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Pour continuer et bientôt clôturer la chronique californienne inaugurée le 31 juillet dernier, quelques billets pour une chronique solaire d’outre atlantique, chez les progressistes. Ici, une première livraison sur le développement de l’énergie solaire en Californie, illustrée par l’impact de la contrainte politique californienne sur une compagnie d’électricité, et une actualité législative qui devrait démultiplier les initiatives locales.

Comment aborder le marché solaire américain ? Un amalgame de subventions, d’incitations fiscales et financières, d’obligations règlementaires qui émanent principalement des Etats et du niveau local. La Californie est un Etat historique et leader du développement de l’énergie solaire aux USA. Alors que le gouvernement fédéral n’a pas de programme clair et orienté sur le long terme afin de développer les énergies renouvelables, tout le monde est dans l’attente des élections de novembre, et plus prosaïquement, du renouvellement du crédit d’impôt de 15 % (plafonné à 2000 $). C’est la seule aide fédérale, et elle doit s’arrêter au 31 décembre si sa reconduction n’est pas votée.

 

Donc, si le solaire thermique se développe bien en Californie, d’autant mieux que le gaz est de plus en plus cher, c’est ici aussi le photovoltaïque qui attire les feux de la rampe. Peut être parce qu’ici, le « grid parity » est quasi atteint aux heures de pointe. L’électricité photovoltaïque est déjà compétitive par rapport à l’électricité conventionnelle du réseau à certaines heures de la journée. Peut être à cause de la « California Solar Initiative » (CSI) qui fait partie de la stratégie étatique d’installer 3000 MW de photovoltaïque d’ici 2017. Peut être à cause du site internet Go Solar California, site public d’information sur le solaire et la California Solar Initiative très complet, qui fait même gagner une voiture hybride cet été. Peut être à cause de Calseia, l’association californienne des professionnels du solaire

 

Sans doute à cause de tout cela et de bien d’autres choses encore. Toutefois, l’installation d’une installation photovoltaïque reste un acte militant pour gros consommateurs. L’absence de tarif d’achat de l’électricité solaire, fait que l’on autoconsomme sa production, et que l’on injecte gracieusement son surplus de production le cas échéant.

 

 

L’effet solaire du RPS : contraindre les compagnies d’électricité à verdir leur production d’ici 2010

L’effet du « California Renewable Portfolio Standard » (RPS,) qui exige des compagnies d’électricité de produire 20 % de la consommation de l’état d’ici 2010 à partir d’électricité renouvelable, est un véritable levier « politique ». La « California Public Utilities Commission » (CPUC), présidée par Mike Peevey veille au grain. Bien entendu, ce sont les technologies les plus compétitives qui ont aujourd’hui les plus grosses parts de marché de ces 20 % d’ici 2010 (hydraulique, éolien, sources géothermales, biomasse, biogaz), mais le photovoltaïque n’est pas sacrifié sur l’autel de la rentabilité, loin s’en faut. Il représentait 2,86 % de la production d’électricité renouvelable californienne en 2007.

Ainsi, la Southern California Edison (SCE), la plus grande compagnie d’électricité californienne, avait annoncé en mars 2008 le lancement d’un programme solaire pour installer 250 MW de photovoltaïque dans les cinq prochaines années. Le patron d’SCE, John E. Bryson  est un visionnaire pragmatique, sinon, il ne mettrait pas 825 millions de dollars (550 M€) pour ce méga programme solaire. Par l’effet d’échelle de ces 250 MW, il compte réduire par deux le coût actuel d’une installation PV en Californie et atteindre 3,5 $/W installé (2,33 €). De plus, ces centrales solaires fournirons de l’électricité propre en milieu urbain au plus près du consommateur, aux heures de pointe dans les zones où la croissance (et donc la demande en électricité) est la plus importante, sans pertes de transport, sécurisant ainsi la fourniture du réseau. Ainsi, avec 250 MW de PV, Edison se rapproche peu à peu de l’objectif RPS, tout en s’inscrivant dans la politique environnementale de l’Etat Californien, et plus spécialement, dans le programme Million Solar Roofs qui apporte des aides pour l’installation.

JE Bryson avait annoncé en mars que ses premières centrales solaires urbaines seraient en service dans l’été. Il tient parole. Ainsi, SCE  a annoncé le 16 juillet dernier, le début d’un projet concret de 2 MW à Fontana, équivalent à la consommation à l’heure de pointe de 1300 maisons dans ce sud de la Californie. Là, SCE débute l’installation de 33 000 panneaux solaires sur un centre logistique, le 1er des 150 autres centres commerciaux qui devraient être prochainement équipés. Le chantier dure 45 jours, et les premiers kWh solaires seront délivrés dans les premiers jours de septembre. C‘est la compagnie First Solar, qui fournit les panneaux photovoltaïques à couche mince pour ce chantier.

D’ailleurs, un détour par le site internet de First Solar nous apprend que ce n’est pas le seul projet que la compagnie solaire de l’Arizona a avec SCE. En effet, le 10 juillet dernier, la « California Public Utilities Commission » a approuvé le projet sis à Blythe, pour fournir pendant 20 ans à SCE de l’électricité solaire à partir d’une centrale au sol de 7,5 MW, avec une option pour 21 MW.  First Solar réalisera l’ingénierie de projet et sa réalisation, fournira les panneaux et exploitera la centrale. Le début des travaux de la centrale de Blythe est prévu en 2009.

 

Une nouvelle loi pour donner la possibilité aux villes californienne d’aider le solaire et les économies d’énergie.

Le 21 juillet dernier, avec l’Assembly Bill 811, le gouvernement de Schwarzenegger donne la possibilité aux villes californiennes, de proposer des prêts à intérêts réduits pour les foyers et les petites entreprises qui s’équiperaient en photovoltaïque ou en équipement d’économie d’énergie.

Tag(s) : #Solar Buzz

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