
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
Alors que Brice Hortefeux n’a expulsé qu’à peine 15 000 sans papiers, en retard sur l’objectif omniprésidentiel des 25 000 clandos pour la fin de l’année, que les moyens humains et financiers de la police et de la justice sont priorisés contre bataille de l’immigration au préjudice des justiciables français, et que cela ne choque pas la majorité de français, il est plus que temps que la résistance s’organise.
Ce n’est pas une question de bien pensance et de droits de l’hommisme, mais une question d’identité : l’humanisme français. Il faut sortir de l’hypnotisme médiatique du fait divers et des raccourcis, de la manipulation extrême droitière au nom de l’ouverture. La politique du chiffre qui broie l’humain, l’ADN comme honteux symbole législatif, le délit de facies, la rafle aux métèques, … ce n’est pas acceptable au nom de la France.
Il ne faudra pas compter sur l’opposition (laquelle ?) pour infléchir la tendance. Le temps de cerveau disponible pour de la propagande électorale, ça laisse des traces sociétales. Aussi, il n’est plus que temps que la mobilisation s’organise. Les Guignols de l’Info ne suffiront pas, dans leur exercice quasi quotidien des caricatures d’Hortefeux et de la politique omniprésidentielle sur le sujet, pour réveiller l’opinion.
Sans doute, il faudra compter sur la mobilisation des artistes, plus ou moins people. J’attends avec impatience que ce morceau inédit de Bénabar passe en boucle sur les radios, Le racisme pour les nuls, petite leçon en chanson simple et facile, en réponse à la propagande gouvernementale. Pour ne pas que la France dérape dans une politique extrême droitière qui banalise le racisme au quotidien, quand il ne le légitime pas. Nous avons besoin des artistes comme vecteur de résistance.
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