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Les boursicoteurs passent un été pourri. Comme le gratin de la finance ne travaille plus guère (trop riche pour ça), et que son goût des vacances se prolonge de janvier à décembre, ce n’est pas le manque de soleil à Paris ou à Londres qui est en cause ;-). Pour les petits porteurs, aurait-on oublié de leur dire que c’était à leurs risques et péril, aux profits de gargantuesques oligarques qui vont de paradis fiscaux en paradis fiscaux ? Ainsi, le « boursomètre » planétaire dévisse de jour en jour, c’est le feuilleton de l’été. Un gros orage financier né aux USA, où l’effet papillon joue à plein. Que les pauvres ricains ne peuvent plus faire face à l’échéance de leur logement, que le marché immobilier se retourne, et c’est toute la planète financière qui convulse.

Même si Harry Potter fait un tabac, l'oligarchie financière n'est pas une caste de magiciens. Ainsi, dans la torpeur d'août 2007, on découvre « finalement » que l'on ne peut réclamer un rendement financier annuel de 15 %, quand l'économie réelle (croissance mondiale) croit de 5 %. Sans compter qu'il y a une déconnexion entre les volumes brassés par la financiarisation (bourses, hedge funds, ...) et ceux de l'économie réelle (création et échange réels de biens et services). Sans même poser les limites en ressources (énergie et matière première), le changement climatique, ... il n'était pas besoin d'être devin pour savoir qu'un "réajustement" allait se produire. Alors, l'été noir de la finance 2007, pourquoi pas, cela aurait pu tout autant intervenir en septembre où décembre. Et il pourra y avoir d’autres réajustement, le fondamental, c’est de sortir du rêve : 5 % ne peuvent donner 15.

On peut tout de même se poser des questions. Pourquoi la BCE a injecté plus de 200 milliards d'euros pour sauver les banques et établissement financiers européens exposés au risque des subprimes US ? Le périmètre « total » de ce risque étant évalué à 100 milliards de dollars US, pourquoi injecter autant d’euros ? Comment se fait-il que les banques européennes de Mme Machut, M. Gordon, Mme Schmitt ou M Gonsalez, aient traversé l'Atlantique pour faire des placements spéculatifs, tout autant juteux qu’hasardeux ? Pourquoi des banques dont les résultats récents débordent déjà de profits - multiplication de leurs résultats par 20 en 10 ans, des principales banques françaises - sont elles aller spéculer sur le dos des pauvres américains ? Elles ne se payaient pas assez grassement sur nos opérations courantes qu'il leur fallait en plus, un jus de bonus spéculatif ?

Ce réajustement est peut être la première carte du château de la financiarisation planétaire qui tombe. Sera-t-elle se limiter à ce sous segment ou entraînera-t-elle d'autres étages du château ? Comment impactera-t-elle l'économie réelle ? Et si les chinois en profitaient pour vendre une part significative de la dette des USA qu’ils détiennent en bons du trésor, comme le bruit cours, les américains riraient-ils encore plus jaune dans la guerre économique ? Que devient la promesse électorale d’être tous propriétaires, chère à notre omniprésident ? La bulle immobilière va-t-elle également éclater en Europe et en France ? Comment financer les cadeaux fiscaux de l’omniprésident avec une croissance en berne ?

Si ce minicrack boursier est flagrant, il ne sera pas au grand détriment des entreprises, qui ont par ailleurs besoin d’investissements. Car si l'économie réelle a besoin de fonds (mais aussi de confiance, de rentabilité et de temps), elle peut parfaitement se passer des parasites financiers qui spéculent aujourd'hui sans penser à demain. En revenir à un capitalisme de bon père de famille, est-ce la leçon de l’été 2007 en attendant la prochaine convulsion pour une prochaine leçon (le monde n’apprenant que des crises, et encore, pas toujours, …) ? Les boursicoteurs passent un été pourri et je n’ai aucune compassion ;-)

Tag(s) : #heloim.sinclair

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