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La crise, en revenir aux fondamentaux linguistiques

De semaine en semaine, la crise financière émaille l’actualité quotidienne. L’issue est improbable, malgré les milliers de milliards d’euros et de dollars publics déversés dans le trou noir du manque de confiance. Crise, crise, crise, … rabâchement d’un mal encore virtuel, finance mondiale qui plonge et s’évapore, la crise va durer longtemps quand elle aura muté en récession sévère.

L’étymologie du mot « crise » nous apprend, selon Le Robert historique dirigé par Alain Rey, que ce mot féminin est apparu au 14ème siècle, emprunté au latin impérial crisis au sens de « phase décisive d’une maladie ». On attendra le 17ème pour l’étendre au domaine psychologique. De là, l’accent étant mis sur l’idée de trouble, de déséquilibre profond, il se spécialise en deux acceptions. Individuelle, avec une forte résonance psychologique. Et une acception collective, sociale et économique. En ce sens, on parle depuis le début du 19ème siècle de crise politique (1814), de crise financière (1837) et de crise commerciale (1837). Ce concept se développe dans le cadre d’une économie industrielle capitaliste, avec comme point d’orgue la crise de 1873, et comme paroxysme celle 1929. Du moins, jusqu’à celle 2008 ;-) qui donne toute sa mesure au mot forgé par notre modèle qui conduisait à une impasse..

Un modèle de développement qui est entré dans une phase critique, cette « phase décisive d’une maladie » pour en revenir aux fondamentaux linguistiques. Puisque que cette crise financière, encore relative tellement d’autres nuages sont à l’horizon (récession aux USA et UE, titrisation de l’encourt des cartes de crédit révolving américaines, toxicité de la bulle gonflée de créances douteuses, …), n’est rien face aux crises environnementales qui sont devant nous. Il est temps de changer de paradigme global. Notre modèle a été aveugle et sourd depuis 40 ans, incapable de prendre autre chose en compte que la cupidité, il est en faillite. 2008 sonne comme un réveil global : CHANGER.

Comment et vers où, avec quelles valeurs, quelle éthique, réorienter un modèle systémique qui a fini pour être plus nuisible que profitable, malgré les leurres du confort et du consumérisme ? Cette mutation pourra-t-elle s’effectuer sans trop de violence, sans extension des conflits armés ?  

Cette crise 2008 me fait penser au « collapse » de notre système industriel et financier capitaliste. Collapse, anglicisme ultime de la crise, qui mène à la ruine, qui tombe, qui casse physiquement et mentalement. L’état ne notre modèle, n’est-ce pas ? Comment va-t-il muter après l’accès de fièvre de l’ultralibéralisme financier, vers quel équilibre improbable ? Après la faillite de la planification étatique, après la faillite de la main invisible autorégulatrice des forces du marché, à quoi ressemblera le prochain état en stabilité précaire ? Quel nouveau modèle de développement élaborer et mettre en œuvre ?

Rien à foot des sifflets

L’omniprésident et son gouvernement ont trouvé une diversion pour ressouder la droite, qui tousse avec la nationalisation de l’économie : l’infamie des sifflets de la Marseillaise, au stade de France, par de jeunes franco-tunisiens ce mardi 14 octobre.

Toute une affaire montée en épingle par le traumatisé du nationalisme et des symboles, qui avait déjà introduit alors qu’il était ministre de l’Intérieur, en 2003, le délit "d’outrage à l’hymne national". Passible de six mois de prison et de 7500 euros d'amende, svp, selon la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure votée à l’époque. Une loi inapplicable et inappliquée.

Si je n’ai vraiment rien à foot du foot, je suis d’accord avec JM Platini, « le football est pris en otage du monde politique », et par Sarkozy en particulier. Dans la logique de la surenchère, « pourquoi pas aussi un policier derrière chaque spectateur » ? Une jeunesse maghrébine stigmatisée, ghettoïsée en zones urbaines sensibles, qui siffle l’hymne national, y-a-t-il de quoi en faire tout un foin politique ? N’a-t-on point d’autres problèmes plus cruciaux et/ou plus urgents ? Ne faut-il pas plutôt entendre un message politique un peu fruste, mais bien moins violent que l’incendie et l’insurrection des banlieues ? La République n’est pas respectable avec toute sa jeunesse, il ne faut donc pas s’étonner que celle-ci se rebelle à l’occasion. Des sifflets bien pacifistes, …alors que le énième plan banlieues se réduit à peau de chagrin.

