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Tous les ans c’est la même chose. Une bonne part de la rédaction du quotidien du soir part en congés au début de l’été. Le début juillet n’est pas seulement la saison des sujets marronniers sur les dangers du soleil, les destinations lointaines, les festivals et autres réjouissances estivales, c’est celui du régime « slim brain » jusqu’en septembre.

 

C’est quand le lecteur a le plus de temps pour lire et réfléchir, que le quotidien fond d’une bonne dizaine de pages, voir un peu plus si l’on compte les maxi encarts de pub qui spolient la place de la réflexion... Laissant l’actualité à sa solitude sans résonance ni analyse, ceux qui n’ont pas la chance d’être juilletistes et aoûtiens recopient et brodent quelques dépêches d’agences, pour nous servir un journal amaigri qui ne vaut plus son prix…

 

Tous les ans, le même regret qu’un quotidien de référence se mette au régime « slim brain » le temps de l’été. Hors, cet été 2007 n’est pas un été comme les autres. Car ce sera celui des réformes qui passeront en catimini à l’Assemblée réunie en session extraordinaire. Sur la fiscalité, le travail, les universités, la récidive, … des lois et mesures qui impacteront fortement le consensus républicain, passeront dans un assourdissant silence médiatique. Comme s’est équipée législative était prévue de longue date (au moins depuis le 7 mai), pourquoi n’a-t-on pas mis en place un roulement au niveau des rédactions ? Les réformes qui passeront pendant l’été ont-elles si peu d’intérêt pour le peuple, qu’elles méritent moins de publicité et de débats publics que les autres ? Doit-on y voir complaisance et connivence avec le gouvernement ?

 

 

En cette avant vielle de vacance, il y a de la houle au journal fondé par Hubert Beuve-Méry. Les deux discrets communiqués publiés dans l’édition du 30 juin, ne permettraient pas à un lecteur non averti de savoir qu’il est question d’une lutte pour l’indépendance éditoriale, l’objectivité et la liberté du journal. Des valeurs fondamentales pour un papier qui symbolisait la référence, avant d’être abîmé par le mécano financier de Minc et consort.

 

Il n’est pas neutre que la Société des Rédacteurs du Monde (SRM) se soit opposée en bloc à la reconduction d’Alain Minc à la présidence du Conseil de Surveillance du Monde. Il n’est pas neutre que Minc tente de passer en force pour s’imposer sans majorité, se faisant élire par les actionnaires extérieurs au journal contre la Société des Rédacteurs. Minc, dans une interview à Rue 89, explique qu’il ira en justice pour faire valider son élection, reprochant aux journalistes d’être des putschistes.  En effet, les rédacteurs sont des putschistes qui se battent contre l’allégeance au pouvoir en place (quel qu’il soit). Ce sont des putschistes de la plume, qui pensent que la valeur d’un journal tient dans la qualité de ses articles, et non par les jeux de connivences et la fuite en avant capitalistique…

 

Alors, M. Minc, si vous aimez le Monde autant que ses lecteurs, eux qui sont extrêmement attachés à l’indépendance, aux valeurs et à l’éthique du journalisme, quittez-le ! N’abîmez pas plus longtemps un outil d’information imparfait (cf slim brain), mais qui reste un des rares titres où les journalistes ont plus de poids que les financiers.  En ces temps de turbulences et de reprises en main des médias, il est urgent que Le Monde redevienne ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être : un quotidien libre et indépendant. Si vous restez, ce journal ne vaudra vraiment plus son prix…

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

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