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Réforme des retraites, le bal des hypocrites

C’était inscrit dans la loi Fillon de 2003, pour faire face aux évolutions démographiques et assurer l’équilibre du régime général des retraites, le passage à 41 ans d’activité pour liquider sa pension à taux plein. Sauf qu’avec un taux d’emploi des séniors parmi les plus faibles d’Europe, cette mesure va pour l’essentiel diminuer les pensions sans allonger l’activité réelle des français. C’est donc une mesure en trompe l’œil pour un passage en force. Plutôt que d’afficher ouvertement une baisse des pensions, le gouvernement allonge virtuellement le temps officiel de cotisation que la plupart des séniors n’atteindront pas. L’emploi des séniors comme priorité du gouvernement, pour que beaucoup travaille au moins 41 ans,  je me marre…

Mais au bal des hypocrites, le gouvernement n’est pas seul. Les syndicats, atteints du syndrome du statu quo,  ne veulent pas bouger, ni sur l’âge ni sur le montant des pensions. Ainsi, le régime général des retraites déjà en déficit de 4 milliards d’euros, irait vers une faillite à moyen terme, après avoir creusé lourdement le déficit public, et alors que le pic de la masse des pensionnés n’est pas passé. Merci papa, maman, tonton, tata, quidam bientôt pensionnés, vous avez laissé le problème derrière vous.

Le temps de la conscience globale et citoyenne n’est pas encore venu en France. Faut-il en désespérer, en rire avec Plantu ? Les néo-séniors, gigantesque troupeau des papy-boomers ne veulent pas rogner sur leur niveau de vie. Sauf qu’il n’y aura pas de prince charmant pour payer la retraite des papys, et que c’est leurs enfants et petits enfants qu’ils acculent dans le piège d’une charge financière insupportable… Revoir l’assiette des cotisations est indispensable, fasse à l’évolution démographique.

 

L’Italie contaminée par le rêve atomique

C’est dans le supplément économique du Figaro daté du 23 mai, que j’ai découvert que l’Italie de Berlusconi allait relancer le développement du nucléaire en Italie. C’est une vraie rupture, 21 après que les italiens avaient dits non au nucléaire par référendum populaire, le Cavaliere  souhaite poser la 1ère pierre de plusieurs centrales atomiques d’ici 5 ans, pour que les 1ers électrons d’électricité nucléaire italienne arrivent d’ici 2015.

Le pays est sérieusement bousculé par l’évolution de sa dépendance énergétique. A plus de 80 % d’importation de sa ressource énergétique (gaz, pétrole, charbon, électricité), avec une facture énergétique annuelle qui va passer de 51 milliards d’euros à plus de 70 milliards en 2008 (4 % du PIB italien), l’augmentation du prix des combustibles fossiles risque de plomber lourdement l’économie transalpine.

Devant la Confindustria (le Medef italien), Berlusconi s’est donc fait le chantre de l’énergie nucléaire, réponse technologique massive pour sortir l’Italie de sa dépendance au carbone et au cours de l’or noir. Un leurre pour l’indépendance énergétique, l’uranium ne poussant pas sous les champs d’oliviers, il faudra bien l’importer. Un leurre pour le pouvoir d’achat des italiens. Car il faudra investir beaucoup (1,5 à 2 milliards d’euros par unité de 1000 MW) tandis que le déficit énergétique va déraper dans le même temps, et que cet investissement n’apportera un desserrement de la contrainte qu’après 2015. Quand le prix du pétrole double sur un an, 2015, c’est loin …

Selon la propagande officielle pro atomique, reprise par le Fig, les italiens seraient mûrs pour accepter aujourd’hui ce qu’ils ont refusé il y a plus de 20 ans. Le nucléaire est présenté comme le seul recours possible, alors que les solutions d’énergie renouvelable ne sont même pas abordées. L’Italie aura-t-elle les moyens d’honorer son engagement de 20 % d’EnR d’ici 2020, tout en relançant un programme nucléaire ? Son administration est-elle capable de gérer ces trois chantiers de front : efficacité énergétique, énergie renouvelable, et nucléaire ? Quand on voit comment les napolitains gèrent leurs simples déchets ménagers, véritable crise sanitaire et mafieuse, n'y a-t-il pas lieu de s'inquiéter de ce qui se passera avec des déchets nucléaires ?

 

« Locavore » vous connaissez ?  

 Le New Oxford American Dictionary a fait de « locavore » son mot de l'année 2007, selon un article du Monde, daté du 22 mai. C’est une nouvelle tendance américaine, « locavore » pour ne plus manger que ce qui est produit à moins de 100 miles (160 km environ). On peut faire confiance au dictionnaire pour détecter dans les mots, les évolutions sociales à l’œuvre. En 2006, il avait distingué « carbon neutral », commencement d’une prise de conscience environnementale de la Californie en passant par New York. Le début de l’aventure du renouveau solaire outre atlantique, et l’avènement de la Lexus pour les sociétés dans le vent. Donc, ce qui devient tendance aux USA (dans les milieux progressistes), c’est de manger ce qui est produit dans les fermes du coin, dans un rayon de 100 miles. Une façon pratique mais un peu expéditive d’être écologiste. D’aucuns disent qu’un verre de Bordeaux bu à New York dont la bouteille a été acheminée par bateau serait moins chargé de CO2 qu’un verre de vin californien venu par avion ou/et camion. D’autres, ailleurs, interrogent l’impact climatique du transport maritime (5% des émissions globales de CO2), largement supérieur au transport aérien (2 %). Problème de choix d'indicateur : que choisir ? La part dans la pollution globale ou la part ramenée à la tonne transportée ? Dans un cas on regarde l'impact réel, dans l'autre on relativise par rapport au volume transporté... Cornélien !

Mais revenons à notre sujet. Y a du vrai dans cette démonstration pragmatique du « locavore ». Juste qu’abandonner définitivement le chocolat, le café (l’huile d’olive quand j’habite à Paris ;-), … pour cause de production éloignée, me semble un sevrage difficile et pour lesquels je sollicite la clause d’exception. Une démarche alternative pour la pédagogie sociale, qui paraît plus simple que de calculer et d’afficher le CO2 de chaque aliment. Car ce calcul est une science complexe, qui va coûter. Raisonner par km parcourus par kg a le mérite de la simplicité.

Si « locavore » devient un phénomène social outre atlantique, José Bové et Jean-Pierre Koff vont pouvoir y devenir consultants et nous allons pouvoir y exporter le concept d’AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) ;-).

 

Tag(s) : #chronique de la semaine

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