
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
Le mot « brèche » date du 15ème siècle et signifie à l’origine, une ouverture produit par force ou par accident à ce qui clôture. Une spécification militaire qui demeure dans l’expression « être sur la brèche » : c’est être en pleine activité, dans le feu de l’action, pour prendre ou défendre un fortin.
Débarrassée de ses origines martiales, j’aime l’expression «être toujours sur la brèche ». Elle me va bien, narquois d’utiliser mon énergie non point pour défendre une palissade, mais pour faire tomber des murs invisibles. Battre en brèche, au sens littérale du terme, les arguments éculés et les simplifications mensongères. Comme en alerte quasi permanente, l’esprit en ébullition, ingérer, traiter, régurgiter le flux d’informations et d’émotions, aller à la rencontre des idées et des autres … D’où me vient ce feu qui brûle en moi ?
« Faire de la vie un feu de joie, et de la mort, un feu de paille », comme chantait Claude Nougaro. Incandescence où tout deviendra cendre, à chacun de choisir l’ardeur de la flamme : festive, ondoyante, et même extase, … ne supporter aucun couvre feu jusqu’à l’extinction définitive de la lumière.
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