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"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c
'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le
contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l
'autre, l'homme est un pont."

Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

 

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Dimanche 30 septembre 2007
Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai pas protesté, Je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai pas protesté, Je n’étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher Et il ne restait personne pour protester. Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant.   Ces quelques vers de Niemöller, c’est pour vous mettre dans l’ambiance et l’humeur qui m’animent ce dernier dimanche de septembre. Déjà, la semaine dernière, je m’en prenais à l’obscénité de Brice Hortefeux, l’homme des basses œuvres de l’omniprésident.   Dimanche d’automne, suis tombé sur l’excellent blog de Maître Eolas, qui tient un journal d’avocat fort utile pour ceux qui sont plus ou moins ignorant du droit et de sa mécanique, dont je suis. Donc, c’est son billet La machine folle, qui est à l’origine de cette humeur rebelle qui se voudrait contagieuse.   Il est question de l’utilisation aberrante et absurde des moyens de l'Etat pour faire la chasse aux sans papiers, pour satisfaire la non moins absurde promesse omniprésidentielle d’expulser 25 000 clandestins par an. Des policiers comme les juges des libertés et de la détention sont sous pression, consacrent 30, 40 % voir plus, de leur activité aux dossiers des clandestins, pour au final, une machine qui tourne à vide. Des étrangers continuent d'être présentés à la justice, mais, faute de place en centre de[…]
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Samedi 29 septembre 2007
Je reprends ici l’appel du collectif Sigismond, né pour appeler le Sénat à ne pas voter l’amendement de la loi sur l’immigration, sur l’A.D.N. et regroupement familial.   Héloïm Sinclair soutien ce collectif au nom presque surréaliste, pour enjoindre nos sénateurs, à revenir à une pensée et un vote humaniste. Et de ce pas, un courriel va être envoyé à mon sénateur.   J’invite mes lecteurs à soutenir le Collectif Sigismond   Si le personnage Sigismond s’est posé la question de savoir si ce qu’il vivait était réel et concevable. Le Collectif Sigismond s’est posé la même question lorsque l’amendement ADN a été adopté. Il réunit des citoyens issus des principales familles politiques, syndicales ou associatives, ou de la société civile. Il est trans-partisan et trans-courant.   Pour soutenir ce collectif : collectifsigismond@gmail.com     Communiqué du collectif Sigismond   Dans La vie est un songe de Calderón, Sigismond établit « (qu’)une scélérate loi n’est pas l’alibi du crime : la révolte est légitime, c’est la morale et le droit ».   L’amendement Mariani au projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, de l’intégration et de l’asile, rendant possible la pratique de tests ADN dans le traitement de dossiers de regroupement familial, tendrait à rendre ladite loi «scélérate». Aussi, maintenant qu’elle a été adoptée dans la nuit du 19 au 20 septembre par une poignée de députés, nous, citoyens réunis en le Collectif Sigismond, voulons appeler nos sénateurs sinon à la morale, au moins à la[…]
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Samedi 29 septembre 2007
Bientôt 150 jours que l’omniprésident a été élu, et presque tous les jours depuis le 6 mai, les français ont droit à leur dose médiatique sur/avec/pour super Sarkozy. Un tel matraquage omniprésidentiel, que d’aucuns ont eu l’idée saugrenue de lancer une journée sans Sarkozy dans les médias, pour le 30 novembre prochain. Remarquons que cela lui en laisse 364.   