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En Seine Aval, à Poissy en Ile de France, on aime l’architecture. Peut être parce que Le Corbusier a décidé d’y édifier La Villa Savoye à la fin des années 30, un des canons de l’architecture du siècle précédent, symbole de l’ère industrielle. Toujours est il qu’en ce début de 21ème siècle, où l’heure est au développement durable, les édiles du Mantois ont lancé THE Global Award For Sustainable Architecture.

 

Le but de ce concours d’architecte est d’honorer chaque année un architecte contemporain qui s’est engagé sur la voie du développement durable. A croire qu’ils soient si peu nombreux en France, ces architectes du vivre dans la problématique climatique, qu’il faille lancer un concours international pour construire chaque année un bâtiment qui entrera dans la Collection Manifeste de l’architecture du 21ème siècle.

 

L’architecte récompensé aura du témoigner, par sa démarche, ses recherches et ses réalisations antérieures, d’une architecture contemporaine rationnelle qui soit :

- actrice d’une société éthiquement, civilement, socialement consciente

- innovante dans le domaine de l’écologie, des énergies, des matériaux, des technologies

- progressiste par de nouveaux standards d’habitat et d’équipement

 

Les cinq nominés pour l’édition 2007 du Global Award sont :

Stefan Behnisch – Germany

Balkrishna Doshi – India

Françoise-Hélène Jourda – France

Hermann Kaufmann - Austria

Wang Shu – China

 

 

Bien évidement, on ne peut que féliciter les édiles, qui à 25 km de Paris, ont décidé de distinguer ce qui relève du changement sociétal, ce qui marque la rupture de l’abondance énergétique, à la sobriété de l’usage des ressources. Parmi les nominés, le lauréat du concours recevra la commande d’un bâtiment de la part de l’Etablissement public d’aménagement du Mantois-Seine-aval (EPAMSA). L’idée est de créer une collection-manifeste de l’architecture à l’ère du développement durable, pour constituer une collection qui sera d’ici 2050, un musée à ciel ouvert de l'architecture.

 

Si l’on peut se réjouir de cette initiative, l’on ne peut que se demander si elle est à la mesure des enjeux. Car, le territoire du Mantois-Seine-Aval, ce sont 9 communes, 100 000 habitants et 600 hectares urbanisables. Avec un projet par an, que pèseront la cinquantaine de villa manifeste du développement durable, dans les autres projets de l’EPAMSA et des communes. L’esprit et les concepts du Global Award vont-ils percoler dans la politique global d’aménagement de ce territoire. Où en restera-t-on à la Collection Manifeste alibi ?  Sur la lancé du Global Award, peut-on imaginer que les futurs projets de l’ANRU à Mantes la Jolie soient eux aussi des cas d’école d’exemplarité énergétique (ce qui n’est pas le cas actuellement) ?

 

On voit bien que la cinquantaine de villa manifeste ne pèse pas grand-chose, pour les enjeux énergétiques et environnementaux locaux, si elles ne diffusent pas leur aura de visionnaire, à l’aménagement du territoire de ces 9 communes. Au moins les Global Award auront permis de distinguer 50 architectes qui avaient rendez-vous avec leur temps.

 

Je voudrais conclure ce billet en poussant un petit coup de gueule contre les architectes français (moins quelques exceptions que je connais ;-). Ces artistes de la construction, bac ++ et l’égo à mesure, sont un bel exemple de nos intellectuels bling-bling, incapables d’être en phase avec la problématique contemporaine. On aurait pu espérer que ces concepteurs de l’espace, prennent à bras le corps les enjeux du changement climatique, inventent et réalisent des projets où l’on consomme moins pour vivre mieux. Et bien non, ces élites d’un peuple de maçon, sont presque au ground zéro des visionnaires. Si aujourd’hui, on compte 11 000 installateurs Qualisol, plombiers ou chauffagistes, compétents pour installer un chauffe-eau solaire, on sera bien en peine d’identifier plus d’une centaine d’architectes français capables de concevoir et réaliser des bâtiments à basse consommation. L’artisan qui n’a peut être pas sont bac, se retrouve être en avance de phase d’une caste d’artistes du concret, qui signent du plan sans réfléchir au cycle de vie du bâtiment. Un comble, non ? La demande récente de rattachement de l’ordre des architectes français, au Ministère du Développement Durable au lieu de celui de la Culture, témoigne d’une évolution des instances dirigeante du secteur. Mais le constat est là, triste. Nos architectes n’ont pas encore pris le train du développement durable (sauf exceptions). Borloo leur donnera-t-il le bon ticket  ?

 

 

Tag(s) : #Environnement

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