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"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c
'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le
contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l
'autre, l'homme est un pont."

Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

 

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Je regardais l’émission « mots croisés » du 30 janvier sur internet, où Daniel Cohn Bendit intervenait face à Henri Gaino et Michel Sapin et le compagnon perpignanais de Marine Le Pen, Louis Aliot. Très bon comme à son habitude, Daniel Cohn Dendit s’est réjouie que la chancelière allemande fasse campagne pour Nicolas Sarkozy. Espiègle, il a rêvé tout haut d’une Angela Merkel tenant meeting en France, qui y referait son discours devant le Bundestag (parlement allemand) pour expliquer comment l’Allemagne allait gagner en compétitivité en sortant du nucléaire. Pour qu’Angela Merkel explique devant Nicolas Sarkozy et Jean François Copé ébahis, comment elle, à l’initial pro-nucléaire, a choisi de faire sortir du nucléaire son pays, pour le bien de son économie et de son peuple. A 45 min 15 de l’émission « mots croisés » du 30 janvier 2012, le rêve de Daniel Cohn Bendit d’une Angela Merkel en campagne devant l’UMP pour promouvoir l’énergie verte en France comme en Allemagne.

J’avais fait un billet sur les fuites du rapport de la cour des comptes sur les coûts de la filière nucléaire civile, il y a deux semaines. Aujourd’hui 31 janvier, le rapport est officiellement publié et les fuites sont confirmées. Le nucléaire est une fuite en avant, avec une opacité financière entretenue qui va nous conduire à remplir un gouffre financier. Le chiffrage des coûts du démantèlement et de gestion des déchets à longs terme fait débat entre les sages de la rue de Cambon et EDF. Les provisions d’EDF semblent dérisoires, alors que le coût est certainement mal évalué pour être minoré et ne tient pas compte du retour d’expériences à l'international. La cour des comptes fait tomber le mythe d'une électricité nucléaire bon marché. Sans tenir comptes des impécisions sur les provisions pour démantèlement, gestion des déchets et des investissements "post-Fukushima" demandés par l'ASN, elle évalue le coût courant économique du MWh nucléaire à 49,5 €, au lieu du coût comptable d'EDF évalué à 33,4 €. Cette différence est essentiellement due au coût du capital des investissements dans la construction du parc nucélaire, qu'EDF n'intègre pas. Ce coût courant économique du MWh nucléaire pourrait passer à 57 €, avec les provisions et investissements pointés plus haut, selon la méthode du coût courant économique. Voilà pour le coût de l'existant, et le futur est encore moins bon en terme de compétitivité. Le nouvel EPR, censé produire de l'électricité à 45 € le MWh la produira entre 70 et 90 €/MWh. Nous sommes loins des 35 €/MWh aujourd'hui facturés aux français dans le cadre des tarifs régulés. La "rente" nucléaire dont on nous a rabattu les oreilles pendant des décennies, s'avère être un dumping organisé pour imposer le choix de l'atomcratie. Ce dumping va peu à peu cesser et le prix de l'électricité nucléaire va augmenter de façon significative. La clé de la compétitivité du kWh nucléaire pour EDF réside dans la durée d’exploitation des centrales existantes, […]


