
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
Le gouvernement de l’omniprésident va de couac en couac. A peine la suppression du financement étatique de la carte Sncf famille nombreuse est annoncée, que déjà il est rétabli. Illico presto, avec 10 millions d’euros en plus des 70 millions qui ne seront finalement pas économisés, pour faire bonne figure … Le redéploiement des allocations familiales est annoncé à budget constant, tant qu’on se demande à quoi sert la réforme... On supprime plus de postes de profs dans les zones d’éducation prioritaire, que dans les beaux quartiers, ... En connivence Fillon et Borloo ont fait piétiner le Grenelle sur les OGM par le Parlement. NKM avale des couleuvres transgéniques et 78 % des français la soutiennent dans son combat sur les OGM. L’omniprésident a cédé à Monsanto. Quel sera le prochain lobby qui gagnera sur les promesses ?
Avec une réforme de l’état dont le dessein et les grandes lignes restent obscures et incompréhensibles au 1er anniversaire de l’élection de Sarkozy, les français ont sans doute l’impression de s’être fait gruger. L’ancien « ensemble, tout devient possible », se transforme jour après jour par une perte de crédit politique sur des peccadilles, et tout devient moins possible. Le gouvernement et la majorité ne trébuchent pas sur l’essentiel - réformer le pays et mettre fin au déficit chronique de 50 milliards d’euros - mais sur chaque pas, où des mesurettes d’économie provoquent des vagues dans l’opinion publique.
De perte de crédit politique en perte de crédibilité, sans projet de justice sociétale comme horizon politique (fut-il de droite), le gouvernement godille à l’oreille sondagière sous l’influence des lobbys, de couac en couac… Un an après ou presque de son accession au pouvoir, la droite bling-bling est une esbroufe.
La conjoncture économique s’est retournée, le pouvoir d’achat va être sérieusement attaqué (énergie, alimentation, santé, logement, …) dans les mois et les années à venir. L’omniprésident du pouvoir d’achat va devoir en rabattre, d’autant qu’il a 40 milliards d’euros d’économie à faire passer. Quand il sera revenu des obsèques nationales d’Aimé Césaire, poète qui a combattu ses idées d’identité nationale et ses paroles au karcher, Nicolas Sarkozy va essayer de passer son habit de président pour nous parler. L’homme de la rupture va nous dire que l’heure est grave, encore plus qu’un an avant, pour tenter de faire oublier qu’il gouverne de couac en couac.
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