Quand cette journée sans sarko médiatique a buzzé il y a quelques semaines, de blog en blog, les médias officiels en ont fait part, mi amusés mi agacés que des citoyens puissent leur dicter leur agenda rédactionnel. Des militants de la droite bling-bling se sont émus de cette atteinte à la légitimité suprême, qui date du 6 mai…   Entre deux sommeils thérapeutiques, le PS vient enfin de réagir à cette surexposition médiatique, qui met en danger la démocratie. Car, même si 150 jours peuvent provoquer une amnésie collective, il est nécessaire de rappeler que le débat équilibré des idées politiques est à la base d’une démocratie saine. La règle qui prévaut normalement pour les temps de passage télévisuel - hors période électorale où le décompte est différent - est d’1/3 pour le gouvernement, d’1/3 pour la majorité, et d’1/3 pour l’opposition. Et, comme le temps de parole du président de la République, était assez rare avant l’élection de l’omniprésident, ce temps n’est tout simplement pas pris en compte par le CSA. La « pratique où le président, incarnation de la nation, avait à cœur d’apparaître plus comme un arbitre garant de l’unité nationale que comme un chef politique » a fait long feu déclare Didier Mathus, député PS à l’initiative de cette saisie. Il est[…]
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Vendredi 28 septembre 2007
D’une île solaire suisse aux Emirats Arabes Unis, à la politique énergétique de la France   Ils sont malins ces suisses, viser les EAU qui sont pleins de pétrodollars, pour développer l’énergie solaire alors que le pays regorge aussi de soleil, c’est une affaire rentable pour de nouveaux champs d’expérimentation …   C’est sur le très bon site des neo mans land que j’ai découvert cette information :   Une île artificielle solaire de conception Suisse va voir le jour dans le golfe de Ras al Khaimah aux Emirats Arabes Unis. Les Emirats Arabes Unis nous ont habitué à ces nouvelles îles artificielles pour milliardaires en mal de logements chics, comme celle en forme de palmier ou encore celle représentant la terre... mais, cette fois-ci cette île sera conçue non pas pour héberger quelques richissimes personnes, mais pour produire une énergie propre. Ce projet est une collaboration entre le CSEM (Centre Suisse d'Electronique et de Microtechnique) et le gouvernement des Emirats Arabes Unis et devrait permettre de produire de l’électricité et de l’hydrogène en utilisant l’énergie solaire.   Le directeur du CSEM, Thomas Hinderling, est convaincu que l’énergie solaire va jouer un rôle majeur d’ici 20 à 30 ans. Selon lui, « un tiers des besoins énergétiques du futur pourront être couverts par l’énergie solaire ».    Je ne sais pas si le sens des affaires est dans l’ADN des suisses,  mais selon M. Hinderling « le marché avec le plus fort potentiel pour les technologies solaire se trouve dans cette région, c’est la bas que l’on doit travailler.[…]
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Jeudi 27 septembre 2007
Alors que l’omniprésident annonçait la couleur à la tribune de l’ONU en début de semaine, avec son « new deal économique et écologique »,  Borloo a reçu les premiers rendus du Grenelle de l’environnement ce matin. Les rapports des six groupes de travail ont été livrés, et à parcourir les synthèses, une vraie bonne surprise surgit : l’évidence de la crise environnementale et les objectifs  pour la résoudre s’imposent. Fini la politique de l’autruche, le dialogue entres les parties tenu tout l’été jusqu’à l’automne, a muri une conscience environnementale comme diagnostic partagé.   « La plupart des objectifs défendus par les associations écologistes ont été retenus dans les conclusions des groupes de travail ! », se réjouie en liminaire, Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France.     Toutefois, « les consensus sur les objectifs ne signifient pas pour autant que les conflits aient disparu », peut on lire sur le Grenellorama de l’Alliance pour la planète. Sur les pesticides, le nucléaire, le dialogue environnemental, les aides à l’agriculture, les déchets, le principe pollueur-payeur, bien des divergences demeurent entre les acteurs. Si elles ne sont pas flagrantes dans les synthèses, elles se font jour dans chacun des six rapports. Faire évoluer la société sur un mode de développement durable, c’est en effet remettre en cause des rentes et des intérêts économiques importants. Au-delà du constat et des mots, la réussite du Grenelle réside donc dans les arbitrages qui seront rendus.   Voir sur papier à en-tête de la République, des[…]
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Dimanche 23 septembre 2007
