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"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c
'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le
contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l
'autre, l'homme est un pont."

Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

 

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Samedi 29 avril 2006
Anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, en rire avec Bill et Boule No comment,http://perso.wanadoo.fr/zoello/
recommander par Héloïm Sinclair publié dans : heloim.sinclair
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Samedi 29 avril 2006
Cette fois, malgré l’actualité barbouzarde de l’affaire Clearstream et ses prolongements politico claniques, on va faire dans le léger, clin d’œil à un article paru dans le Monde du 26 avril : « Des mots "total" mode, on va dire ». Si l’hexagone n’est pas un lieu majeur pour la création de néologismes en vue de lutter contre l’anglicisme, on n’en demeure pas moins inventifs dans la linguistique populaire et/ou médiatique. Emergence naturelle d’expressions inédites qui fleurissent dans les lycées, la rue, ou sur les blogs et les plateaux télé. Des adjectifs qui se transforment en adverbes ("J'hallucine sévère"), des adverbes qui au contraire "s'adjectivisent" ("Elle est trop"), des substantifs voudraient se conjuguer ("Désolée, l'autre jour, j'ai un peu crisé"). La petite liste commence avec « abracadabrantesque », adjectif inventé par Jacques Chirac en pleine crise de la cassette Méry et les HLM de la Vile de Paris. C’est la formule gagnante au concours de mauvaise fois ;-) « Casher » ou « pas casher », ça vous dit quelque chose ? Correct ou incorrect, d'équerre pas d'équerre, dans la norme ou non, ça prouve au moins que l’antisémitisme est battu dans le vocabulaire. En pleine société de consommation, l’individualisme français à besoin de « customiser ». Il lui faut[…]
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Vendredi 28 avril 2006
On pouvait lire dans le Libération du 28 avril, que le prix d'une tonne de dioxyde de carbone (CO2), responsable du réchauffement climatique, a subitement baissé de plus de 35 % sur Powernext Carbon, la Bourse européenne des «droits à polluer». Le prix des certificats d'émission de CO2 est passé à 15,70 € la tonne, contre 24,30 € en début de séance.   Les faits : six pays dont la France, la République tchèque, et l'Espagne ­ont annoncé hier un bilan d’émissions de CO2 inférieures aux PNAQ (Plans nationaux d'allocations de quotas) , mis en place depuis début 2005 et validés par la Commission européenne. Les PNAQ concernent essentiellement l’industrie, et surtout pas le transport et le bâtiment responsables des 2/3 des émissions. La France est en deçà de 11,6 % par rapport à son PNAQ.   On touche là une limite du système libéral mis en place pour la gestion de la pollution. Car ne nos leurrons pas, il n’y a pas eu un subit revirement écolo des entreprises françaises, tout juste un peu de rationalisation avec l’augmentation de la facture énergétique. Le tout dans une activité économique atone, donc moins consommatrice d'énergie, et finalement moins polluante.   Le problème vient que les allocations d’émissions ont été particulièrement généreuses, et qu’elles ne concernent qu’une partie de l’activité du continent. Pour ce marché en[…]
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Mardi 18 avril 2006
Je fais parti de ceux qui n’ont pas peur du plombier polonais, mais je suis attentif à ce que ce passe à Varsovie. Et ce que j’y constate m’inquiète beaucoup, le danger est éminemment plus vraisemblable que l’épouvantail agité au moment du référendum du TCE.   Les nationalistes (FN versus polak) et les ultra conservateurs catholiques vont faire leur entrée au gouvernement polonais. Ce n’est sans doute qu’une coalition de fortune, pour fabriquer une majorité opportune, mais cela n’est pas de bon augure pour l’Europe. La Pologne pèse relativement lourd dans la nouvelle géométrie à 25. Cette minorité xénophobe et ultra conservatrice va vendre chèrement ses voix pour imposer un cap rétrograde à la position polonaise au sein de l’Union. Cela va compliquer encore un peu plus les difficiles consensus, stériliser les avancer émancipatrices.      Alors, la Pologne, nouvel homme malade de l’Europe, après l’Italie et la pantalonnade berlusconienne ? Ma parole, ce n’est plus une Europe de projets pour l’avenir, mais un hôpital où la France n’a même pas entamé sa convalescence.   Comment concrètement agir contre ce nationalisme revigoré qui a déjà contaminé les Pays Bas ? Comment désamorcer cette mécanique du repli ? Quels sont les leviers institutionnels et sociaux, pour ne pas retomber dans les travers qui nous ont déjà conduit au pire au 20ème[…]
