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Je ne suis pas élu de la république, mais le magazine des maires de France de novembre m’est tombé entre les mains récemment. Une revue très intéressante, où il y a moins de publicité que dans Elle, même si elle vendue au prix fort aux marchands d’eau, d’énergie et de travaux public. Pour le centenaire de l’association des maires de France, le magazine a produit un excellent dossier sur le statut de l’élu.

 

Une réflexion que je propose de partager ici, car la citoyenneté ne se réduit pas à glisser un bulletin de vote de temps à autre. En effet, si les édiles locaux seront renouvelés en mars prochain, il est sans nul doute une réalité qui ne changera pas : la captation du pouvoir par une fraction de la société française : les rentiers, les retraités et les fonctionnaires. Car le statut actuel de l’élu local n’offre aucune sécurisation matérielle. Ce sont donc ceux qui sont à l’abri du besoin (déjà riches, pensionnés, ou certains de retrouver un plan de carrière) qui sont mécaniquement candidats aux fonctions électives.

 

Cette mécanique institutionnelle n’est pas sans inconvénients, car la représentation sociologique de pans entiers de la société est écartée du jeu démocratique. Et cette surreprésentation d’une fraction au détriment d’une autre, n’est pas un gage que le mandat se déroule dans le sens de l’intérêt général (loin s’en faut). Ne sont souvent élus, que des gens qui ont déjà de l’argent, d’autres qui veulent en tirer profit par réseau d’influence interposé, ainsi que des retraités et des fonctionnaires en disponibilité.

 

L’association des petites villes de France (APVF) milite pour « moderniser l’exercice des mandats locaux », c’est même le titre d’un livre blanc qu’elle a publié en 2005. Pour l’association, il ne s’agit pas de professionnaliser la vie politique, mais de donner à plus de citoyens la possibilité d’exercer un mandat d’élu. Cette question est cruciale, et au cœur de la mécanique dénoncée plus haut. Depuis ce livre blanc, pas d’initiative législative particulière, on en reste à la loi de 1992 en attendant mars 2008 pour ouvrir une nouvelle fenêtre d’opportunité.

 

Il y a un revers de médaille à la politique spectacle (droite gling-gling / gauche caviar) en vogue sur la scène nationale (parlementaires, maires de grandes villes, présidents de régions, …), tandis que les élus locaux ont pour la plupart des indemnités plafonnées à 2 ou 3 fois le SMIC. On laisse croire aux français que les élus se bâfrent au frais de la république (depuis les frais de bouche de Chirac, ce n’est plus une légende), tandis qu’on est loin du traitement omniprésidentiel pour le traitement d’un maire d’une ville de 10 000 habitants (2047,45 € brut / mois).

 

Toutefois, si je milite pour la revalorisation du traitement des élus locaux, avec la mise en place d’un « contrat de mandat » et d’une règle de non cumul, il est tout aussi urgent de mener le grand chantier de la remise à plat du système existant. Combien coûte la superposition des organisations actuelles (municipalité, intercommunalité, syndicats locaux divers, …), combien de gaspillage pour cause de doublonnage et de complexité savamment entretenue ? Une mécanique budgétaire nouvelle et transparente doit être la matrice qui donnera naissance à un nouveau statut d’élu local. Augmenter les élus sans réformer le système n’aurait aucun sens.

 

Tag(s) : #Politique

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