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Est-ce qu’avant 1989 et la chute du mur, d’aucuns imaginaient que le communisme pourrait disparaître ? Etait-il possible, dans l’imaginaire collectif, de projeter le monde tel qu’il est devenu, très loin des certitudes ancrées d’avant 89 ? Sans doute non, les berlinois d’aujourd’hui circulent en longitude en toute liberté, ce qui était inimaginable avant, les cartes géopolitiques du monde ont été redistribuées, … Les certitudes de l’époque ont fait long feu.

 

De même, était-il possible au lendemain de l’écroulement de l’empire russe, d’imaginer que les véritables puissances émergentes du 21ème siècle seraient le quatuor des BRIC - Brésil, Russie, Inde, Chine ? Avec en arrière plan, le moyen orient comme arbitre et régulateur de la grande dépendance énergétique mondiale. Etait-il possible, au glorieux temps de l’occident conquérant et arrogant, d’imaginer que nous devrions en rabattre, d’être lucides sur nos faiblesses et dépendances ? Les certitudes de la fin du 20ème siècle sont en train d’agoniser.

 

Etait-il possible de construire une civilisation occidentale énergétivore et prédatrice, de plaquer sa matrice sur le monde pour épuiser au meilleur prix les ressources naturels, sans prendre jamais en compte les finitudes de ses ressources et leurs externalités ? Construire un système global basé sur des ressources énergétiques vouées à s’épuiser à moyen terme, alors que la demande ne cesse de croître, c’est à coup sûr, s’exposer aux risques. Risque de payer de plus en plus cher une ressource qui devient rare, risque de manquer du carburant de base pour le moteur capitalo-industriel. Pourquoi de fausses certitudes résistent, s’impriment dans une époque, pour essayer de maintenir et développer un système voué à l’échec ? Comment est-il possible que la question du « pick-oil » n’ait pas été intégrée dans le logiciel de gouvernance ? Comment a-t-on pu croire que le pétrole abondant et bon marché durerait tout le temps ? Pourquoi la question du « pick-oil » (ou pic de Hubbert) n’est-elle pas en bonne place dans tous les médias majeurs, débattue entre élus avec la société civile ?

 

Sans doute que nous étions enfermés dans une fausse certitude, qui commence à craqueler, comme le mur de 89… Le « pick oil », ce temps où les réserves arrivent à la moitié, et où la production diminue inexorablement est proche, peut être même dépassé.  C’est un tournant majeur pour notre civilisation, un bug que les élites n’avaient pas réellement envisagé. L’énergie, qui est au cœur de notre modèle socio-économique, va devenir de plus en plus chère et rare. Le pétrole sera plus lourd, plus profond, moins pur et son extraction plus difficile. Le débit va baisser jusqu’à l’inexorable déplétion, dans 40 ou 50 ans. La concentration des réserves va provoquer de très lourdes tensions géopolitiques…

 crude-oil.gif


Les modèles économiques, industriels, agricoles, vont être profondément bouleversés, les business plans révolutionnés... Voir le billet du toulousain Sébastien Bosvieux, Plus fort que l'héroïne, le pétrole. Avec le schéma ancien des fausses certitudes comme lunettes (énergie abondante et bon marché),  on ne peut regarder le futur et encore moins comprendre le présent. Il faut de nouvelles lunettes, et que nous anticipions au mieux les bouleversements à venir. Plutôt que de se bercer d’illusions collectives avec la croissance du PIB comme seule ligne d’horizon, le paramètre « pick oil » tenu pour négligeable, il est temps d’ouvrir les yeux. Dans une civilisation du chiffre et du prix, espérons que la barre des 100 $ US le baril servira de déclencheur. L’énergie fossile (pétrole/gaz) va devenir moins abondante et plus chère. C’est un paramètre fondamental qu’il ne faut plus ignorer.

 

Je suis prêt à parier que nos enfants nous demanderons pourquoi les voitures de plus de deux tonnes ont un jour été à la mode, et pourquoi nos immeubles « modernes » consommaient plus d’énergie qu’elle n’en produisait. Ils seront nés avec les nouvelles lunettes ;-)

 

Il s’agit aussi de mettre ces nouvelles lunettes pour regarder les rapports de géopolitique du passé proche et du présent. Là aussi, nous verrons que nous sommes à un tournant géopolitique. Très récemment, certains médias majeurs laissaient échapper quelques voix et sujets discordants par rapport au consensus médiatique sur les attentats du 11 septembre. La première télévision autrichienne diffusait 9/11 Mysteries. Robert Fisk, un des plus grands journalistes anglo-saxons, mettait sérieusement en doute la théorie du complot officielle dans les colonnes de The Independent. Je vous invite à lire l’excellent billet de Véda à Bruxelles, sur cette situation géopolitique incertaine. Cette autre vision du monde réel, qui rassemble l’analyse d’intervenants très crédibles, jette une lumière très intéressante pour comprendre l’enjeu de l’Iran, de l’Irak, de l’Afghanistan…

 

 

Pour habituer la vue à ces nouvelles perspectives, je vous invite à regarder ce documentaire très intéressant. "Oil, Smoke & Mirrors" ("Pétrole et écrans de fumées") donne une sérieuse analyse de la perception de notre monde présent et à venir, à la lumière des évènements imminents, non signalés et volontairement oubliés, des contraintes énergétiques mondiales. Au travers d’une série d’interviews extraordinairement informées et éloquentes, ce film montre que les évènements du 11 septembre et les poursuites de la soi-disant "guerre au terrorisme", peuvent être mieux compris dans le contexte plus large de l’imminence d’une crise pétrolière. "Oil smoke & mirrors" dépeint la culture de notre politique mondiale qui tragiquement, et pour quelque raison que ce soit, se dissocie complètement de ses valeurs fondatrices. Si les opinions présentées dans ce film peuvent d’emblée paraîtres peu rassurantes, il est une certitude que les défis évoqués ne peuvent être relevés et surpassés, seulement, et seulement si nous trouvons le courage de leur faire face. »

 

 

 


Les intervenants :

Julian Darley : Fondateur de l’institut "Post Carbon"
Michael Meacher : Parlementaire, et ancien ministre britannique de l’environnement
Colin Campbel : Géologue et membre de l’Association for the Study of Peak Oil and Gas
Chris Sanders : Economiste politique, membre de Sanders Research Associates
Paul Roberts : Journaliste, Auteur de "The End of Oil"
Nafeez Mossaddeq Ahmed : Analyste politique, auteur de "La guerre contre la vérité"
Andreas Von Bülow : Ancien ministre allemand des sciences et technologies
Philip J. Berg : Procureur, membre des Scholars for 9/11 Truth
Christopher Bollyn : Journaliste de chez American Free Press
David Shayler : Ancien membre du MI5, Officier du contre terrorisme
Webster Tarpley : Historien, auteur de "La terreur fabriquée, Made in USA"

  

Tag(s) : #heloim.sinclair

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