
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
Affichez le CO2 !, une bombe judiciaire pour la publicité automobile, déjà en Belgique et bientôt en France et dans toute l’Europe
Petit histoire de l’entêtement d’un chercheur belge, écologiste et décidé à faire respecter la loi. Un petit David vert contre l’immense Goliath de l’industrie européenne automobile, les forces en présence sont disproportionnées, et pourtant, le citoyen pourrait gagner contre le lobby de la bagnole. Pierre Ozer, chercheur au département des sciences et gestion de l'environnement de l'Université de Liège, commence a gagné quelques batailles dans la communication, après avoir été débouté une première fois par la justice belge. Il n’en démord pas : la plupart des affiches publicitaires pour les voitures qui fleurissent ici et là sont illégales au regard de la loi. Un papier dans la Libre Belgique, un autre sur le blog de The Economist, un reportage télé au JT de la RTBF (voir après), …, il semble que les choses avancent. Et c’est tant mieux. On ne devrait pas tarder d’en entendre parler en France ;-).
Ne laissons pas Pierre Ozer seul dans son combat contre le Goliath du CO2, pour que l’industrie
automobile respecte la loi européenne. Pour cela, un site internet multilingues a été lancé par des ONG européennes. Affichez le
CO2, pour permettre aux citoyens européens de s’engager et de porter plainte aisément. Cette nouvelle forme de class action virale offerte aux européens, pour contrer le lobby
surpuissant de l’automobile, mérite d’être connue et relayée.
Boycotte du salon du livre parisien par des pays arabes à cause d’Israël
Ça fait toujours bizarre de voir surgir la bêtise parmi les gens de lettres. Ainsi, plusieurs pays arabes qui avaient prévu d’installer leur pavillon national au salon du livre de Paris comme habituellement, en appellent cette année au boycotte. Israël invité d’honneur du salon pour célébrer le 60ème anniversaire de l’Etat hébreu, s’en est trop pour eux. Ils appellent au boycotte. Si cet anniversaire n’est pas bien glorieux, il semble contre productif, inique et absurde, de boycotter cet évènement littéraire. Car aucun écrivain n’est assimilable à son Etat, et encore moins réductible à la politique de ce dernier. D’autant, que dans le cas d’Israël, certaines plumes sont particulièrement critiques vis-à-vis d’une politique qui éloigne de la paix. Boycotter, c’est ne pas vouloir entendre ces voix amies de l’intérieur d’un voisin devenu ennemi. C’est s’enfermer dans une posture antisioniste quasi antisémite, qui dessert la cause palestinienne et la paix au proche orient. Si les intellectuels des deux camps n’arrivent plus à se lire et ne cherchent plus à se comprendre, c’est à désespérer de l’élite ! La littérature est un art universel, qui devrait participer à l’effort de paix et non être instrumentalisé au profit du conflit.
Quelle sottise que ce boycotte, car en plus d’entretenir le conflit là où il ne devrait pas être, il prive les lecteurs et les libraires français de la littérature arable contemporaine. Ce qui à son tour, appauvrit le dialogue des élites cosmopolites et participe au choc artificiel des civilisations…
Comme antidote à ce choc, à voir, le fabuleux court métrage d’Ari Sandel, West Bank Story, casher compatible halal ;-). Une comédie musicale en forme de conte philosophique sur l’extrémisme, avec histoire d’amour et parodie en prime. Cliquez ici pour les 4 premières minutes, ici pour acheter le DVD ou en savoir plus.
Et comme le mal est sérieux et profond, que le
désapprentissage de l’intolérance n’est jamais fini, si ce court métrage ne
suffisait pas, faites un sot sur le site de cartooning for peace. "Dessins pour la Paix" est une initiative de
Plantu, née à New York en 2006 à l’ONU. Douze des plus célèbres dessinateurs de presse du monde entier ont participé ce jour-là à une conférence pour contribuer au «désapprentissage
de l’intolérance». La conférence était accompagnée d’une exposition de dessins. Quelques uns de ces dessins sont sur le net.
Fric frac chez les patrons français
Entre l’UIMM et le MEDEF, le torchon brûle. La métallurgie et son magot de plus de 600 M€, les retraits en liquide de 19 M€ pour fluidifier le dialogue social, le parachute retraite dorée de 1,5 M€ pour le président / délégué général / chef des voleurs nommé DGS, … la Laurence Parisot voit rouge. Comme on est entre gens de bonne compagnie, c’est à coup de mandats retirés, de plainte pour diffamation et de réunion des patrons du Cac 40 que l’assaut du Medef contre l’UIMM s’organise… La riposte est maladroite, les maîtres de forge ont du mal à comprendre que l’on a changé d’époque, et ne veulent pas en rabattre de leur superbe.
Pendant ce temps là, les ouvriers et employés ont du mal à boucler leur fin de mois, et les patrons de PME se demandent si nous n’avons pas les syndicats patronaux les plus bêtes du monde. Pour le moins, cette comédie de mauvais garçons au plus haut niveau du patronat français, ne facilitera pas le dialogue social, alors que l’inflation se fait plus pressante et que la croissance est en panne. Le patronat veut il rallumer la flamme de la lutte des classes en nous donnant un tel spectacle ?
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