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Période d’activité intense, j’écris moins. Pas envie de me regarder le nombril pour pondre un billet. Pas envie de sombrer dans la dictature du commentaire quotidien du sarkoshow. En période d’avalanche d’annonces omniprésidentielles quasi quotidiennes, prendre du recul est une activité nécessaire, pour ne pas étouffer la réflexion et confronter les mots au réel. Moins de billets pour plus d’oxygénation mentale ;-)

 

Ne pas avoir de télé chez moi, participe à cet exercice de non joggeur qui s’oxygène … Cela m’a évité de tomber sur le double rendez-vous en prime time, avec notre omniprésident. Evité le piège de la logorrhée sarkozienne, où le dire vaut faire et nourrit le mouvement, qui nourrit l’image qui nourrit le dire, ... Sur les JT de TF1 et France 2, l’omniprésident n’avait pas grand-chose d’autre à dire qu’à son habitude, et de fouler aux pieds la constitution de la 5ème République. Peu importe que l’article 20 énonce : « Le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation », et le 21 : « Le premier ministre dirige l’action du gouvernement ». Hors selon l’omniprésident en direct sur deux JTs :  « François Fillon et moi sommes interchangeables », entendez : je suis Président et 1er Ministre, et bien plus, investi par la légitimité suprême du 6 mai... Ainsi, le gardien de la Constitution française la transgresse allègrement. La 5ème république a fait long feu, sans être encore remplacée par une 6ème, prévue taillée sur mesure pour une présidentialisation du régime.

 

Ainsi, l’omniprésident a servi aux français un service après vente de sa politique gouvernementale, en diffusion œcuménique (public/privé) en direct à 20 heure. Une séquence de calinothérapie pour certains ministres, dont le 1er d’entre eux. Une séquence  de rassurance pour tous, « tout va bien chers français, je veux 3% de croissance, moins d’étrangers et plus de travail pour tous, et vous allez voir ce que vous allez voir, j’ai été élu pour ça ». Une communication bien rodée, qui répond en posant des questions pour éviter de répondre sur le fond à la problématique du réel. C’est lui devant et tous derrière : le Secrétaire Général et les conseillers de l’Elysée en gouvernement bis, le gouvernement officiel et les vrais ministres, les papillons du PS et d’ailleurs venus rejoindre la farandole de cour… Peu importe que le « choc de confiance » attendu des réductions fiscales (15 milliards), sera sans grand effet en plein renversement de conjoncture économique. L’omniprésident a dépensé avant l’été toutes les marges de manœuvre budgétaire, et se retrouve bien marri et dépourvu à l’automne, quand le temps des réformes de structure est venu.

 

 

Pour dire vrai, si j’ai évité le sarkoshow de jeudi, c’est parce que j’étais dans un train qui me ramenait d’Allemagne. L’absence de télé chez moi, c’est pour digérer les doses de pravda façon nouveau régime (Figaro, LCI, TF1, jt de F2, …) que je consomme – avec modération – quand je suis à l’hôtel en France ;-).

 

Donc, un séjour en Allemagne, pays dont la population n’est pas réputée pour son sens aigu de la critique, et qui n’est pas dirigé par une omni chancelière mais par un subtil jeu d’équilibres – à la tête de l’état fédéral (coalition) et entre le pouvoir fédéral et celui des länder (régions). Si je n’y ai pourtant pas rencontré d’ultra gauchistes, j’ai du répondre au fil des conversations, aux questions et à l’inquiétude de mes partenaires allemands. Ces représentants de l’industrie et industriels, s’interrogent sérieusement sur l’arrogance de notre omniprésident.

 

Quand Sarkozy a demandé cet été à Angela Merkel, de tancer son ministre des finances, parce que ce dernier avait l’outrecuidance de rappeler sans ménagements diplomatiques, l’alpha et l’oméga d’une bonne gestion (dette et déficit) à notre omniprésident, elle n’a pu que lui répondre que son ministre ne faisait de défendre la position allemande.

 

Les critiques constantes contre la BCE agacent de plus en plus outre-rhin, et pas seulement à Francfort. On ose écrire que le coq français ferait bien de faire le ménage dans son poulailler budgétaire, s’il veut avoir une once de crédibilité.

 

Mais, pour mes collègues allemands, la ligne a été franchie quand notre onmiprésident a remis en cause la politique énergétique allemande, leur demandant de revenir sur le choix d’abandon programmé de l’atome. Ce n’est peut être qu’une manœuvre dilatoire pour évincer Siemens des affaires nucléaires françaises et y faire entrer Bouygues au gré d’une redistribution des cartes, mais la stigmatisation des énergies renouvelables en martelant "qu’il n'y a personne qui peut imaginer que les éoliennes serviront à faire tourner toute l'Europe", ça passe mal.

 

D’autant que l’assaut atomique français n’en est pas resté au nucléaire civil. NS a  également proposé à Merkel que l’Allemagne pourrait considérer une prise de participation politique dans l'arsenal atomique français. C’est Der Spiegel qui a révélé cette info (article traduit en français ici). L’article du Spiegel fait aussi un tour des tracasseries politique franco-allemandes du moment. L’impression que nous sommes en train de nous éloigner de notre ami/allié stratégique en Europe, pour un suivisme atlantiste qui n’augure rien de bon. Les derniers exploits de notre ministre des affaires étrangères, Kouchner, avec sa visite en Irak et sa déclaration guerrière sur l’Iran, torpillent l’émergence d’une politique européenne étrangère. Le cavalier seul français s’accommode mal d’une prise de position concertée à 27, ou même à 6 ou 12.

Tag(s) : #heloim.sinclair

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