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C’est la lecture du blog de Catherine Guibourg qui me fait revenir aux fondamentaux de Passerelles d’Héloïm : l’Europe. J’étais trop occupé d’affaires européennes justement, pour m’être penché sérieusement sur le nouveau « traité modificatif » qui doit remplacer le traité établissant une constitution pour l'Europe, devenu caduque en partie à cause du Non français de 2005.

 

J’invite les curieux à visiter la page très pédagogique qu’a fait wikipédia sur ce projet de traité modificatif (reform treaty), dont le mandat a été finalement défini par le Conseil Européen le 23 juin à potron-minet, après un jour et demi d'intenses discussions. Ce traité ne deviendra définitif qu’après la Conférence intergouvernemental de Lisbonne à l’automne. Il contiendra deux clauses essentielles :

-         une modifiant le traité sur l'Union européenne (traité UE, à l'origine le traité de Maastricht) ;

-         une modifiant le traité instituant la Communauté européenne (traité CE, à l'origine le traité de Rome de 1957).

Le traité sur l’UE conservera son nom actuel, le traité sur la Communauté Européenne deviendra « un traité sur le fonctionnement de l'Union », l'Union étant dotée d'une personnalité juridique unique.

 

Ce traité modificatif est tout sauf simplifié. Quoi qu’en ait dit et écrit les médias français, notre omniprésident n’a pas été le sauveur d’Europe, ce superman au chevet d’une union au bord de l’implosion. La lecture de ce « traité modificatif » est très fastidieuse, et la tractation de juin accouche d’une Europe complexifiée, dépourvue de symbole et de projet.

 

Un compromis exige toujours des sacrifices, mais que reste il quand on a sacrifié l’essentiel ? Est-ce que la charte des Droits fondamentaux fait parti de notre héritage vivant des valeurs de l’Union, ou est-ce seulement les britanniques qui n’en veulent pas ? Des Droits fondamentaux à géométrie variable, cela a-t-il encore un sens ?

 

Dépouillés de nos valeurs communes et des symboles européens (drapeau et hymne), j’ai l’horrible impression de me retrouver nu comme un ver nationaliste, détroussé de ce qui faisait corps et sens, de mon habit d’Europe fédérale en devenir. Que reste-il en partage, européen, si ce n’est le nationalisme ?

 

En son temps, je m’étais insurgé contre l’image du plombier polonais véhiculé pour les tenants du Non au TCE. Plus tard, je m’étais interrogé sur cette Pologne, terriblement malade de son nationalisme. Présentement, je reste interloqué du soutien plus ou moins explicite de la France aux positions de Varsovie. « Pour ne pas laisser de côté le plus grand pays d’Europe de l’Est » avance notre diplomatie omniprésidentielle. Mais est-on encore un grand pays, quand à la table des 27 où la Présidence est allemande, le 1er ministre polonais est capable d’avancer l’odieux argument que « si les nazis n’avaient pas exterminé tant de polonais, on serait 60 millions et pas 38 ! » ? Comment la France a-t-elle pu laisser insulter de la sorte l’Allemagne ? Quand on sait ce que le candidat disait à Nice (« Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale, … »), il n’y a pas lieu de s’étonner que le président des français laisse dire de telles infamies.  Pour ma part, je le déplore.

 

Européen de valeurs, de cœur et de raison, j’ai l’amer impression de m’être fait volé (violé) au dernier Conseil Européen.  Le bon docteur Sarko nous aura fait boire le calice du compromis jusqu’à la lie, avec un grand sourire pour faire passer le médicament. Mais le nouveau traité modificatif est un poison lancinant qui a déjà tué le rêve des pères fondateurs. Gageons qu’il finira par occire l’utopie d’intégration européenne, si nous n’y prenons garde. 

 

 

 

Tag(s) : #Europe

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