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D’un commentaire de René laissé dans l’après midi, j’ai rebondi sur le blog de Jacques Boulesteix, astrophysicien et nouvelle plume de la blogosphère marseillaise. Marqué à gauche sans doute, du côté du cœur c’est sûr, l’écriture est agréable. Ainsi, le billet sur la dette de Marseille, de Boulesteix est il éloquent. La Ville de Marseille et la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, sont les championnes de France de l’endettement public. Une ardoise qui s’est considérablement alourdie sous l’ère Gaudin, la dette de la ville doublant presque, passant de 1352 M€ en 1994, à 2614 M€ en 2007. L’endettement par habitant serait de 860 € à Paris, 900 € à Lyon et  de 2250 € à Marseille. Si on cumule la dette de MPM, on atteint le chiffre record de 3400 € par habitant.

Plus que ce blog un peu partisan, c’est le lien vers le dernier rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la ville de Marseille, qui a attiré toute mon attention. Daté d’octobre 2006, c’est le rapport le plus récent de l’honorable institution qui évalue la « bonne » gestion du denier public par l’équipe municipale. Ce rapport devrait être en téléchargement sur tous les blogs relatant des municipales à Marseille. Pas besoin d’évaluation de l’efficacité des élus municipaux par un cabinet privé à la mode sarko, quand on a une si sérieuse institution à portée de clic.

 

C’est un véritable florilège, ce rapport de la Chambre régionale des Comptes,  « La Provence » devrait en publier les bonnes feuilles au titre de la démocratie locale. Sans vouloir jeter la pierre à une équipe municipale qui a relancé l’investissement (ce qui peut expliquer l’envolée de la dette), examinons comment nos UMPistes phocéens gèrent le fonctionnement de la municipalité. Des bons pères de famille, vous avez dit ? Jugez plutôt :

Ainsi de la masse salariale des agents municipaux fond beaucoup moins que prévue, bien que la ville ait transféré 1695 agents municipaux à MPM en 2001 : une diminution de 13 % des effectifs aurait dû entraîner une réduction de 6% de la masse salariale que l'on n'a pas constatée,(elle n’est que de 2,5 %, ndlr)… Les effectifs n'ont guère été réduits, en dépit des apparencesLa chambre remarque que la ville a employé, en 2004, 11 920 agents et 3 578 vacataires, soit au total 15 498 agents (sans compter les marins pompiers), nombre que la collectivité justifie en insistant sur la dimension sociale de sa politique. Comprenez, emplois de complaisance par copinage et piston, qui coûtent au contribuable marseillais près de 20 millions d’euros par an.  

Faut-il croire Gaudin et Muselier quand ils pourfendent les 35 heures ? Car il y a un régime très spécial des employés municipaux qui ont droit à une 6ème semaine de congés, dite semaine d’hiver depuis 1972. Avec l’application des 35 heures, on a gardé cet avantage pour y ajouter 12 jours de RTT. En plus de ces 12 jours, 5 jours sont attribués au titre de la régularisation de la semaine d'hiver, les employés municipaux marseillais doivent travailler officiellement 1560 heures/an. Ainsi la réduction du temps de travail élaborée au plan national étant moins avantageuse à la Ville qu'ailleurs, puisque le temps de travail y était déjà inférieur, il a été décidé d'un déplacement homothétique d'une amplitude identique, mais à partir d'une origine plus favorable aux agents. Les employés municipaux remercient chaleureusement le maire pour sa bonté et sa mansuétude qui va au-delà du socialisme ;-). La productivité en est-elle renforcée ?

Côté travailler plus pour gagner plus, la chambre a ainsi identifié 79 employés municipaux ayant accompli, un total de 42 842 heures supplémentaires pour un montant de 627 558,15 euros soit 21,71 % du total réglé durant l'exercice 2003. Ces 79 sont les stakhanovistes du vieux port ;-) Elle relève notamment le cas d'un agent administratif employé au cabinet du maire cumulant 1 400 heures supplémentaires (pratiquement le temps de travail annuel d'un salarié moyen) dont 672 accomplies de nuit, ou d'un agent d'entretien qui atteint le total de 1 142 heures supplémentaires.

Côté avantage en nature, il y a la voiture municipale mise à disposition (remisée en langage administratif). Et sur le sujet, la ville de Marseille est là aussi championne. Elle compte un parc de véhicules particulièrement fourni, de 1 107 véhicules. La collectivité a fait état de 337 voitures particulières remisées en 2003 et de 365 en 2004. Après la délibération de décembre 2004, les attributions de véhicules remisés ont augmenté, puisque 610 autorisations de remisage à domicile ont été octroyées en 2005. De manière plus anecdotique, la chambre a relevé le cas de personnes résidant au même domicile mais disposant de deux véhicules. La ville a toutefois manifesté son intention de rationaliser la gestion de cet avantage à l'avenir. Cette rationalisation sera la bienvenue, au titre d’une saine gestion et de la lutte contre l’effet de serre.

Côté frais de mission des élus, Marseille n’est pas dans les clous des bonnes pratiques, et c’est un laissez-faire très méditerranéen... Ainsi, parmi les pièces justificatives jointes à chaque mandat pour les exercices 1999 à 2003 figure parfois un certificat administratif signé du maire, souvent délivré postérieurement au déplacement à l'étranger de la délégation, attestant formellement la conformité de la dépense avec l'intérêt communal. Mais ce certificat manque fréquemment. Quelquefois, un ordre de mission signé du maire est joint, portant le plus souvent une date postérieure à la mission ou sans aucune indication de date. La procédure dérogatoire encadrant les déplacements des élus manque donc de rigueur et ne permet pas une information suffisante du conseil municipal.

 

Ces items de dérives municipales relevés par la Chambre Régionale des Comptes ne sont pas anecdotiques. Il n’y a pas de complaisance à avoir pour les mauvaises pratiques dans la gestion des deniers publics, quand on demande à tous de faire des efforts et aux contribuables de payer toujours d’avantage. 20 millions d’euros par là, 10 millions d’euros par ici, quelques centaines de milliers d’euros encore ailleurs, … le fonctionnement de la gestion de la municipalité, à de fortes marges de rationalisation et d’optimisation.

Tag(s) : #Marseille 2008 et au delà

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