lambris. L’omniprésident préfère la transparence, et se faire attribuer 240 000 € d’argent de poche annuel. Ainsi, il passe un peu au dessus de la moyenne des dirigeants européens, et empochera plus d’un 1,2 M€ en 5 ans. Une paille dans la caste sociale de ses amis (Bouygues, Lagardère, Bolloré et consorts), mais c’est tout un symbole qu’émarger au-delà du million d’euros, ne serait-ce qu’en cinq ans. Faut bien payer la pension alimentaire de Cécilia dirons les mauvaises langues ;-)   Il faudrait plus de cent ans à un smicard pour gagner autant. Et encore, l’équation est faussée car on ne parle pas de pouvoir d’achat. Un smicard a un reste à vivre pour manger, s’habiller, et se cultiver – après avoir payé les charges fixes de loyer et de prélèvements « obligatoires » – d’environ 25 %, soit 250 €. Là, on passerait à 400 ans pour gagner autant que l’omniprésident.   Je veux bien entendre et comprendre qu’on n’attire [...]

J’avais déjà parlé de la décision omniprésidentielle de faire lire la lettre de Guy Môquet, proposant qu’au-delà de cette lettre, l’on remette à nos jeunes lycéens un package historique de « paroles de » chez Librio. Pour leur transmettre le goût de trouver dans les mots de leurs aînés, quelques signes pour éclairer leur futur.   Naïf ;-) Tout juste 30 ans, et déjà d’une autre civilisation je suis. Aller chercher des mots, éveiller la curiosité historique au travers d’autres textes, ça ne fonctionne sans doute pas au 21ème siècle. Pas assez impactant pour mettre en scène la 1ère décision de l’omniprésident. Nous avons basculé dans la civilisation de l’image, la fameuse lettre ne pouvait continuer de l’ignorer. Ainsi, il a été commis ça :       La Lettre De Guy Moquet envoyé par PeteRock   Vous avez regardé ? ça vous fait quoi ce kitch larmoyant, où l’esthétique voudrait rejoindre une servile éthique ? Cette mise en scène du sacrifice individuel pour la nation, face à l’ennemi étranger (ici allemand).  C’est une sorte de clip américain, une détérioration historique pour faire vibrer l’adolescente, une propagande du sensible. La lettre, passe encore, mais ce film ? Comment le recevoir, le mettre en perspective ? Doit-on prendre cette propagande au 1er, 2nd, 3ème degré ?   Si c’est pour préparer nos jeunes à se sacrifier pour l’Iran, faut que l’on en discute tranquillement au Parlement ;-) Célébrer la mort d’un seul, alors que l’individualisme comptait pour peu dans les rangs de la résistance, c’est une escroquerie intellectuelle quand on plaque ce concept sur notre époque. Surtout qu’ici le contexte complexe (collaboration/résistance/communisme/…) est complètement passé sous silence par ce clip de com historique. [...]

Marseille se rêve ville du multimédia, avec un pôle d’envergure du côté de Saint Charles. Même nos nouveaux vélos en libre service sont pilotés par ordinateur, avec immobilisation à distance de l’engin vélocipède, en cas de disfonctionnement. Une ville moderne me direz-vous. Presque. Intéressons-nous au site internet de la ville de Marseille, au cœur de la démocratie locale. A l’heure de la révolution numérique pour les services publics, nous sommes encore très loin de l’e-démocratie dans la cité phocéenne ;-)   Si l’habillage graphique est plutôt sympa, l’architecture du site est complexe, et les fonctionnalités web 2.0 quasiment absentes. On n’échappe de peu au site de propagande électorale, le maire de Marseille n’a pas sa trombine en bandeau comme le PR. Si en page d’accueil, à la une, je peux suivre des reportages vidéos avec « Plus belle la Ville », impossible d’accéder à la vidéo du Conseil municipal en différé  du 1er octobre.   Pour faciliter votre navigation, vous pouvez choisir un profil, pour que les informations qui vous sont dédiées, vous soient plus accessibles. Bizarre cette catégorisation, je ne me retrouve dans aucune : Visiteur / Professionnel  / Journaliste / Nouvel arrivant / Jeune.   Simple citoyen blogueur marseillais, n’étant ni un visiteur perdu voulant visiter la ville, ni un professionnel en affaire avec la ville, ni un journaliste, installé depuis 5 ans déjà, et plus très jeune, j’ai du naviguer à l’ancienne, rubrique par rubrique. Sur le conseil municipal, là où se décide la politique de la ville, l’accès aux délibérations est facilité par un moteur de recherche. Ainsi, j’ai pu découvrir que le 1er octobre dernier, la ville avait accepté un cahier de recommandations environnementales relatives à l’art de bâtir et d’aménager, dans la foulée de la démarche Plan Climat Municipal voté en mars [...]

S’informer est une hygiène de vie devenue difficile. Sans télé, j’ai du temps pour lire quelques quotidiens (Le Monde, Libé, Le Fig et la Provence de tps en tps), version old-fashion sur papier et en ligne surtout, quelques hebdomadaires (Le Canard, Marianne, Courrier International), le Times et le New York Times à l’occasion, … Il faut faire son jus des articles commis par de « vrais » journalistes, mais ce n’est pas assez pour accéder à une once véritable de vérité. Le fil d’actu de google, Rue 89, la Télélibre, bakchich, les sites collectifs de citoyens plus ou moins experts (agoravox, isubway, ipol, …), et la multitude des blogs et leur réseau. C’est un autre jus qui se mélange au premier, pour dessiner une représentation approchante de la réalité et de ses enjeux.   C’est une démarche coûteuse en terme de temps, au gain incertain et futile peut-être. N’est-il pas vain de vouloir ingérer la complexité du monde, pour n’en rien faire que vivre plus lucide ? A quoi bon ? Quelle force pour la résistance individuelle face au poids des manipulations collectives ? Face à la concentration des médias, la vérité n’est pas dans l’objectif des investisseurs et annonceurs, l’accès à la compréhension de la complexité est un produit dérivé pour Arte, même la transparence libérale est menacée au Echos… Publicité, jeux d’intérêts, copinage, retour d’ascenseur et investissement électorale, la sphère médiatique subie une somme de contraintes lourdes. L’intersyndical des journalistes français se rebelle, en avez-vous entendu parler au 20h ? Pour la première fois depuis des années, les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SPC-CFE-CGC et SJ-FO se sont réussis autour d'une table pour parler des problèmes de fond dans la profession, dont et surtout la liberté des médias. Quelle liberté me restera-t-il, si je ne suis plus libre que d’être informé que par du [...]

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