Dimanche 23 décembre 2007
Bonne idée de Courrier International, qui pour son double
numéro de fin d’année, a commit un dossier sur « que reste-t-il de 68 ? ». La presse internationale s’échauffe pour le 40ème anniversaire à venir, elle
essaye de tirer un bilan à l’heure où les soixante-huitards vont prendre massivement le chemin de la retraite. 40 ans de mutation post-hippie, 40 ans que la « révolution » des sixties
n’en fini pas d’avorter…
1er constat, n’en déplaise aux nostalgiques du quartier Saint Germain comme à leurs
contempteurs, le printemps 68 a été bouillonnant sur toute la planète. Avant la globalisation avancée de la mondialisation libérale, peut être à son origine, une génération s’est levée pour dire
NON !
Avec une contre-culture qui demandait paix, justice, amour, nature, liberté… en pleine guerre
froide (chaude au Vietnam), le printemps 68 donnait des fruits sucrés aux grands enfants du monde occidental. Qu’est-ce qui fait, qu’à peu près à la même période, à San Francisco, Berlin, Rome,
Paris, Chicago, Londres, Prague, et même Tokyo et Beyrouth, une génération a voulu soulever la chape de plomb issue du passé ? A la fin des années soixante, pourquoi la contestation a-t-elle
mondialement émergé, pour prétendre remettre en cause l’ordre établi ? Qu’est-ce qui a provoqué cette onde mondiale d’émancipation ?
Bien entendu, les pseudos révolutionnaires de l’ouest n’ont pas tardé à se couper barbe et
cheveux, pour entrer dans les firmes et développer le business. Ceux de Prague et Varsovie ont continué leur travail de sape en sourdine jusqu’à 1989/91, avant de rejoindre les mêmes firmes que
leurs cousins occidentaux. Le[…]
Dimanche 23 décembre 2007
Après un sondage et quelques manœuvres d’appareil, sans recours à des primaires,
François Bayrou a tranché pour Marseille, la tête de liste du MoDem pour Marseille 2008 sera Jean-Luc Bennahmias. Le député européen ex-Vert devenu Orange et fondateur du MoDem, membre de la commission nationale des investitures du Modem, a
été finalement préféré au président de l’UDF 13 et allié de JC Gaudin, Jacques Rocca-Serra.
JLB a
lancé sa campagne le 20 décembre, avec comme angle politique le thème de la « haute qualité » décliné dans trois domaines : l’environnement, l’économie et le social, la
vie démocratique. Pas certain que la « haute qualité » soit comprise des marseillais jusqu’à motiver le bulletin de vote, quand c’est le minimum qualitatif qu’il faudrait
viser pour la propreté ou la démocratie locale. Faire plus, sera déjà faire mieux… On ne pourra reprocher à JLB son manque d’ambition pour Marseille, mais si Marseille est une ville de mode et de
création vestimentaire, la ville n’est pas encore associée à la haute couture, et cette « haute qualité » fait un peu pédant pour séduire les marseillais. Sur le fond, je
me réjouis que l’on veuille faire de Marseille une ville leader du développement durable, vitrine méditerranéenne d’une réussite économique et sociale, dans une saine gouvernance politique. Y a du
boulot, tant l’on part de loin.
Sur la
forme, au-delà de cette « haute qualité », l’équipe MoDem Marseille 2008 n’a pas l’air prête. Le blog de campagne de Bennahmias n’a
même pas de nom de domaine propre, affublé d’un over.blog.com pas très professionnel. Et ce n’est rien vis-à-vis du manque d’investissement graphique. Franchement, quand[…]
Blog délaissé ce mois de décembre, la dernière ligne droite dans la vie réelle aura été intense et
dense… Pourtant, le spectacle politique n’a pas manqué. Du bédouin du désert Libyen à Paris aux frasques amoureuses à Eurodisney, un tourbillon médiatique a chassé l’autre, aussi vite qu’une
compagnie de CRS évacue un début de campement de SDF à Notre-Dame… L’impression d’être un terrible révolutionnaire d’avoir débranché ma télé depuis quelques années. A l’heure de la
« télécratie », prendre du recul en lisant les journaux (en version papier et électroniques), c’est courir le risque d’entrer en dissidence.
Quand je vois des gens qui lisent Le Figaro, je leur demande parfois si la Pravda version Nicolas
1er ne leur laisse pas un manque de vérité sur l’estomac, comme un trop plein de fausses certitudes qui ne diraient pas comment le monde va ? Ces braves conservateurs n’ont
pourtant pas de mouron à se faire, ce n’est pas de la rue de Solferino que viendra la révolution avant longtemps. L’opposition est pour le moment volatilisée vaporisée entre l’ouverture
gouvernementale et la guerre permanente des courants, avec en prime un clivage pro/anti ségo exacerbé. Ces braves conservateurs pourraient se laisser aller à la confiance critique … Soulever le
rideau de paillettes version nouveau régime, constater que le bilan sarkozyen « de rupture » après 8 mois trépidants, est bien maigrichon.
