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Change.gov : Obama a déjà son bureau sur internet

Il faudra attendre le 20 janvier 09 pour que l’élu Barack Obama, préside effectivement les USA. D’ici là, le temps politique américain est suspendu à la phase de transition. Pour autant, le futur président élu, n’a pas attendu pour ouvrir son bureau présidentiel sur internet : change.gov a été lancé cette semaine

Avec change.gov, notre omniprésident à talonnettes pourrait prendre quelques leçons de communication et d’humilité. Election passée, l’image de Barack Obama devient discrète sur le site. Le vainqueur américain ne pérore pas du « je », il dit « nous », avec pour ambition affichée de laisser un monde un peu meilleur pour nos enfants. Un travail sérieux et collectif qui s’annonce. Son égo ne s’étale pas à longueur de pages, son site est inclusif pour une pédagogie du changement.

Change.gov est un nouvel outil de storytelling, pour poursuivre l’aventure, pour mettre en œuvre le changement. C’est un outil participatif, nouveau puissant nœud du réseau social des électeurs. Change.gov est bien plus que l’annexe de la Maison Blanche, il est un bureau naturel pour l’homme politique de la génération internet, qui a su utiliser le net pour une victoire fulgurante.

Change.gov sera peut être le « principal » bureau, ouvert 24/24, 7/7, à tous les citoyens du monde intéressés par le sens politique du mandat de Barack. Je ne suis pas un naïf qui croie aux histoires de communication politique, le storytelling se heurte trop souvent au monde du réel pour que les belles histoires ne s’abîment pas. Néanmoins, Obama est le 1er homme politique de l’ère d’internet, qui va y écrire une histoire politique nouvelle tel un pionnier. Une histoire politique qui invente un lien nouveau avec les citoyens, en dehors des partis.

 

Un G20 pour un Bretton Wood 2 une nouvelle gouvernance mondiale

Je n’attends pas grand-chose de concret de ce G20, que l’omniprésident à talonnettes vend aux français comme son œuvre pour réécrire les règles du capitalisme à l’occasion d’un nouveau Bretton Wood. L’enflé de l’égo a sans doute influé pour que cette réunion s’inscrive dans l’agenda politique mondial, il a réussi à coordonner une voix européenne pas trop dissonante, et c’est tant mieux. Mais le capitalisme ne se réécrira pas en 100 jours sans Obama, et le 15 novembre n’est pas le grand soir. Le « coup du siècle » de NS est juste un premier pas important pour une nouvelle gouvernance mondiale, qui a besoin de nouveaux outils pour servir de nouveaux objectifs.

Il est plus qu’improbable que ce G20 se mette d’accord sur des objectifs et de nouveaux outils, on en restera à une vague déclaration de principes, et la promesse de se revoir bientôt. C’est ce « revoir bientôt » qui est important.  

Ce G20 est historique parce qu’il est de fait, le deuil du G8. Ce cercle de l’ancien monde égoïste qui tenait pour terrain de jeux le reste de la planète. Ce G20 consacre une globalisation où les pays en voie de développement accéléré, ne comptent plus être tenus pour quotité négligeable dans les décisions politiques mondiales. Il est temps qu’une nouvelle gouvernance mondiale s’organise, et mette à jour son logiciel de géopolitique. Les américains surtout et les européens aussi, vont devoir en rabattre, chinois, brésiliens, indiens… ne veulent plus regarder passer le train de l’histoire, sans pouvoir ajuster l’aiguillage tout en voyageant en 1ère.  

 

Retour de Noir Désir

«Pimprenelle et Nicolas/ Vous nous endormez comme ça/ Le marchand de sable est passé/ Nous on garde un œil éveillé». Le site officiel de Noir Désir explose, à l’occasion de la diffusion en téléchargement gratuit de deux nouvelles chansons du groupe mythique. Gagnants/Perdants et le Temps des cerises, deux chansons dans l’air du temps, anticorps sociaux face à gouvernement bling-bling désorienté et à une gauche sans projets.

Le temps de la chanson politique serait-il revenu, alors qu’on nous fait prendre des vessies pour des lanternes ? En réponse à la sirupeuse Carla Bruni Sarkozy, ce contre-pied musical rock de Noir Désir fait du bien. L’époque est à la chanson de contestation. L’écriture de Noir Désir est une réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l’acceptation du terme. Le temps du rock a des beaux jours devant lui.

Pour écouter, c’est ici Jukebox ND

 

Demain, tous métis ? Qu’est-ce que l’identité ?

Vendredi, rentré de Paris un peu fatigué, aller faire un tour sur le site Arte + 7, et tomber sur une perle. Paris-Berlin, une émission de débats pour confronter les points de vue germains et francs d’une étonnante modernité. Cette semaine, c’est l’identité que l’on interroge : demain, tous métis ? Encore quelques jours pour voir la vidéo ici du débat animé par Isabelle Giordano, entre Rokhaya Diallo, Vincent Cespedes, Eric Zemmour, Renan Demirkan.  Rokhaya présidente de l’association « Les indivisibles » et Vincent philosophe pédagogue, des personnalités qui devraient monter.

Métis, mélangé, le métissage américain victorieux interroge. L’avenir est-il au métissage ? « Assimiler » ou plutôt « intégrer » l’autre ? Comment dépasser les « dangers du communautarisme » ? Qu'est-ce qui constitue aujourd'hui notre identité ? La nation, la religion, la couleur de peau, le statut social ?

Le débat ne déborde sur l’identité européenne, tirant des bords entre la nation et l’universalité. L’identité est à la question, et les allemands sont heureux de ne pas en faire un Ministère ;-) Zemmour joue le conservateur de service, d’une France étriquée qui a peur d’elle-même et du multiculturel. Combien sont-ils, comme Zemmour, à croire qu’il n’y a pas d’issues hors l’assimilation, pour ne pas se donner les moyens d’une intégration sociale des étrangers ? La culture française a toujours été une éponge, qui infuse et génère une certaine forme d’universalité. Il n’y a pas de raisons que cela change, surtout pas à l’heure de la globalisation. Ce n’est pas parce que l’horizon devient plus vaste et les influences plus nombreuses, que l’on s’arrache des influences locales, de l’on se détache d’une histoire d’un pays. Combien sont-ils ces Zemmour, qui ont peur de s’enrichir de la différence de l’autre ?

Mais l’important est-il ce que l’on est, ou ce que l’on devient, ce que l’on veut devenir ?

Bonus blog, vidéo des indivisibles :

 

Tag(s) : #chronique de la semaine

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