Au sortir de la « Question humaine » de Nicolas Klotz, un peu dérangé, ébranlé par le film. Mathieu Amalric est très bon dans son rôle de DRH vaguement psychologue, pas mal déjanté, d’une filiale d’une grande entreprise de pétrochimie. Le propos réducteur du film pourrait être un parallèle entre la Shoah et la nature exterminatrice de l'économie libérale. « Si le système qui a permis Auschwitz est un système de planification industrielle, fondé sur la technocratie et la déshumanisation, alors nous sommes en devoir de penser ce que signifie un tel système », résume le réalisateur, Nicolas Klotz (« Le Monde » du 12 septembre). Il ne s'agit pas de dresser un parallèle entre le libéralisme économique, le monde de l'entreprise et le système nazi, poursuit le réalisateur, mais de souligner le dérapage possible.   Le système libéral/capitaliste mérite-t-il de soutenir la comparaison avec le système mis en œuvre avec la solution finale ?  Bien sûr, c’est un autre système de déshumanisation qui est à l’œuvre avec le développement du système libéral/capitalistefinancier, mais fallait-il aller rechercher les ressorts de cette déshumanisation dans la shoah ?   Peut-être le propos est il outrancier pour provoquer une réaction du spectateur. Jusqu’où peut on accepter l’inacceptable ? Comment entendre et débusquer les changements sémantiques qui désincarnent l’infâme pour nous le faire accepter ? L’équilibre du film tient à son esthétique et dans les parallèles dessinées par les mots. Des mots techniques, neutres, désincarnés pour dire le sort que font quelques hommes à bien d’autres. Des pièces[…]
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Dimanche 23 septembre 2007
Le 2 septembre, la novice politique et ministre de l’économie, Christine Lagarde, nous parlait de « plan de rigueur » pour la fonction publique. Elle s’est très rapidement fait rabrouer par les Sarkoboys. La charge venant du 1er ministre secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui a aussitôt estimé qu'il s'agissait "plutôt d'un plan de revalorisation", en novlangue sarkosienne.   Que va devenir cet « Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier » prononcé par François Fillon, ce 21 septembre à Calvi devant des agriculteurs corses ? Car la vraie rupture, serait en effet que la France rompe avec ces vieilles habitudes, elle qui est « depuis quinze ans en déficit chronique » où « jamais n’a été voté un budget en équilibre depuis vingt-cinq ans ». Ainsi, François Fillon en est à se révéler lucide pour exister face à l’omniprésident, même s’il doit pour se faire, s’affranchir de la novlangue sarkozienne. Cela promet ;-) Que va répondre C. Guéant, celui qui en second, est vraiment à la tête de l’état ?   Si les français croient que tout va bien pendant qu’ils regardent le sarkoshow quotidien, il est intéressant de remarquer que le budget 2008 serait en déficit d'environ 41,5 milliards (avec une hypothèse de croissance optimiste). Remarquons que ce déficit prévisionnel est peu ou prou équivalent au coût du "service de la dette", le remboursement des intérêts annuels des sommes empruntées (environ 1150 milliards d'euros, soit 64,2% du PIB). Bref, la situation économique n’est pas reluisante, et le choc de confiance paquet fiscal de plus de 10 milliards[…]
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Dimanche 23 septembre 2007
Période d’activité intense, j’écris moins. Pas envie de me regarder le nombril pour pondre un billet. Pas envie de sombrer dans la dictature du commentaire quotidien du sarkoshow. En période d’avalanche d’annonces omniprésidentielles quasi quotidiennes, prendre du recul est une activité nécessaire, pour ne pas étouffer la réflexion et confronter les mots au réel. Moins de billets pour plus d’oxygénation mentale ;-)   Ne pas avoir de télé chez moi, participe à cet exercice de non joggeur qui s’oxygène … Cela m’a évité de tomber sur le double rendez-vous en prime time, avec notre omniprésident. Evité le piège de la logorrhée sarkozienne, où le dire vaut faire et nourrit le mouvement, qui nourrit l’image qui nourrit le dire, ... Sur les JT de TF1 et France 2, l’omniprésident n’avait pas grand-chose d’autre à dire qu’à son habitude, et de fouler aux pieds