Une intervention en multidiffusion le dernier dimanche de janvier, huit chaînes de télé mobilisées et une armada de journalistes, éditorialistes et commentateurs, pour passer au crible la parole présidentielle. Résultat : le président presque candidat est un menteur officieusement en campagne qui joue le tout pour le tout, sans convaincre. Retour sur une intervention surréaliste, où un président candidat officiel du bout des lèvres et pour plus tard, annonce des mesures virtuelles applicables après l’élection présidentielle pour afficher son courage. Ce pas encore candidat qui a enrôlé la Chancelière allemande pour des meetings de campagne à venir, a pris l’Allemagne en modèle pour proposer aux français un plan de rigueur qui ne dit pas son nom. Augmentation de la TVA et baisse des charges patronales, retour de la taxe de bourse, accords de compétitivité, augmentation du droit à construire, les propositions sont hétéroclites, imprécises et improbables, soumises aux votes des parlementaires. Elles sont censées marquer les esprits, et démontrer le courage d’un président qui risque d’avantage d’impopularité pour le bien du pays... Un pari risqué. Libération et Le Monde font une analyse croisée des mensonges et approximations des arguments du président. Il a fait de l’intox devant les français pour mieux passer en force ses improbables mesures. Ces justifications mensongères, fragilisées de fait, risquent de se propager à l’Assemblée Nationale jusque dans sa propre majorité… Le plus amusant est que Sarkozy se dédit lui-même de plus en plus vite. Il y a trois mois, il était contre l’augmentation de la TVA, solution « trop facile et injuste », maintenant, il y voit le saint grâle de la compétitivité, feignant de découvrir le problème de l’industrie française après quatre ans et huit mois de mandat. Hier soir, dans la même intervention, il a réussi à dire que cette hausse de TVA ne provoquerait pas de hausse des prix mais qu’elle serait mise en place seulement en […]

« Europa » est un cahier de presse européenne découvert dans le Monde (cahier n°20844 daté du 26/01/12). C’est un supplément d’âme pour dépasser le nationalisme, en se reliant au présent de l’aventure commune depuis 1957. La citoyenneté européenne est relative, elle n’est pas une évidence pour le demi-milliard d’européens qui nous sommes. Pour ceux qui se ressentent/se vivent européens, les temps sont durs, on se sent esseulé, on en vient à douter de ses convictions communautaires... L’Union européenne semble paralysée, l’Europe ne semble plus un horizon porteur d’avenir, mais un cadre supranational qui apporte la rigueur et peu/pas de solutions… Alors qu’EL PAÏS, the guardian, gazeta, LA STAMPA, Süddeutsche Zeitung et Le Monde, sorte un journal commun, « europa », je dis bravo. Que six grands titres de presse européens collaborent pour présenter l’Europe sous des angles différents (et pas systématiquement europhile, loin s’en faut) au travers d’un journal commun multilingue, je trouve cela très intéressant. Europa est une aventure éditoriale que je salue, nous en avons furieusement besoin, plus que jamais. Europa, 16 pages qui j’espère sera un supplément hebdomadaire, c’est peu et en même t emps beaucoup. Que des journaux « mainstream » tentent une réhabilitati on d’une part de rêve européen, sans occulter les trous/manques dans la réalité de l’image idyllique, est nécessaire. Europa donne chair à une abstraction et pas seulement avec des hauts fonctionnaires/experts qui administrent l’UE, mais avec des européens, anciens et nouveaux, citoyens lambda, qui se vivent pleinement au-delà de leur pays d’origine, appartenir à une communauté de destin. Si je devais retenir un seul article de ce premier numéro d’europa, je retiendrais celui avec Umberto Eco, intellectuel universel d’origine italienne, Umberto nous enjoint d’enraciner l’identité européenne « avant que la crise ne la détruise entièrement ». Umberto Eco nous parle d’un chemin métis, judéo-chrétien et […]

