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Je n’avais pas fini de cette semaine écoulée et de l’actualité retenue. Trop nombriliste avec ce regard porté sur une France qui gravite autour de NS. J’avais omit de prendre la hauteur du dépassement des frontières. Il y a bien entendu l’Europe du Boson,  cette recherche vers le début de la création que l’on tente au CERN, pour débusquer le boson de Higgs, cette particule qui conférerait une masse aux autres particules.  Et puis, je voudrais revenir sur la nationalisation de Fannie et Freddie, ces deux piliers du système immobilier américain passés dans le giron public. Bush qui fait dans le « socialisme », c’est une rupture qu’il fallait relever.

 

L’Europe à la recherche des “particules de dieu

La plus grande machine scientifique de tous les temps, « la machine à expliquer l'Univers », c’est tout de même autre chose qu’une visite papale. La presse internationale en fait de gros titres, largement au-delà des revues scientifiques spécialisées. Ainsi, Newsweek et sa couverture : « la plus grande expérience jamais conduite. Et elle est européenne ». D’autres réveillent la peur du trou noir, et fantasment qu’il pourrait avaler la terre. Va-t-on trop loin dans la recherche de connaissance sur ces “particules de dieu”, dont le nom scientifique est boson de Higgs ?

Il n’est pas anodin que ce soit en Europe, que l’on ait rassemblé plus de 3,7 milliards d'euros pour investir dans cette recherche sur les premiers instants de l'univers. Recherche fondamentale, pure, sans retombées industrielles concrètes à court et moyen terme. C’est une nouvelle étape d’un chemin de la connaissance commencé il y a bien longtemps, des siècles pendant lesquelles la terre s’est arrondie, l’évolutionnisme a été démontré, l’infiniment petit et grand repoussé toujours plus loin, l’énergie et la mécanique quantique mises en équation, ... En Europe, le créationnisme n’est pas en vogue, nous avons la raison en partage et ce goût immodéré du questionnement, cette envie de découvertes qui a fait évoluer notre vision du monde maintes fois depuis des siècles. L’Europe peut être fière d’elle-même, quand elle associe les meilleurs éléments des états membres, ses forces créatives. Elle est capable d’être le premier « pays/union » du monde dans bien des domaines, quand elle sait se rassembler dans une unité en constante émulation, comme pour la connaissance du boson.

 

Je rebondis sur cette Europe puissance quand elle est rassemblée en une unité émulative face à de grands enjeux, pour attirer votre attention sur un papier de François Chérèque et Nicolas Hulot. Si la recherche sur les particules de dieu est sans nul doute fondamentale, la portée reste encore abstraite. L’on sait que l’on ne sait pas encore, et que si la connaissance survient/advient, elle posera de nouvelles questions, …  Le concret de la lutte contre le changement climatique et l’adaptation aux crises énergétique, alimentaire, financière, sociale, … démontrent que « nous avons plus que jamais besoin d'Europe. C'est notre meilleur socle pour répondre collectivement aux enjeux de l'époque et construire un modèle de société qui mette enfin l'économie au service de l'humain ». Si nous savons ensemble nous rassembler pour découvrir les mystères de la création de l’univers, il n’y a pas de raison pour que nous ne puissions nous associer, et faire converger nos efforts pour inventer un futur soutenable et désirable pour l’humanité.

 

Fannie et Freddie, le « socialisme » contamine les USA

Fannie et Freddie, ce ne sont pas deux sympathiques personnages de dessins animés, mais les deux piliers de l’immobilier aux USA qui ont été nationalisés en début de semaine, par l’administration Bush. Vous avez bien lu, chez l’oncle Sam, pays qui fut prêcheur du libéralisme et du sacro-saint marché à la main invisible et pure, on a nationalisé deux piliers d’une économie libérale.

Libérale ? Pas tant que cela, a y regarder de près. Jusqu’à présent, Fannie et Freddie étaient dans l’orbite de l’Etat américain, avec une ligne de crédit garantie par le Trésor américain. F&F jouissaient du statut bâtard de « government sponsored enterprise », soit « entreprise privée d’Etat ». Les actionnaires privés, géraient F&F avec le « golden parachute » de la garantie de l’Etat. Ils ont agit pour le profit (le leur) à court terme, faisant passer le portefeuille de prêts de F&F de 740 milliards de $US en 1990, à 5400 milliards. Multiplier par plus de sept l’engagement de F&F en 15 ans, a nourrit la bulle spéculative immobilière. Plus F&F étaient exposés, plus elle « titrisait » de fausses promesses de profits à venir, plus sa valeur en bourse prospérait sans tenir compte des fondamentaux du marché immobilier. L’exposition au risque de F&F a gonflé la bulle immobilière et financière, et servait à alimenter la consommation intérieure, avec le crédit hypothécaire qui refinançait une société consumériste compulsive.

Puis la crise des subprimes est venue, faisant s’écrouler comme un château de cartes, le marché immobilier spéculatif et les banques impliquées. Des centaines de milliards de dollars sont partis en fumée, les promesses de profits évaporées, …La magie du capitalisme financier a été révélée : une promesse de bonimenteurs en col blanc déconnectés des fondamentaux, illuminés par leurs profits à court terme. Ces bonimenteurs influents ont joué pour leur profit à court terme, contre l’intérêt général à moyen et long terme, avec le confortable statut de « government sponsored enterprise ». Avec cette nationalisation, après la privatisation des bénéfices d’avant la crise des subprimes, on mutualise les pertes. Génial comme morale ! C’est le contribuable américain qui va effacer l’ardoise « magique » laissée par les bonimenteurs, des centaines de milliards de dollars.

 

Je ne sais pas si cette « solidarité forcée » va réconcilier les américains avec le mot « socialisme », mais ils se réveillent avec la gueule de bois. J’ai bien peur que la pilule soit difficile à avaler et que la facture pèse sur l’estomac pendant quelques temps.

Néanmoins, la fable de ce conte capitaliste moderne, c’est que l’on ne peut amasser trop longtemps plus de profits financiers qu’il ne s’en crée dans l’économie réelle. Il y a besoin d’une gouvernance publique et d’une véritable gouvernance actionnariale, pour que les investisseurs (privés) ne jouent plus le profit à court terme, contre l’intérêt général à moyen et long terme. Bref, il faut revenir avant l’âge de la créativité financière, où l’art des bonimenteurs s’est développé jusqu’à obliger à la mutualisation des pertes, tant la destruction de valeurs était gigantesque. Gigantisme des pertes mutualisées, après le gigantisme des gains privatisés. Espérons que cette nationalisation de F&F nous fasse tourner la page d’un monde financier devenu fou, pour revenir à plus de gouvernance pour un capitalisme orienter vers l’intérêt commun du moyen et du long terme. Une gestion de bon sens…

 

Tag(s) : #chronique de la semaine

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