Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La préoccupation énergétique est un des fils rouges de ce blog, un fil de vie depuis plus de douze ans. L’énergie est essentielle à notre civilisation, et je ne finirai jamais de m’étonner de l’inconséquence des prévisionnistes et de nos décideurs politiques. Comment a-ton pu se bercer si longtemps de l’illusion d’une énergie abondante et bon marché ? Pourquoi n’a-t-on jamais pris en compte que la rareté énergétique allait finir par arriver ?

 

En novembre 2007, un billet soulignait la nécessité de changer de lunettes pour regarder le monde de la nouvelle ère du pick oil. Avec le schéma ancien des fausses certitudes, on ne peut regarder le futur et encore moins comprendre le présent. Plutôt que de se bercer d’illusions collectives, le paramètre « pick oil » tenu pour négligeable, il est temps d’ouvrir les yeux. A l'époque, j'espérais que la barre des 100 $ le baril servirait de déclencheur à une prise de conscience énergétique. Nous en sommes à plus de 130 $ (plus de 90 €) le baril, et la société occidentale est bousculée par la crise de l'énergie chère. Elle doit se réinventer à grande vitesse, et nous devons payer le prix de l’inconséquence de nos aînés. Il ne faudrait pas que la pression sociale génère de mauvaises réponses politiques.

 

J'entends cette demande sociale (pêcheurs, rejoint par les routiers, ambulanciers, paysans, taxis, ...), cohorte des métiers impactés par le prix du baril. C'est même la société toute entière qui crie, et qui va crier encore plus fort. Car le transport et le chauffage sont des besoins essentiels jusqu'alors assurés massivement à base d'énergie fossile, parce que la société dégorge de plastiques et d’engrais, produits d’une économie fossile… Alors, cette poussée de fièvre sur le prix du pétrole ne va pas être socialement indolore. Loin s’en faut, tant elle remet en cause un modèle de développement qui s’avère périmé, dépassé par la réalité d’une énergie durablement chère et rare (en attendant l’avènement des énergies renouvelables). C’est une 1ère faiblesse qui apparaît dans la résilience d’une économie globale basée sur l’énergie bon marché. Ce n’est pas fini. Nous d’entamons un tournant majeur, les modèles économiques, industriels, agricoles, urbanistiques, vont être profondément bouleversés, les business plans révolutionnés, nos vies transformées.

 

Mais s’agiter pour essayer de réduire le coût de l’énergie fossile, comme le fait notre omniprésident, est vain. Bien entendu que l’effort public - l’impôt de tous - doit accompagner les transformations sociales, faciliter la transition énergétique pour amortir l’effet sociale. Mais pas à coup de baisse de la TIPP, de ristourne sur le gain de TVA, d’un nouveau fond à fond perdu pour subventionner la consommation d’énergie fossile. L’action publique doit s’orienter prioritairement sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, servir d’effet levier à l’investissement privé dans ces domaines. Subventionner des modèles économiques caducs serait plus que Shadokéen, c’est une absurdité économique qui grèverait dette et déficit publics, sans détendre notre dépendance à l’or noir. Une erreur profonde, comme réponse politique à la pression sociale.

 

Si l’essence devient plus chère, les gens achèteront des voitures plus petites, s’organiseront pour covoiturer, utiliserons les transports en commun autant que faire ce peut, redécouvriront les charmes du vélo, …, et/ou déménageront. Des secteurs entiers de l’économie (dont le transport routier de marchandise et l’agriculture) vont être révolutionnés. Les villes et l’aménagement des territoires vont devoir se ré-organiser. L’économie va intégrer le prix réel de l’énergie, celui de sa rareté. C’est le début d’une longue transformation sociale qui va durer 30 ans. La réponse politique ne peut être de vouloir s’opposer à cette transformation, en voulant faire perdurer ce qui ne peut l’être. Pas sur que notre gouvernement et l’omniprésident aillent dans le bon sens, ni même qu’ils soient capables d’affronter cette crise sociale majeure.

 

La seule bonne nouvelle du billet, c’est que la lutte pour l’environnement à trouver un allier important avec un pétrole cher. Enfin, devrais-je dire ! Car les bons sentiments de la lutte contre l’effet de serre n’auraient pas suffit à faire plier décideurs économiques et politiques. L’argument du prix est une langue qu’ils comprennent ;-)

 

 

Tag(s) : #Politique

Partager cet article

Repost 0