Célébrer les humanistes qui s’en vont
Ainsi, Aimé
Césaire et Geneviève Tillion s’en sont allés. Une
semaine qui entretient le deuil pour de grands porteurs contemporains des idées humanistes. Geneviève Tillion avait passé cent ans, et traversée un siècle d’horreurs. Elle était de ces vigies qui
réconcilient l’homme avec son essence, un désir de connaissance, de paix et de résistance inextinguible. Aimé Césaire, homme politique progressiste, antillais, plus connu comme homme de lettres,
était aussi doux qu’irrémédiablement engagé en résistance contre l’injustice. Ses seules armes étaient des mots reliés de toute son humanité…
Ce n’est pas un billet nécrologique. Je veux ici célébrer leur résistance, leur combat pour des valeurs
humanistes et leur refus de les abandonner quel que soit l’air du temps. Célébrer pour mieux interroger. Après la gauche caviar et la droite bling-bling, que sont nos intellectuels devenus ?
Font-ils, comme Geneviève ou Aimé, bien leur métier d’homme ? En ce cas, pourquoi ne sont-ils pas plus audibles ?
Alors que le savoir s’accroît, le relativisme est-il tellement puissant pour que tout vaille tout, jusqu’à
une dévalorisation des valeurs ? Les intellectuels peuvent-ils avoir une influence sur la société, autrement que délavés/délayés sur les plateaux télé ? Si l’on enterre les vigies, quelles
sont les nouvelles flammes qui vont éveiller les consciences ?
Public, Voici, Match, politique people, Relay, blockbuster, best-seller, … camisole de la pensée occidentale
où l’absence d’idée doit être rentable, accaparer toujours d’avantage de temps de cerveau[…]
Le gouvernement de l’omniprésident va de couac en couac. A peine la suppression du financement étatique de la
carte Sncf famille nombreuse est annoncée, que déjà il est rétabli. Illico presto, avec 10 millions d’euros en plus des 70 millions qui ne seront finalement pas économisés, pour faire bonne
figure … Le redéploiement des allocations familiales est annoncé à budget constant, tant qu’on se demande à quoi sert la réforme... On supprime plus de postes de profs dans les zones d’éducation
prioritaire, que dans les beaux quartiers, ... En connivence Fillon et Borloo ont fait piétiner le Grenelle sur les OGM par le Parlement. NKM avale des couleuvres transgéniques et 78 % des
français la soutiennent dans son combat sur les OGM. L’omniprésident a cédé à Monsanto. Quel sera le prochain lobby qui gagnera sur les promesses ?
Avec une réforme de l’état dont le dessein et les grandes lignes restent obscures et incompréhensibles au
1er anniversaire de l’élection de Sarkozy, les français ont sans doute l’impression de s’être fait gruger. L’ancien « ensemble, tout devient possible », se
transforme jour après jour par une perte de crédit politique sur des peccadilles, et tout devient moins possible. Le gouvernement et la majorité ne trébuchent pas sur l’essentiel - réformer le
pays et mettre fin au déficit chronique de 50 milliards d’euros - mais sur chaque pas, où des mesurettes d’économie provoquent des vagues dans l’opinion publique.
De perte de crédit politique en perte de crédibilité, sans projet de justice sociétale comme horizon
politique (fut-il de droite), le gouvernement godille à l’oreille sondagière sous[…]
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par Héloïm Sinclair
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La société occidentale n’a pas connu de crise alimentaire depuis des siècles. Il y a bien eût le rationnement
en temps de guerre, il y a bien des poches de pauvreté où des estomacs crissent de vide. Mais globalement, notre société est plus occupée à perdre ses kilos superflus qu’à se préoccuper de la
résurgence de la famine. Les restos du cœur font le restent, pour repousser la faim au rang des souvenirs enfouis du corps social…
Est-ce cette absence de vécu collectif qui nous empêche de prendre la mesure des enjeux de cette
nouvelle violence globale? Les émeutes alimentaires en Haïti sont une nouvelle sorte de violence qui n’en finira pas de tourner sur nos écrans de télé. Là-bas, ailleurs, 33 pays listés par la
Banque Mondiale sont menacés d’émeutes alimentaires. Les agrocarburants ne font qu’accentuer la pression sur l’allocation des ressources agraires. L’on inaugure un cycle sinistre…
La FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture, tirait déjà le signal d’alarme en janvier dernier. Avec l’augmentation du prix des matières agricoles et un budget libellé en dollar US qui fond à mesure que le billet vert
dégringole, le fonds mondial d’aide alimentaire ne pourrait aider à survivre tous les affamés de la terre. Ou bien ces gredins devront s’arrêter de manger avant la fin de l’été pour que les
survivants reçoivent de nouvelles rations en 2009, à l’ouverture du prochain budget de la FAO. La crise des émeutes alimentaires était donc écrite dans l’histoire à venir, et les élites des
gouvernements du monde n’ont rien fait.
Un mal pour un bien, l’on pourrait puiser dans les[…]
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par Héloïm Sinclair
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