A part avoir rompu avec le régime officiel de la Vème qui voulait que le 1er
ministre conduise la politique de la France, rompu avec le langage politique présidentiel (d’une parole rare à une omniprésence), rompu avec l’indépendance diplomatique et militaire[…]
recommander
par Héloïm Sinclair
publié dans :
Politique
0
créer un trackback
Dimanche 16 décembre 2007
Pour une fois que Renaud
Muselier a été dans la production intellectuelle, je me suis fait plaisir à piller son pauvre blog, où le rapport parlementaire sur le projet omniprésidentiel d’Union Mméditerranéenne
est en ligne. Renaud le marseillais, est le président de la commission parlementaire qui s’est attelée à la tâche de crédibiliser ce projet politique d’Union méditerranéenne. Au moins Marseille
aura peut être droit à un grand sommet de la méditerranée en 0208. Pour ce qui est de « crédibiliser » le projet, confier cette tâche à Renaud Muselier est en soi une galéjade…
Pour ce projet d’UMed, j’ai eu beau parcourir le résumé, les différentes synthèses des parties, le rapport complet et ses
annexes, rien n’y fait, je reste sur ma faim. Et pourtant, je suis un fervent « croyant » en ce projet, européen convaincu et méditerranéen du fond de mon
âme. Les enjeux d’arrimer la rive sud de la méditerranée à la dynamique européenne, me semblent essentiels. Pour ne pas que l’Europe devienne un grand ghetto de vieux riches,
repliée sur elle-même dans la peur de l’islamoterrorisme, aveugle et sourde à la dynamique démographique et sociale à l’œuvre sur son flan sud. Sur les conseils d’Emmanuel Todd, se
concentrer sur les fondamentaux : la dynamique démographique. Sur la base de celle-ci, comprendre que les enjeux nous commandent de jeter d’avantage des ponts depuis les deux
rives.
La prose parlementaire franchouillarde n’arrive pas à dépasser les vœux pieux, pour tenter de donner du concret au projet
omniprésidentiel. Un G-Med (cadre institutionnel pour les réunions des chefs d’Etats) et une Agence de la[…]
Tenter d’écrire un billet politique sans tomber dans le commentaire du jeu de cour, c’est un exercice difficile, tant la cour et son roi se donnent en spectacle (avec
prix spécial pour Dati, ici et là …). Mais sans cette exigence, mon blog serait truffé d’épisodes du désolant show
omniprésidentiel.
Ça fait plusieurs fois que mes amis et collègues européens, m’interrogent au détour d’un dîner convivial, sur « notre » étrange président. Que fait-il
vraiment ? Qu’en pensent les français ? Sur quel chemin les mène-t-il ? Tiendra-t-il cinq ans à ce rythme ? A-t-il une vision pour l’Europe, autre que le leurre
euro-méditerranéen ? … Questions d’européens attentifs interloqués par le « Grand Pays », qui bientôt prendra la présidence de l’union.
Etant le français de la bande, il me revient de les éclairer. Leur avouer que notre président, s’il emprunte un peu au héros de Cervantès - en mieux habillé et avec
les moyens que donne son statut - ce n’est que pour servir son ambition, ses amis et leurs réseaux d’influence. L’intérêt général est rangé au rayon des accessoires, au temps de l’oligarchie
publique et privée.
Une vraie cigale notre président, qui dès l’été s’est précipité pour offrir un paquet fiscal à 15 milliards d’euros -principalement pour ses riches amis – et ainsi
dilapider toutes les marges de manœuvre budgétaire. Et maintenant qu’avec l’hiver la rigueur est arrivée, le gouvernement de l’omniprésident est bien marri pour boucler son budget 2008. Pas de
point de croissance en plus, malgré la volonté omniprésidentielle qui justifiait ce paquet fiscal. Tout juste si l’économie nationale ne décroche[…]
recommander
par Héloïm Sinclair
publié dans :
Politique
0
créer un trackback
Je ne suis pas élu de la république, mais le magazine des maires de France de
novembre m’est tombé entre les mains récemment. Une revue très intéressante, où il y a moins de publicité que dans Elle, même si elle vendue au prix fort aux marchands d’eau,
d’énergie et de travaux public. Pour le centenaire de l’association des maires de France, le magazine a produit un excellent dossier sur le statut de l’élu.
Une réflexion que je propose de partager ici, car la citoyenneté ne se réduit pas à glisser un
bulletin de vote de temps à autre. En effet, si les édiles locaux seront renouvelés en mars prochain, il est sans nul doute une réalité qui ne changera pas : la captation du pouvoir par une
fraction de la société française : les rentiers, les retraités et les fonctionnaires. Car le statut actuel de l’élu local n’offre aucune sécurisation matérielle. Ce sont donc ceux qui sont à
l’abri du besoin (déjà riches, pensionnés, ou certains de retrouver un plan de carrière) qui sont mécaniquement candidats aux fonctions électives.
Cette mécanique institutionnelle n’est pas sans inconvénients, car la représentation sociologique
de pans entiers de la société est écartée du jeu démocratique. Et cette surreprésentation d’une fraction au détriment d’une autre, n’est pas un gage que le mandat se déroule dans le sens de
l’intérêt général (loin s’en faut). Ne sont souvent élus, que des gens qui ont déjà de l’argent, d’autres qui veulent en tirer profit par réseau d’influence interposé, ainsi que des retraités et
des fonctionnaires en disponibilité.
L’association des petites villes de France (APVF) milite
pour[…]
recommander
par Héloïm Sinclair
publié dans :
Politique
0
créer un trackback
Commentaires