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Marseille se rêve ville du multimédia, avec un pôle d’envergure du côté de Saint Charles. Même nos nouveaux vélos en libre service sont pilotés par ordinateur, avec immobilisation à distance de l’engin vélocipède, en cas de disfonctionnement. Une ville moderne me direz-vous. Presque. Intéressons-nous au site internet de la ville de Marseille, au cœur de la démocratie locale. A l’heure de la révolution numérique pour les services publics, nous sommes encore très loin de l’e-démocratie dans la cité phocéenne ;-)

 

Si l’habillage graphique est plutôt sympa, l’architecture du site est complexe, et les fonctionnalités web 2.0 quasiment absentes. On n’échappe de peu au site de propagande électorale, le maire de Marseille n’a pas sa trombine en bandeau comme le PR. Si en page d’accueil, à la une, je peux suivre des reportages vidéos avec « Plus belle la Ville », impossible d’accéder à la vidéo du Conseil municipal en différé  du 1er octobre.

 

Pour faciliter votre navigation, vous pouvez choisir un profil, pour que les informations qui vous sont dédiées, vous soient plus accessibles. Bizarre cette catégorisation, je ne me retrouve dans aucune : Visiteur / Professionnel  / Journaliste / Nouvel arrivant / Jeune.   Simple citoyen blogueur marseillais, n’étant ni un visiteur perdu voulant visiter la ville, ni un professionnel en affaire avec la ville, ni un journaliste, installé depuis 5 ans déjà, et plus très jeune, j’ai du naviguer à l’ancienne, rubrique par rubrique.


Sur le conseil municipal, là où se décide la politique de la ville, l’accès aux délibérations est facilité par un moteur de recherche. Ainsi, j’ai pu découvrir que le 1er octobre dernier, la ville avait accepté un cahier de recommandations environnementales relatives à l’art de bâtir et d’aménager, dans la foulée de la démarche Plan Climat Municipal voté en mars 2007. Ce plan climat doit se traduire par deux documents évolutifs : un « Cahier de recommandations environnementales relatives à l’acte de bâtir et d’aménager », objet de la délibération du 1/10/07, qui est essentiellement à caractère pédagogique et incitatif. Et un « Référentiel de qualité des constructions », émettant des préconisations techniques minimales et chiffrées à prendre en compte par les aménageurs et les constructeurs. C’est bien évidement au niveau de ce référentiel que se situe les véritables enjeux.

 
Je n’ai rien contre un cahier de recommandations environnementales, catalogues de vœux déclinés par objectifs. Mais sans formuler d’exigences en termes de résultats, cela ne va pas fortement inciter la prise de conscience écolo de bétonneurs locaux. Que la ville souhaite être exemplaire, on ne peut que s’en féliciter, mais il y aura comme d’habitude loin de la coupe aux lèvres, face aux contraintes budgétaires et aux habitudes des services…

 
Ainsi, la contrainte environnementale dans l’art de bâtir et d’aménager à Marseille, ce n’est pas prêt d’arriver. Je vais être particulièrement attentif au 1er projet « d’éco-quartier » de la cité phocéenne. En effet, la Ville souhaite une application concrète et particulièrement poussée des recommandations environnementales pour les Hauts de Sainte-Marthe, une ZAC sur 150 hectares. Des recommandations, sans objectif de résultats dans un règlement de ZAC, auront-ils des résultats tangibles ? A évaluer.

 
Surtout que nous devrons attendre les résultats des premières applications du cahier des recommandations à des projets tels que la ZAC de Sainte Marthe, pour établir ce «Référentiel de qualité des constructions».

 

En résumer, la municipalité vient d’adopter un catalogue de vœux pieux, qu’elle recommande chaudement aux promoteurs. On attendra quelques années, on évaluera, et on imposera alors enfin des objectifs à atteindre. A ce rythme là, la réglementation thermique française devenue plus contraignante, imposera les critères que nous aurions pu exiger dès aujourd’hui.

 

C’est vrai qu’un cahier de recommandations environnementale, ça fait développement durable et c’est toujours bon à prendre avant les élections municipales. Pourquoi imposer aujourd’hui aux promoteurs les labels de haute performance énergétique, qui pourraient être exigés dans le cadre du Plan Local de l’Urbanisme ? Cela ne ferait qu’augmenter le prix des constructions, la maison brûle d’accord, mais l’obligation est renvoyée à plus tard… Ou comment paraître écolo sans déranger personne.

 

Pour illustrer de façon tangible ce manque de politique énergétique/environnementale locale, je vous renvois à la page du site internet de la ville : « politique énergétique ». Une vaste ambition que de préconiser la valorisation du potentiel solaire sur les îles du Frioul et de Planier, ça concerne epsilon de la population !!.Et se féliciter du seul Espace Information Energie marseillais, pour près d’un million d’habitant, c’est tout simplement ridicule. Que l’EIE Marseille rue saint jacques existe, c’est bien, mais nous devons avoir une ambition à la mesure des enjeux.

 

Et pour faire face aux enjeux de la maîtrise énergétique, se doter d’un espace information énergie (EIE) par arrondissement ne serait pas un luxe, A l’occasion, la CUM, pourrait se doter d’un véritable service énergie, et entamer une politique énergétique sur son patrimoine et celui des communes de la communauté. Il y a des millions d’euros, des GWh et des tonnes de CO2 à gagner tous les ans… Et si l’envie prenait la CUM ou la Ville de Marseille de mener des partenariats innovants, je connais moulte compagnies d’énergie (EdF, Gaz de France, Poweo, …) qui seraient partantes pour développer des actions gagnant/gagnant et ainsi générer des certificats d’économie d’énergie.

 

 

Allez, j’arrête de railler la ville, et propose des solutions et des pistes en partage ;-)

Tag(s) : #Marseille 2008 et au delà

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