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La crise financière mondiale, qui occupe tout l’agenda politique mondial depuis plus d’un mois, risque fort d’avoir des dommages collatéraux sur la lutte contre le changement climatique, en Europe et en France, sans parler du reste du monde.

Alors que le plan de lutte contre le réchauffement climatique doit être examiné par le Conseil Européen des 15 et 16 octobre, les syndicats patronaux allemands et italiens ont sonné la charge contre ce plan : « la croissance et l’emploi seraient menacées si l’industrie européenne devait supporter de nouvelles réglementations concernant l’environnement ».

Le Medef français entonne la même chanson, mezzo voce, dans les couloirs de l’assemblée nationale, alors que le texte 1 du Grenelle est sur le grill parlementaire, et que la France préside l’UE. Borloo a beau faire son show pour une croissance verte, les grands acteurs économiques voient la récession en ligne d’horizon et considèrent la protection de l’environnement comme un luxe de bourgeois-bohêmes, trop cher !

Pour ces syndicats patronaux qui vantaient hier l’efficacité et la sagesse de la main invisible du marché. Pour ces mêmes qui prêchaient pour la libéralisation et la financiarisation du monde, la contrainte environnementale serait trop lourde à porter aux lendemains de cette grande crise du capitalisme (dont nous ne sommes pas encore sortis). Peu leur importe que la crise du changement climatique sera bien plus dévastatrice et coûteuse que cette crise financière. Pour eux, il est urgent d’attendre pour légiférer sur l’environnement, et ainsi continuer à polluer sans entrave, avec le chantage à l’emploi comme refrain.

Ces messieurs qui se précipitent dans les jupons de l’Etat pour faire éponger par le contribuable leurs gabegies financières, ne veulent pas être entravés par de nouvelles règles de bien commun. La qualité de l’air et des rivières n’étant pas encore quottée en bourse, occupons de la seule urgence qui vaille : continuer de faire du profit. Un jour le contribuable paiera au centuple et plus, pour restaurer l’environnement abîmé par cette croissance carbonée et toxique…

 

Citoyen et contribuable, je ne peux accepter que la crise financière éclipse la lutte contre le changement climatique. Continuer avec la relance d’une croissance carbonée et toxique ne sert à rien pour l’intérêt général, bien au contraire. Le Medef, et les parlementaires UMP (mais aussi PS) qui refusent la croissance verte en déshabillant la loi du Grenelle de l’environnement, sont anachroniques. Nous avons changé d’époque, il faut ré-inventer notre modèle économique pour qu’il prenne en compte les atteintes à l’environnement local et global.

 

Tag(s) : #Environnement

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