Le Figaro, qui n’a pas rendu les armes pour défendre Nicolas Sarkozy, donne la parole à Brice Hortefeux, son lieutenant de campagne électorale encore officieuse. Pour BH, en meeting à Nîmes alors que Hollande et Juppé étaient sous les feux de la TV, la feuille de route des militants UMP est claire: «Il faut que nous revendiquions notre bilan parce que rien n'est jamais perdu d'avance (…). Ne baissez pas les bras. (…) Préparez-vous à un combat enthousiaste.» Ce que je retiens de cet appel à l’enthousiasme des militants UMP, c’est l’intériorisation de la défaite par un des principaux dirigeants du clan Sarkozy. Ce « rien n’est jamais perdu d’avance » est un aveu en creux d’Hortefeux que Sarkozy sent de plus en plus mal l’issue de la campagne, et Brice veut un sursaut militant pour déjouer la défaite probable. A-t-il peur que les militants baissent les bras devant cette probabilité, et ne se mobilisent derrière le petit chef à talonnettes, tant le bilan est illisible ? Le même Figaro fait un article dans son édition du 28 janvier, sur l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy du lendemain dimanche 29 de 20h15 à 21h15, en simultanée sur six chaînes de télévision (TF1, France 2, BFM, i-Télé, LCI, LCP/AN et Public Sénat). Si l’on en croit le journal, ce dispositif d’occupation massive de l’espace médiatique doit permettre à Sarkozy de faire un coup pour inverser la tendance sondagière qui le place en challenger (perdant). Aussi, selon le journal, NS va annoncer des mesures «fortes» et «impopulaires» (hausse de la TVA pour alléger les cotisations patronales, fin du temps de travail obligatoire...). L’article se termine par une confidence d’un proche du chef de l’Etat, qui croit savoir que NS « va faire du Schröder à la française, ce sera quelque chose de fort». Tout miser sur un grand soir, pour rebondir ou plonger vers la défaite, en prenant en exemple un socialiste allemand, c’est cocasse J Est-on jamais trahi que par les siens ? Juppé a-t-il pris une revanche de […]

Ce dimanche 22 janvier 2012, c’était le premier grand meeting électoral de François Hollande au Bourget (93). 10 à 25 000 personnes selon les sources, à la fois militantes pour certaines et indécises qui cherchent à être convaincues pour d’autres… Ce 1er meeting d’entrée en campagne de François Hollande était très important pour dissiper le doute sur un homme que d’aucuns pouvaient dire « mou et flou ». Un meeting qui semble une réussite, l’homme a été sincère et force de propositions, pour dépasser son camp politique. François Hollande a « fendu l’armure » pour dévoiler un « je » au parcours qui donne de l’étoffe au candidat, pour montrer la cohérence du parcours avec sa vision de l’exercice du pouvoir, pour avancer des propositions sur l’énergie, la finance, la fiscalité… Offensif contre Sarkozy qu’il n’a même pas nommé, le candidat du PS a clairement désigné l’ennemi, une finance folle à qui il faut faire rendre raison. François Hollande a replacé la valeur « d’égalité » au cœur du logiciel républicain français, à la fois comme un cap et pour marquer une différence profonde d’avec l’actuel locataire de l’Elysée. Ce 22 janvier, François Hollande a donc développé son projet pour la France. Il a aussi lâché des petites phrases, avec deux qui retiennent mon attention. « J'aime les gens quand d'autres sont fascinés par l'argent » et « je veux conquérir le pouvoir mais je ne suis pas vorace, je veux le mettre au service des français ». C’est deux phrases campent les valeurs du candidat, un humaniste au service de la France. Au final, François Hollande ne compte pas seulement surfer sur l’antisarkozisme pour gagner, il se dévoile en homme d’Etat, fait montre de volonté et avance des propositions qui font la trame de son programme quinquennal. Il sort définitivement "du flou et du mou". Après ce meeting et en attendant les sondages, pour se rassurer d’avantage que le changement peut poindre des urnes dans trois mois, relever que la popularité de Sarkozy reste […]