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Dimanche 9 avril 2006
C’est la seconde fois que mes pas foulent les siècles de la cité éternelle. L’histoire s’y rencontre au coin de la rue, on y remonte le temps dans des dédales anachroniques, au bonheur du hasard de se perdre.   Quelle impression en ce week-end d’élection, alors que le débat politique italien est un théâtre de démagogie ? Ici aussi, c’est une fin de règne, un régime à bout de souffle qui ne sauve même plus les apparences… L’éclat de la ville musée archéologique n’éblouie pas (plus) l’homme de la rue, la splendeur du passé a du mal à éclairer l’avenir… Ici aussi, les extrêmes cohabitent et progressent, faute d’une sociale démocratie vigoureuse et réformatrice.   La France et l’Italie ont-elles une jumellité catastrophique au désespoir de l’Europe ? Presque, si ce n’est qu’il n’y a pas eu de jacobins italiens, l’état y occupe une place significativement différente, … En dehors de ça, la même absence de solutions aux mêmes maux : manque d’investissement dans la R&D et l’éducation, déficits, chômage, …   J’en suis là de mes réflexions alors que je divague dans les rues de Campo de Fiori, des vicoli qui abritent artisans et galeristes, petites échoppes/ateliers où l’intelligence des mains parlent encore et toujours à l’humanité …    
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Dimanche 9 avril 2006
Le titre du post est romantique à souhait, et pourtant, je déambule avec ma solitude de via en via, question d’habitude … Quelle idée aussi, à Rome, on y vient en famille explorer une des source de notre civilisation, en couple profiter de la dolce vita et faire une partie de cache-cache au Palatino, mais seul ?   Comme une lancinante frustration de ne pas partager la beauté romaine, de ne caler son pas ou sa respiration sur personne, de ne recevoir aucun acquiescement sur le choix osé de cette cravate dans la boutique d’à côté… Contrepartie d’une totale liberté, d’une disponibilité à fleur de peau, ce léger désagrément de n’être toujours qu’avec soi.   Pourquoi cette émergence, cette éruption d’un manque ici à Rome ? L’autosuffisance est pourtant une de mes règles de vie, d’où vient cette tension qui bouscule l’équilibre ?  Est-ce que le vœu fait l’autre soir en lançant une pièce dans la fontaine de Trévi serait en train de prendre corps ? Qui sera mon Anita Ekberg ?   Comme l’a si bien écrit Francesco Alberoni, l’amour est un mécanisme qui s’amorce sur une dépression. La plus petite et ancestrale révolution du monde, a besoin de remettre en cause un ordre des choses (intimes et sociales) pour prospérer, de procéder à un travail de sape avant d’éclore.   Peut être qu’ici, je touche une sorte de[…]
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Dimanche 2 avril 2006
Il est empli d’amour et de lucidité, ce livre de Boualem SANSAL, lettre de colère et d’espoir à ses compatriotes. Sans la cacophonie des « droits-de-l’hommistes » comme on dit de ce côté-ci de la méditerranée, Sansal nous offre une analyse juste et sans complaisance de la situation algérienne, avec des mots simples et efficaces.   J’espère que « Poste restante » ne lui vaudra pas la prison, comme d’autres journalistes et libres penseurs, enfermés par un régime militaro-bigot, amnistiant d’anciens criminels et commanditaires tout en mettant en réclusion les tentatives de vérité.   Sansal est peut être un des ces consultants du bon sens, quelqu’un qui met en perspective la situation et propose des solutions humbles : tolérance, justice, laïcité, … des choses hors de prix par les temps qui courts en Algérie (et ailleurs).   En modeste réponse à cet ouvrage, je voudrais faire mentir l’auteur sur un point, lui dire que ce n’est pas parce que son pays est fermé, qu’il n’intéresse que ceux qui sont à l’intérieur, à huit clos. En dehors d’habiter Marseille et d’aimer Camus, je n’ai pas de lien filial avec ce pays de métissage ancestral. Mes aïeuls n’ont pas vécu, à ce que j’en sais, parmi les Kabyles, Chaoui, Mozabites, juifs, pied-noirs, Turcs, coulouglis, … qui composent l’Algérie. Ils n’ont pas goûté[…]
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