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"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c
'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le
contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l
'autre, l'homme est un pont."

Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

 

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Dimanche 15 juillet 2007
14 juillet, jour de fête nationale en France, où l’on célèbre la révolution fondatrice de 1789, en faisant défiler les militaires. Une fête de la remise en cause de l’ordre établi, en glorifiant la troupe qui est l’ultime garant de l‘ordre établi (même républicain), c’est assez cocasse comme symbole.   Je suis gré au président de la rupture symbolique, d’y avoir ajouter une touche européenne en associant à la parade militaire, une petite part de contingent de chaque pays de l’Union. Fêter l’Europe en même temps que l’on fête son pays ça ne peut pas faire de mal. Même si je souhaite sincèrement que l’on fête l’Europe autrement que militairement, c’est une question de symbole qui m’est chère.   L’Europe pourrait être la ligne de démarcation de la communication omniprésidentielle. Deux ou trois faits de com récents et leur couverture médiatique, m’invitent à soutenir l’argument que la com omniprésidentielle ne passe pas  frontières. Et que les médias européens peuvent être les révélateurs de la manipulation médiatique franchouillarde. Pour le moins, le décalage de traitement médiatique interpelle.   Prenez le dernier Conseil Européen à Bruxelles, en cette fin juin, qui a accouché d’un traité modificatif mal formé. En France, quasiment tous les médias ont sacré Nicolas Sarkozy « sauveur de l’Europe ». Notre omniprésident séducteur et convivial avec les puissants de ce monde, aurait retourné la situation à lui tout seul, avec tout de même l’aide de son ami Tony Blair, et d’Angela Merkel aux prises avec les polonais. D’après les médias français, notre super nicolas a été la clé du succès d’un accord[…]
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Dimanche 15 juillet 2007
C’est la lecture du blog de Catherine Guibourg qui me fait revenir aux fondamentaux de Passerelles d’Héloïm : l’Europe. J’étais trop occupé d’affaires européennes justement, pour m’être penché sérieusement sur le nouveau « traité modificatif » qui doit remplacer le traité établissant une constitution pour l'Europe, devenu caduque en partie à cause du Non français de 2005.   J’invite les curieux à visiter la page très pédagogique qu’a fait wikipédia sur ce projet de traité modificatif (reform treaty), dont le mandat a été finalement défini par le Conseil Européen le 23 juin à potron-minet, après un jour et demi d'intenses discussions. Ce traité ne deviendra définitif qu’après la Conférence intergouvernemental de Lisbonne à l’automne. Il contiendra deux clauses essentielles : -         une modifiant le traité sur l'Union européenne (traité UE, à l'origine le traité de Maastricht) ; -         une modifiant le traité instituant la Communauté européenne (traité CE, à l'origine le traité de Rome de 1957). Le traité sur l’UE conservera son nom actuel, le traité sur la Communauté Européenne deviendra « un traité sur le fonctionnement de l'Union », l'Union étant dotée d'une personnalité juridique unique.   Ce traité modificatif est tout sauf simplifié. Quoi qu’en ait dit et écrit les médias français, notre omniprésident n’a pas été le sauveur d’Europe, ce superman au chevet d’une union au bord de l’implosion. La lecture de ce « traité modificatif » est très fastidieuse, et la[…]
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Dimanche 15 juillet 2007
Retrouver le Off d’Avignon, le rire n’est pas un anesthésique synaptique     Un nouvel été en Avignon, de passage pour le Festival éponyme. En amateur, dilettante et exigeant, faire son choix au gré de déambulations et de rencontres, sur la plus grande et charmante scène du monde.   Le rire n’est a priori pas un anesthésique synaptique, loin s’en faut. Au service d’un texte puissant/dérangeant/intranquillisant, le rire est un allié fidèle des passeurs de mot et de silences. La nature humaine étant par essence tragique, j’ai décidé d’en rire avec « Rien ne sert d’exister », d’Yves Cusset. Une délicieuse mise en bouche qui mérite un peu de bouche à oreilles, avec un seul acteur, quelques valises et beaucoup de livres, pour tout décors scénique. Pour habiller la pièce, il n’y a presque que des mots et du rire.   Au fond, ça fait des millénaires que l’on rejoue la même pièce, triptyque de questionnements sur la mort, l’amour, la vie. Les réponses ont varié, sur la forme, sur le fond, mais qu’y a-t-il comme autres questions plus essentielles ? Avec « Rien ne sert d’exister », on passe une heure très agréable, une heure qui n’a d’autre ambition que de revenir aux fondamentaux, avec légèreté.    Avec « Ubu Roi » d’Alfred Jarry mis en scène par Alain Timar, on change de catégorie, pour entrer dans une mise en scène moderne et épurée. Blanc sur blanc, lumière, noir, simplissimes artifices pour camper la même absurde humanité.   Les six comédiens vous entraînent de toute leur énergie, dans une[…]
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