« Après les vœux "bilan" ou les vœux "annonces"... les vœux de campagne », ce n’est pas moi qui le dit, c’est du TF1 dans le texte. Ainsi, dans la dernière ligne droite de janvier, où Sarkozy annoncera vraisemblablement officiellement sa candidature lors de son allocution télévisée, il profite de tous les jours du mois pour souhaiter ses vœux, dont celui qui lui tient le plus cœur, être réélu au soir du 6 mai 2012. Ce 19 janvier, c’était une chanson « industrielle » au milieu d’une usine, avec un refrain élimé : améliorer la compétitivité des entreprises françaises. Que n’a-t-il pas fait pendant cinq ans, pour vouloir à trois mois de la fin de son bail électoral, faire une énième réforme à l’arrache, à l’épate, pour réaliser ce qu’il n’a su faire depuis 2007. Ses vœux de campagne, cela revient à dire l’urgence de décider des réformes, jusqu’au bout, jusqu’à avril… Cela revient à critiquer les socialistes et à présenter l’augmentation de la TVA comme une nouvelle arme anti-délocalisation créatrice d’emplois. Sarkozy se révèle en fin de mandat, tel le chirurgien qui sauverait la France malade du chômage. "On me dit ‘faut pas augmenter la TVA, faut pas augmenter la CSG' (...) mais on oublie une chose: si on reste comme on est, les délocalisations continueront", a-t-il dit, ajoutant, "il faut garrotter les pertes de sang industriel de la France". Croit-il que les français sont prêts à se faire matraquer par 2, 3, 4 ou 5 points de TVA en plus pour baisser les charges patronales, sans savoir si cette ponction se révèlera aussi inefficace que la baisse de TVA de 14% dans la restauration, qui n’a pas fait baiser l’addition, ni massivement embauché ou augmenté le personnel, mais qui a très certainement augmenté les marges et les bénéfices ? Comment cette TVA sociale, si elle était adoptée ce qui est encore improbable, jouerait-elle sur la compétitivité française et le maintien/développement de l’industrie ? Augmentation de la compétitivité de l’offre et baisse des prix, […]

Très bon article de Daniel Vernet sur le problème hongrois, publié sur Slate.fr. Avec Viktor Orban et son parti conservateur le Fidesz, la Hongrie est en train de dériver vers une dictature plus ou moins soft. Avec ses élus, Orban maitrise les deux tiers des sièges au Parlement de Budapest, le Premier ministre peut ainsi faire ce qu’il veut, comme modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir en étant minoritaire dans les urnes, faire voter des lois liberticides, étouffer les médias contestataires, mater l’opposition… Tout cela viole les valeurs communes humanistes et démocrates de l’Union Européenne, mais pour le moment, l’Europe « laisse faire » Viktor Orban qui se drape dans le suffrage universel pour défier ses pairs et les institutions européennes. Il joue à fond la corde nationaliste, ressuscite la grande Hongrie perdu de 1920, fait un mauvais sort aux roms… L’Europe est-elle trop occupée par la crise financière qui occupe son agenda politique depuis des mois, pour s’attaquer au cas hongrois ? Le Conseil européens des chefs d’Etat et de gouvernement regarde ailleurs, comme si cela ne le concernait pas, il n’a pas à s’auto-saisir pour juger/sanctionner un de ses membres. La Commission Européenne a haussé un peu le ton récemment, à propos de l’indépendance de la Banque centrale hongroise. Le Parlement Européen va étudier si la nouvelle législation hongroise pouvait enfreindre les principes fondamentaux de l’Union, mais le PPE, le Parti Populaire Européen (conservateur, qui abrite entre autre l’UMP et le Fidesz, plus grand parti du PE) reste muet et maintient Viktor Orban à sa position de vice-président du PPE. Un de ses membres est en train de dériver vers une dictature, et l’Union européenne semble désarmée, presque indifférente à cette dérive. Rien ne semble pressé pour intervenir en Hongrie. Les hongrois ont élus des représentants d’un parti autoritaire, ils peuvent mariner dans leur jus nationaliste et perdre des libertés fondamentales quelques […]

