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En passant ici ou , ou encore , de blogs en articles de presse (ici, ou ), partout, je rebondis sur le racisme administratif et politique de notre époque. Comme si la règle des papiers valides et le quota des 25000 expulsions de sans papiers, étaient devenus la norme sociale acceptable pour la société française. Comme si les électeurs du FN étaient devenus fréquentables, depuis que leurs idées ont été recyclées par l’UMP et mises en œuvre par Brice Hortefeux.

 

Que reste-il de notre capacité d’indignation et de révolte contre cette politique d’expulsion massive qui fabrique des drames humains ?

 

Permettez un parallèle avec les zozos de l’Arché de Zoé, libérés par la grâce de Déby et le zèle de Sarkozy. Ces pieds nickelés de l’humanitaire qui ont soulevé la France d’émotion et agité le chef de la sarkozie tout l’hiver, sont 6, et les JT en ont fait des tonnes pour réjouir la ménagère de leur libération, des héros ou presque … Condamnés dans un pays du tiers monde pour trafic d’enfants, ces « bons » français, bien blancs, ont recouvert la liberté en terre sainte patriotique. Cocorico, même enterrée, la françafrique élyséenne est vigoureuse et peut encore servir. Les 6 zozos disent merci et le bon peuple est soulagé. Bien joué Sarkozy.

 

Ces 6 pseudo-drames individuels de 6 français aventureux, pèsent bien plus dans la fabrique nationale d’émotion collective, que ces 25 000 autres drames bien réels des expulsés de notre « beau » pays. Trop bronzés, trop pauvres, pas assez gaulois, … le gouvernement français soutien le transport aérien avec ses charters de la honte. Il engorge les tribunaux, dépense sans compter pour chasser l’immigré dont le seul « crime » est bien souvent de ne pas avoir de papier en règle. Il faut qu’une famille saute d’une fenêtre à l’arrivé de la police, que des bambins dorment en prison, que des violences explosent dans les camps de rétention, pour que les médias traitent un peu des drames humains de cette politique d’expulsion massive. Si l’histoire de cette jeune veuve d’origine béninoise, bientôt expulsée car son mari bien gaulois a eu la mauvaise idée de mourir d’un cancer, fait le tour de la blogosphère et suscite l’attention des médias, peut-être que son dossier sera réexaminé et qu’elle sera régularisée.  

 

Mais pour combien d’autres renvoyés à leur misère loin de nos frontières, dans l’anonymat d’un système administratif déshumanisé, dans la quasi-indifférence des français de souche et d'adoption, dans le silence des élites. Sur ces 25000 expulsés, combien en renvoie-t-on à la mort, à l’oppression d’un potentat local ? Combien renvoyés vers la vie de caniveau ? De quel droit l’état français brise-t-il des vies dont l’histoire s’enracine en France ? Au nom de quelle identité à défendre ? En déshonneur de quelles valeurs ? Quels arguments, autres qu’idéologiques, fondent cette politique d’expulsion massive ? Comment résister autrement que par la dénonciation régulière de ce racisme malheureusement assumé par la république ? Y-a-t-il dans mon voisinage, une personne sur deux qui soutienne moralement et civiquement cette politique ? Que faire de mon droit de désobéissance civile, pour refuser qu’en mon nom, l’état se conduise de façon absurde et indigne ? Ecrire à mon député UMP pour l’interpeller ? A ces collègues pour leur demander des justifications inavouables ? Soutenir RESF ?

 

Un billet qui me laisse empli de questions et d’envie d’action, pour entrer en résistance active au nom de ma conscience républicaine.

Tag(s) : #heloim.sinclair

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