la constitution de la 5ème République. Peu importe que l’article 20 énonce : « Le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation », et le 21 : « Le premier ministre dirige l’action du gouvernement ». Hors selon l’omniprésident en direct sur deux JTs :  « François Fillon et moi sommes interchangeables », entendez : je suis Président et 1er Ministre, et bien plus, investi par la légitimité suprême du 6 mai... Ainsi, le gardien de la Constitution française la transgresse allègrement. La 5ème république a fait long feu, sans être encore remplacée par une 6ème, prévue taillée sur mesure pour une présidentialisation du régime.   Ainsi, l’omniprésident a servi aux français un service après vente de sa politique[…]
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Samedi 8 septembre 2007
Ça y est, les grandes manœuvres pour les municipales de mars 08 ont commencé. Après Paris en Bertrand Delanoë s’est dévoilé cette semaine pour obtenir un second mandat, Jean-Noël Guérini s’est officiellement lancé ce 8 septembre, dans le chaudron de la bataille pour la mairie de Marseille. Ce jour d’ovalie pour la cité phocéenne retiendra-t-il la déclaration de candidature de JNG ? Si l’actuel maire (JC Gaudin, 68 ans) est bien connu sur la scène médiaticopolitique nationale, son prétendant qui est aussi son cadet (JN Guérini, 56 ans), accuse un déficit de notoriété. Qui est le patron du PS des Bouches du Rhône et du CG 13 ? A quel(s) courant(s) s’abreuve-t-il ? Comme président d’un des départements les plus riches de France, il confesse que les socialistes ne peuvent plus « rester crispés sur des vieilles analyses, prisonniers d’idées sclérosées et d’accords dépassés ». J’ai trouvé cette déclaration sur son blog, dans un billet d’été où JNG dresse le bilan et les perspectives, après les deux défaites de 2007. Au vu de la politique du CG13, gauchosocialiste bon teint, j’ai été agréablement surpris de la justesse d’analyse : « les socialistes ne savent pas s’adresser à la classe moyenne ». Hors de ses bastions (fonction publique, une partie des citées et des niches boboïsantes), les propositions collectivistes ne prospèrent plus pas. Ainsi, JNG a appréhendé à la mi juillet, le décalage entre le logiciel politique du PS et l’évolution sociologique des français. Ce 8 septembre, alors que l’université d’été de La Rochelle n’aura pas reprogrammé le logiciel PS, Guérini en a tiré quelques[…]
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Mercredi 5 septembre 2007
Le soleil a beau pointer le bout de son nez alors qu’on l’attendait plus tôt et plus chaud, la rentrée a un goût amer en Sarkocratie. Comme les écoliers commençaient à arpenter le macadam avec des cartables sentant le neuf, NS s’est transformé en ministre de l’éducation président du peuple d’enseignants, pour leur délivrer sa bonne parole en guise d’acte politique. C’est 850 000 nouveaux héros de la patrie vont recevoir dans leur boîte aux lettres personnelle, un laïus de 32 pages signé par l’omniprésident (écrit par H. Guaino) qui se paye de mots pour séduire. Une campagne de com ni plus ni moins, pour habiller la suppression des postes et poser la question du contenu sans aborder les moyens. Le Monde du 5 septembre nous dit que le coût de cette lettre omniprésidentielle devrait avoisiner les 500 000 €. Toutefois, au prix du papier (32 pages) et de l’affranchissement (pour plus de 850 000 exemplaires), le véritable coût est plutôt entre le double et le triple. Soit des contribuables lésés d’1 à 1,5 million d’euros pour le bon plaisir de notre omniprésident. A l’heure du dernier tiers, c’est amer ! Mais personne ne sait si c’est le Ministère de l’éducation qui paiera l’addition, où l’Elysée. Si l’omniprésident avait voulu se montrer moderne (et économe), il aurait du intervenir sur Daily motion ou You Tub, et envoyer en version électronique pdf sa missive éducative. Au lieu de cela, il se positionne en commercial du 20ème siècle, tout en endossant les vieux habits de Jules Ferry - 1883, ça remonte - pour vendre des valeurs avec des mots creux. Au final, ce sera quelques heures d’enseignement en moins dans les programmes, pour des dizaines milliers de postes[…]
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