La cour des comptes doit remettre un rapport d’investigation sur les coûts de la filière nucléaire civile, le 31 janvier prochain. Son enquête en amont et en aval de la filière, jette une lumière crue sur la faiblesse économique de la production d’électricité nucléaire. D’après plusieurs fuites dans la presse (La Tribune, Les Echos, …), la cour des comptes n’a pas pu éclaircir les gigantesques incertitudes sur le coût du démantèlement des centrales françaises, ni sur celui de la gestion à très long terme des déchets. Les évaluations opérées par EDF lui paraissent farfelues, ce qui permet à l’électricien de passer des provisions insignifiantes au regard des potentiels coûts à couvrir. Les sages de la rue Cambon ne sont pas tendre avec EDF, dont ils remettent en cause le mode de calcul des charges de démantèlement évaluées par EDF à 22,2 milliards d’euros avec 262 millions d'euros par réacteur de 900 mégawatts. En langage technocratique cela donne, ces chiffres « doivent être regardés avec précaution, l'expérience en la matière, tant d'EDF [centrales de première génération] que du CEA ou d'Areva, ayant montré que les devis ont très généralement tendance à augmenter quand les opérations se précisent, d'autant plus que les comparaisons internationales donnent des résultats très généralement supérieurs aux estimations d'EDF »… L'actuelle méthode pour le calcul de ses provisions de démantèlement « ne permet pas un suivi suffisamment précis des évolutions de ces provisions ». L’expérience internationale en matière de démantèlement de réacteur nucléaire est balbutiante, toutefois, elle montre un coût compris dans une fourchette de 670 millions à 1,2 milliards d’euros par réacteur. Et comme ce coût dépend du niveau de contamination de la cuve et des structures, contamination qui va augmenter avec l’augmentation de la durée d’exploitation des centrales (+10 à 20 ans espère EDF), les 262 millions d’euros / réacteur d’EDF paraissent bien insignifiants. La facture pour […]

Exercice de politique fiction à 99 jours du 22 avril 2012 Il est 20h ce 22 avril 2012, la nouvelle prospérait sur internet depuis quelques heures, les urnes ont parlé. Nicolas Sarkozy n’est pas qualifié pour le 2nd tour, Bayrou le talonne, lui-même devant Mélenchon. Le 6 mai 2012 verra s’affronter François Hollande et Marine Le Pen. Dix ans après, c’est avril 2002 à l’envers, avec le FN qui vient troubler le jeu électoral, avec l’abstention qui est le plus grand parti de France : 33% des électeurs qui ne se sont pas déplacés. Du jamais vu sous la 5ème République pour la présidentielle, en 2002, dernière année record pour l’abstention, elle culminait à 28,4% au 1er tour, alors qu’elle avait baissé à 16,2% au 1er tour de 2007. Ce quinté électoral, qui est l’aboutissement d’une campagne électorale violente, où les petites phrases et les mensonges des uns et des autres n’ont pas offert un projet de société aimable et crédible, n’est pas si improbable. En crise économique et sociale, en décrochage démocratique, les français ne croient plus à la politique qui fabrique du mieux vivre ensemble, ils sont désenchantés de 2007. Un tiers des électeurs est allé à la pêche à la ligne, faire une randonnée ou a fait tout autre chose que se déplacer pour voter. Un petit quart des électeurs a voté aux extrêmes, droite et gauche, Le Pen et Mélenchon, pour renverser la table et faire sauter le système. Vote protestataire, anti-euro et anti-Bruxelles, qui réclame de sortir du respect des textes et des institutions… Un gros tiers des électeurs distribue leur voix entre Hollande, Sarkozy, Bayrou, Joly et le solde va à une ribambelle de petits candidats. François Hollande a fait une campagne de centre gauche, molle, imprécise, mais suffisante pour se détacher de plus médiocres, et accrocher 27,2% des voix exprimées. Ses promesses ont été étalées sur 5 ans, et les premières mesures seront pour conjuguer la rigueur et les programmes d’austérité. Il a surfé sur l’anti-sarkozy ambiant, […]

