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L’Europe est partout dans notre quotidien. C’est un projet singulier avec la paix pour ciment, l’intégration économique et politique comme moteurs, et le rêve d’une communauté de destin, capable de générer un nouveau paradigme social et culturel.

 

Sans doute parce que trentenaire, je baigne ans l’Europe depuis toujours, ou presque. Nourrit au biberon des comités de jumelage et des échanges scolaires, j’ai par la suite eu la chance d’être impliqué directement dans plusieurs projets européens, de profiter du tourisme paneuropéen, et cultiver l’amitié transfrontalière.

 

Il n’y a pas besoin d’être un fin stratège pour savoir qu’à l’heure de la mondialisation, il n’y a point de salut dans le nationalisme. Cette insularité nous confinerait à la marginalité, incapable d’influer sur les problèmes planétaires et continentaux. Le double mouvement, abandon d’une part de souveraineté nationale et subsidiarité d’application, est le seul qui nous permette d’avoir une prise « politique » sur des problèmes que nous ne pouvons définitivement pas gérer au niveau national. 

 

Les questions environnementales par exemple, en seraient restées en France à la part décisionnelle congrue, au Ministère 100 % alibi, … si la sagesse communautaire ne nous avait imposé des règlements et des directives pour nous aiguillonner dans des réformes indispensables, et dépasser les clivages archaïques.

 

D’aucun critique toujours les critères du pacte de stabilité, dits de Maastricht, cachant derrière cette excuse leur incurie à gouverner, ou à reformer. Le bouc émissaire est toujours communautaire, pour négocier le statu quo ou tenter de faire bouger les lignes.  Mais de quoi parle t on ? Du déficit, et plus encore de la dette que nous sommes en train de léguer à ma génération, et à celles qui suivront. Ce n’est pas l’Europe qui commande de ne pas alourdir aujourd’hui le fardeau financier, pour le transférer aux générations qui arrivent. Mais le bon sens, l’éthique, et la solidarité générationnelle.

 

Etc …

 

Les exemples sont nombreux, où c’est grâce à l’Europe que la France a été en mesure de s’adapter. Même si les politiques européennes ne sont pas exempte de critiques,  de partis pris,  de basses négociations entre pays membres, destinées à laisser du temps au temps... Quelqu’un pourra t il m’expliquer pourquoi l’agriculture représente encore plus de la moitié du budget communautaire, alors que nos stocks débordent, et que dans le même temps, l’intégration aurait besoin de s’accélérer dans tant d’autres domaines stratégiques (éducation, recherche, grands projets éco-industirels, culture, sécurité, …). La France n’y est pas pour rien dans cette affaire.

Et pourquoi refuse t on d’augmenter le nombre de fonctionnaire européen ? Sait on que c’est le meilleur moyen de priver les PME du soutien de la Commission, d’éloigner le citoyen d’institutions désincarnées ?

 

On le voit, la question n’est pas de dire oui ou non au traité constitutionnel européen. Ce texte, équilibré, est indispensable pour passer à la phase d’après, celle d’une gouvernance européenne en phase avec les enjeux du monde.

 

L’Europe a en quelque sorte (pardonnez mon ethnocentrisme), enfanté la mondialisation : conception de l’universalisme, découverte et colonisation de nouveaux « mondes », champ de bataille des deux seules guerres mondiales dénommées comme telles… L’Europe a créé l’homme tragique, pacifique, social, elle est porteuse d’un projet civilisationnel fécond.

 

C’est de notre responsabilité, la génération des jeunes européens, que d’incarner ce rêve, le faire-vivre, l’inventer, le régénérer. A l’échelle du monde, l’Europe représente un ensemble suffisamment homogène et complexe, pour fonder les bases d’une régulation adaptée, dans une mondialisation à assumer. 

 

 

Pour une Europe « talante »

 

J’aime bien cette idée de gouvernance « talante », développée par JLR Zapateros : ouverte et dynamique. Ce n’est sans doute pas un hasard si cette énergie, cette dynamique, nous viennent d’Espagne, alors que règne sur la France une dépression nationalo-pessimiste. Etre talante se fonde sur le dialogue et la passion pour construire un projet d’avenir plus juste, par et avec des hommes et des femmes en phase avec la réalité de leur temps.

Regarder et essayer de comprendre l’Espagne permet de voir, par un jeu de miroir et en creux, notre triste réalité hexagonale : chacun communique sans écouter l’autre (gouvernement, syndicats, partis, …), il n’y a pas d’autre projet que de conserver les acquis sans jamais renouveler les idées, et nos élites sont pour la plupart, vieillissantes et « franchouillardes »…

 

 

 

Définitivement, le seul engagement possible, c’est l’Europe et le oui !

 

Il nous faut transcender nos différences héritées de l’histoire, dans le faire ensemble et la recherche de solutions communes. Comprendre nos différences, explorer la culture des membres de cette communauté en devenir pour y déceler ce qui nous rassemble, entretenir le dialogue permanent qui est au cœur du principe d’humanité.

 

Revendiquer et construire ce projet européen d’un avenir plus juste, est une mission de nécessité et d’ampleur historique. Il est temps d’inventer ensemble une politique européenne civilisationnelle.

 

 

 

Tag(s) : #Europe

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