Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J’ai passé une excellente semaine avec Patrick Viveret. Enfin, pas lui directement mais ses idées, développées dans un livre salutaire et brillant : «  Pourquoi ça ne va pas plus mal ? ». Coïncidences non fortuites, ces mots poursuivaient et entraient en résonance avec les récents posts, de père truc d’Allemagne, des rencontres d’Averroès, du siècle des vanités à celui de l’humilité…

 

Avec intelligence, Viveret propose un diagnostic inhabituel et pertinent des véritables maux de l’humanité, où l’histoire à la croisée des chemins pourrait voir l’homme précipité dans un monde du pire. A condition de sortir des dogmes hérités du 19ème siècle, Viveret, trace un chemin de possibles pour faire sortir l’humanité de son stade infantile, pour éviter qu’elle ne sorte de la route de l’évolution.

 

Loin du fatalisme ambiant, Viveret nous montre que l’humanité peut se sauver par la lucidité et la prise de conscience des manipulations dont elle fait l’objet. Nous pouvons, individuellement et collectivement, inventer une autre vision du politique, pleinement écologique, citoyenne et planétaire, qui placerait le désir d’humanité au cœur de sa perspective. Nous pouvons grandir en humanité et devenir pleinement sapiens.

 

L’essentiel des problèmes de l’humanité ne résulte pas d’absence de ressources monétaires ou techniques. Ce n’est pas une question « d’avoir » mais « d’être ». Les deux idéologies des 19ème et 20ème siècles (libéralisme et socialisme) ignorent le désir et l’angoisse, alors que ce sont des paramètres cruciaux qui régissent les sociétés autant que les individus. Leur point aveugle commun, c’est précisément que l’homme n’a pas que des besoins. Cet aveuglement est essentiel pour éclairer ce que cache le couple symétrique de la guerre économique et de la guerre de civilisation. Retenons l’hypothèse qui en résulte : la dépression nerveuse collective dans les sociétés d’abondance. Inadaptées parce que les corps sociaux sont encore organisés autour de la question de la subsistance et du travail, alors que le véritable problème (et la véritable alternative) est celui du pourquoi vivre et du savoir être.

Il est temps de sortir des logiques de peur pour chercher un mieux vivre planétaire. Le grand problème qui nous fait face, c’est de savoir que faire de notre désir et de notre conscience de la mort pour construire un voyage de vie passionnant, sur les plans tant individuel que collectif ?

Tag(s) : #heloim.sinclair

Partager cet article

Repost 0