Les éditorialistes de la presse nationale et régionale ont tous fait leur papier de ce samedi sur la perte du triple A français. Il y a un relatif consensus pour relever que cette perte symbolique tombe au plus mal pour le président officieusement candidat à sa réélection. Et que si Hollande en profite pour pousser l’avantage avec cette bataille perdue par Sarkozy, il va devoir tenir compte de cette nouvelle contrainte pour affiner son projet. La perte du triple A français sanctionne presque plus de trois décennies de déficit budgétaire, tous les partis (RPR, UDF, PS, UMP) ont creusé le trou. Sarkozy plus que les autres, ce qui lui vaut de se prendre la foudre S&P. Autre point d’analyse consensuel, l’affaiblissement symbolique et politique de Sarkozy qui en résulte. Sa stratégie « pré-électorale » est mise en contradiction, l’image de président « protecteur » explose, celle de « capitaine dans la tempête pour mener la France à bon port » s’effondre… Son bilan qu’il tentait de masquer derrière un nuage de propositions et de com de pré-candidat, est mis en défaut sous les projecteurs S&P, et lui y perd un important crédit. Au-delà de l’impact politique, cette dégradation de la note souveraine française ne sera pas sans conséquences sur l’économie du pays, avant et après les élections… Voilà l’humeur éditoriale de ce samedi 14 janvier, avec toutefois Libération qui se distingue avec un édito coup de gueule de Nicolas Demorand contre les agences de notation, leur pouvoir exorbitant et leurs mâchoires qui vont nous enfermer dans la pensée unique de la rigueur. Un A en moins pour la France, ce sont combien de points perdus dans les sondages pour Sarkozy ? On devrait savoir d’ici dimanche et en début de semaine, quel est le niveau de décrochage. 2, 3, 4, 5 % en moins en quelques jours, plus ? Comment sa crédibilité est-elle affaiblie, jusqu’à quel point va-t-elle se démonétisée ? Cela aura-t-il un effet dévastateur sur son cœur de cible électorale, les retraités et […]

Vendredi 13 janvier 2012, nous sommes à 100 jours du 1er tour de l’élection présidentielle. Depuis le début de l’après midi, l’information que la note souveraine de la France serait dégradée de AAA et AA+ par l’agence de notation Standard & Poor’s, traverse les rédactions, percole sur internet... L’information doit s’officialiser à la clôture de la bourse de New York, 22h heure de Paris. Vendredi 13, à 100 jours de son examen électoral, le président n’a pas de chance et doit encaisser la perte du triple A, sa politique est sanctionnée. A trop creuser les déficits et la dette, son bilan financier est devenu trop déplorable pour répondre aux canons du capitalisme financier. Nous allons payer notre déficit plus cher, le coût de la charge de la dette va s’alourdir, notre trajectoire économique continue de s’éloigner de la trajectoire allemande… L’omniprésidence flamboyante de 2007 est dégradée à 100 jours de la ligne d’arrivée, tout un symbole… Le roi est nu, merci S&P Le président « debout dans la tempête » vient de se prendre un paquet d’eau froide, une vague immense qui va le rincer pour quelques jours, au moins. Ce symbole d’une dégradation à 100 jours du 22 avril 2012 tombe au plus mal pour lui. Aux tréfonds des sondages, son mythe de président « protecteur » s’effondre. Il est un président de la parole qui agit par embardées, qui fait et défait, sert ses amis et change de com au gré des séquences. Mais au final, son bilan c’est moins de pouvoir d’achat, des taxes et le chômage en hausse, avec une dette abyssale..., et une France qui perd un A ! La « dernière séquence » qui commence demain. Nous allons voir défiler des membres du gouvernement, des conseillers, des élus UMP…, nous expliquer que tout cela n’est pas si grave, que la France n’est pas la seule à être dégradée par S&P, même les USA ont perdu leur triple A à l’été 2011…, blablabla. La vérité est que la dégradation de la note française va miner l’actuelle majorité, les parlementaires UMP vont […]

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