Dimanche 2 juillet 2006
Le dernier film de Robert Guediguian nous emmène loin de Marseille, enfin, pas tant que cela … De notre Dame de la Garde aux rues de Yerevan, il y a des centaines de kilomètres. Et pourtant, on reste dans la famille marseillaise, avec Ariane Ascaride (superbe), Gérard Meylan, et en arrière plan, le métissage de la communauté arménienne opéré dans la citée phocéenne …
C’est Anna (allias Ariane) qui part à la recherche de son père, Barsam, reparti sans prévenir vers la terre qui l'a vue naître. Une excuse pour aller sur les traces d’une identité arménienne, que le désir d’intégration française aura éclipsé pendant des décennies.
L’Arménie, un pays où les hommes rêvent du Mont Ararat, où les cicatrices du génocide turc de 1915, sont à peine recouvertes par le trauma des années communistes. Ça c’est la vision contemporaine, celle d’avant avoir ouvert la porte sur la profondeur des siècles. L’Arménie est un pays qui a une forte densité historique, qui se rencontre dans ses paysages et sous les pas des vivants. C’est peut être pour cela que Le voyage en Arménie m’émeut tant. Parce qu’aux portes de l’Orient, avant d’être coincée entre Ottomans et Russes, l’Arménie a été fondée par un groupe indo-européen. Devenue de culture hellénistique, avant de devenir chrétienne, puis de vivre[…]
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par Héloïm Sinclair
publié dans :
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