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Les 40 ans de mai 68 sonneront d’ici quelques jours. La presse et les médias qui s’y préparent depuis des mois, vont battre au rythme de la commémoration « révolutionnaire », sans pouvoir liquider l’héritage qui s’est mué en conservatisme individualiste. Y-a même les jeunes conservateurs UMP des Grandes Ecoles, qui essayent de faire un hold-up sur les valeurs progressistes de 68. Un comble ! D’un autre côté, on commence à voir fleurir une allergie à Mai 68. Un refus des faux parallèles et des raccourcis biaisés, au nom d’un revival adouci à la gloire des papys boomers. Une génération qui impose un magistère moral dans les sphères du pouvoir économique, politique et médiatique depuis 30 ans, et qui de surplus nous impose aujourd’hui sa jeunesse évanouie/retrouvée par la magie de la commémoration, c’est lourd !

 

1968 et 2008 n’ont sans doute pas grand-chose en commun, si ce n’est le besoin de changement qui émerge « naturellement » sur les 5 continents. Cette fois, ce n’est plus la guerre froide, c’est l’effondrement du faux vainqueur de 1989, qui se répand de la crise des subprimes à la flambée des prix des matières premières, alimentaires et énergétiques. 2008, fin de l’arrogance du capitalisme financier, un nouveau système est à inventer. Ce n’est plus le temps d’envoyer le 1er homme sur la lune pour entamer une « guerre froide » des étoiles. C’est l’urgence de mobiliser nos énergies politiques, scientifiques, industrielles et financières, pour lutter contre le changement climatique et préserver l’environnement. Un basculement complet de notre complexe industriel et tertiaire doit nécessairement s’opérer, pour s’orienter vers les bio-industries et l’intelligence environnementale…

 

Le monde contemporain vit dans une crise systémique qu’il entretien et alimente, et qui commande le changement. Si le Club de Rome fondé en 68 a eut raison avant les autres, que le présent consacre ses thèses n’autorise pas le parallèle 68/2008. C’est une nouvelle histoire qu’il faut écrire au présent, dont le maître mot est « changement ». On l’a traduit en 2007 pour « rupture » en France, il se dit « change » dans la course à la Maison Blanche en 2008, se vit « cambiar » en Amérique du Sud et à Cuba cette année. Ce qui compte, c’est de se retrouver à un moment charnière, c’est de faire émerger un changement collectif par un engagement individuel. Comme le dit si bien Edgar Morin, « à force de vivre et de sacrifier l’essentiel pour l’urgent, on oublie l’urgence de l’essentiel ». L’essentiel est donc de participer au changement du monde, dont le système de gouvernance est à bout de souffle.

 

Ceux qui sont au pouvoir depuis 68, et même avant, ne veulent pas lâcher le gouvernail qui conduit le bateau de l’humanité vers les abîmes. Leurs logiciels politiques sont obsolètes, mais ils ne veulent souvent pas l’admettre. Alors, le seul parallèle 1968/2008 souhaitable, c’est un vent de contestation qui mette le « changement » à l’ordre du jour de tous les agendas.

Tag(s) : #heloim.sinclair

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