Enfin, je ne me retrouve absolument pas dans l’hymne national français. Les paroles de la Marseillaise sont affreusement guerrières. Et bien que je ne sache point siffler, alors que je ne mets jamais les pieds dans un stade, que j’habite en centre ville sans être d’origine arabisante, j’outrage l’hymne national en le trouvant profondément abjecte, n’avalisant pas l’idée d’un sang impur pour abreuver des sillons ! Un crime de lèse Sarkozy ?

 

Le texte 1 du Grenelle de l’environnement à l’Assemblée

Cette semaine a conclu l’examen de la première loi du Grenelle de l’Environnement à l’Assemblée. Devant la montagne d’amendements, les députés ont fini par accéléré le tempo pour partir en week-end avec un texte prêt à voter mardi prochain. Avec la navette au Sénat, y-a-encore des coups de canifs qui seront donnés aux engagements du Grenelle 2007. Néanmoins, avec la Directive sur l’énergie des 3 fois 20% qui borne l’horizon législatif national, les énergies renouvelables ne sont pas trop mal traitées.

Ainsi, l’objectif de la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique du pays, est remonté de 20 à 23 % pour 2020 (amendement de cohérence accepté avec le 23 % d’EnR assigné par la Directive à la France).

L’hydroélectricité a été violemment attaquée, mais ne s’en sort pas trop mal, avec  l’amendement n°1236 rectifié, prévoyant de maintenir l’obligation d’achat pour les installations hydrauliques qui a été adopté.

L’éolien n’a pas déclenché de violente tempête au sein de l’hémicycle, même si l’énergie du vent a suscité beaucoup d’interventions. Nathalie Kosciusko-Morizet a répondu aux contre-vérités sur les coûts et les gains en CO2 de l’éolien, comme une digne secrétaire d’Etat en charge de l’environnement. Tandis que c’est des parlementaires de l’opposition (P.Tourtelier, P.Plisson, N.Mamère), qu’elle trouvait soutient pour défendre avec vigueur l’éolien.

Finalement, les parlementaires ont prévu la mise en place de schémas régionaux des énergies renouvelables, pour encadrer le développement des moulins à vent moderne. Il faut espérer que ces nouveaux schémas seront établis avec célérité, pour ne pas stériliser les projets en court et à venir, sans sacrifier l’indispensable concertation, et sans être en retrait des objectifs nationaux.

L’amendement n°2050 a permis d’acter la création du fonds chaleur. NKM a précisé les modalités de création de ce fonds : « l’inscription d’un milliard d’€ en loi de finances pour les trois prochaines années avant de fixer à terme une dotation annuelle de 800 millions, afin de soutenir une production de 5,5 millions de tonnes équivalent pétrole d’ici à 2020, soit plus du quart de l’objectif fixé par le Grenelle de l’environnement en matière d’énergie renouvelable ».

 

Donc, beaucoup de « bonnes » et légitimes mesures pour les énergies renouvelables, en cohérence avec la législation européenne. Toutefois, la vigilance est de rigueur avec l’examen du texte au Sénat à venir. Une occasion de revenir sur l’amendement Ollier, celui du bonus au chauffage électrique nucléaire. Cet amendement prévoit pour les nouvelles constructions, à partir de 2012, que le seuil de 50 kWh par mètre carré et par an pourra être modulé pour les énergies présentant un "bilan avantageux" en ce qui concerne leur émission de gaz à effet de serre. Autrement dit, le chauffage électrique étant réputé allégé en CO2 (ce qui est faux, en hiver quand on importe de l’électricité allemande chargé de CO2 au charbon, et surtout quand l’on prend en compte le kWh marginal pour toute nouvelle consommation, celle qui n’est pas servit par la base atomique mais par des turbines à gaz !).

 

L’énergie, abordée par Obama et McCain

McCain est le servant des utilities, et propose de construire 45 centrales nucléaires et de développer la production d’électricité au charbon « propre », pour réduire la dépendance au pétrole étranger des USA.

Obama place la question énergétique au cœur de la problématique économique américaine. Il donne la priorité au développement des énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.


 

Rire de l’omniprésident au Canada

Pour conclure et rire en cette fin de chronique hebdomadaire, les Guignols québécois dans l'émission "Et Dieu créa Laflaque" sur Radio Canada, qui s’intéresse à la venue de notre omniprésident au Québec le 17 octobre pour le sommet de la francophonie. Merci les cousins ;-) !!!

 

 

Tag(s) : #chronique de la semaine

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