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"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c
'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le
contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l
'autre, l'homme est un pont."

Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

 

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Mercredi 5 septembre 2007

Le soleil a beau pointer le bout de son nez alors qu’on l’attendait plus tôt et plus chaud, la rentrée a un goût amer en Sarkocratie. Comme les écoliers commençaient à arpenter le macadam avec des cartables sentant le neuf, NS s’est transformé en ministre de l’éducation président du peuple d’enseignants, pour leur délivrer sa bonne parole en guise d’acte politique. C’est 850 000 nouveaux héros de la patrie vont recevoir dans leur boîte aux lettres personnelle, un laïus de 32 pages signé par l’omniprésident (écrit par H. Guaino) qui se paye de mots pour séduire. Une campagne de com ni plus ni moins, pour habiller la suppression des postes et poser la question du contenu sans aborder les moyens. Le Monde du 5 septembre nous dit que le coût de cette lettre omniprésidentielle devrait avoisiner les 500 000 €. Toutefois, au prix du papier (32 pages) et de l’affranchissement (pour plus de 850 000 exemplaires), le véritable coût est plutôt entre le double et le triple. Soit des contribuables lésés d’1 à 1,5 million d’euros pour le bon plaisir de notre omniprésident. A l’heure du dernier tiers, c’est amer ! Mais personne ne sait si c’est le Ministère de l’éducation qui paiera l’addition, où l’Elysée. Si l’omniprésident avait voulu se montrer moderne (et économe), il aurait du intervenir sur Daily motion ou You Tub, et envoyer en version électronique pdf sa missive éducative. Au lieu de cela, il se positionne en commercial du 20ème siècle, tout en endossant les vieux habits de Jules Ferry - 1883, ça remonte - pour vendre des valeurs avec des mots creux. Au final, ce sera quelques heures d’enseignement en moins dans les programmes, pour des dizaines milliers de postes équivalent temps plein économisés. Cqfd, c’est ça la réforme magique de Sarkozy pour l’éducation !

C’est bien, c’est mal, je ne puis juger sur pièce. Toujours est-il qu’avec toute la communication omniprésidentielle, le quidam ordinaire shooté à TF1-F2, doit avoir du mal à situer les enjeux et la réalité.

 

La rentrée, c’était aussi l’omniprésident à l’Université du Medef. Ok, c’était le 1er Président français à honorer un tel évènement de sa personne, mais avec un président de droite, c’est dans la logique des choses. Rien à redire la dessus. Le choc fiscal de la droite bling-bling était pour les organisateurs de cette université, il n’est donc pas fortuit que NS s’y retrouve pour dévoiler sa politique économique.

Il me plaît juste de souligner, que l’exhortation à ce point de croissance supplémentaire chéri (chimère sarkozyste) semble un peu ridicule, quand l’hypothèse du gouvernement de +2,25 % est sèchement contredite par la prévision de l’OCDE de +1,8 % du PIB pour 2007.

Il est un point pourtant tout aussi important, que les médias ont presque tous passé sous silence : la lutte contre la pénalisation du droit des affaires. J’avais pourtant cru comprendre qu’en sarkocratie, nous en étions à la tolérance zéro, au combat contre la récidive et la lutte contre la fraude. Et bien non, que les délinquant en col blanc se rassurent, l’omniprésident est là pour les protéger. Heureusement, le Canard Enchaîné du 5 septembre rappelle les propos de NS à l’université du Medef, qui voudrait mettre fin à la « guerre judiciaire sans merci » contre les patrons. Dans cette guerre cotre les créateurs de richesses, il faut repositionner l’ampleur du combat : 0,07 % des entreprises françaises persécutées par la police et les juges (2000 entreprises condamnées pour abus de biens sociaux et autres délits de sociétés en 2006, rapporté à 3 millions d’entreprises). Et pourtant, selon l’institut national des hautes études de la sécurité, la délinquance en col blanc représenterait la moitié de la facture globale du crime en France, soit 10 milliards d’euros. Les jeunes des cités doivent comprendre qu’en sarkocratie, il faut se convertir à l’abus de bien social, à la banqueroute et aux faux bilans, pour abandonner le petit larcin plus ou moins violent. C’est largement moins risqué.

 

recommander par Héloïm Sinclair publié dans : heloim.sinclair
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Commentaires

Il semble que le journal du soir, au gré d'une opinion du numéro daté du 8 septembre, lève un coin de jour sur cette dépénalisation du droit des affaires :

La pénalisation des affaires sur la touche, par Jacques Follorou

icolas Sarkozy a sonné la charge. Devant les patrons du Medef, réunis, jeudi 30 août, sur le campus d'HEC, le chef de l'Etat a dénoncé, sans réserve, "la pénalisation du droit des affaires". "C'est une grave erreur, je veux y mettre un terme (...). On ne peut continuer à mener aux entrepreneurs une guerre judiciaire sans merci", a-t-il lancé sous des applaudissements nourris. Pour lui, le juge est l'ennemi du patron. Pire encore, le magistrat mène des batailles qui ne sont pas les siennes. "La vérité, a assuré M. Sarkozy, c'est qu'un certain nombre de gens font appel au pénal pour obtenir un chantage."

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Cette vision peu flatteuse du rôle du juge financier dans notre pays a suscité peu d'échos parmi les magistrats, dont seuls deux syndicats ont souligné les risques d'une justice à deux vitesses. Les avocats et l'opposition ont brillé par leur silence. Pourtant, M. Sarkozy a livré une analyse édifiante. Le pénal financier n'aurait servi qu'à instrumentaliser la justice dans le cadre de bagarres industrielles. Et les magistrats n'ont de cesse que de fouler un terrain qui n'est pas le leur, en s'érigeant en juges de la bonne gestion. ...

La suite sur http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-951882,0.html

commentaire n° : 1 posté par : Héloïm sinclair (site web) le: 06/09/2007 21:17:56
Bonsoir
effectivement la question de la dépénalisation du droit des affaires doit être exposée dans les médias.
On "s'étonne" de ne pas voir cette question abordée dans les pages du Figaro... tenu par M. Dassault, Sénateur UMP...
commentaire n° : 2 posté par : Thibault (site web) le: 05/09/2007 23:18:12

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