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Dimanche soir, surfer à la recherche de bonnes nouvelles pour maintenir un moral au beau, tomber sur « graines de changement ». Et là, coup de cœur pour la Foncière Terre de Liens, qui fait un appel public à l’épargne pour collecter plus de 3 millions d’euros d’ici avril 2009, c’est-à-dire le capital nécessaire aux investissements de la Foncière pour les deux prochaines années (2009-2010).



Un coup de cœur pour une Foncière parce qu’il s’agit de love money, de l’investissement éthique qui donne du sens à l’épargne. Terre de Liens est une histoire humaine qui invente des solutions économiques dont le nouveau modèle à construire pourrait s’inspirer. C’est un exemple à intégrer dans le nouveau méta-système à faire émerger.

Cette Foncière est née de la nécessité de trouver une solution financière collective au problème d’accès au foncier pour l’agriculture bio. Enfantée de la rencontre, à la fin des années 90, entre des mouvements d’éducation populaire, de la finance solidaire, de l’agriculture biologique et biodynamique et de la protection de l’environnement, l’association Terre de liens est devenue le creuset de réflexion sur les réponses financières alternatives pour l’agriculture du développement durable. Ensemble, ils ont imaginé un outil d’investissement solidaire capable d’apporter une réponse originale à ce défi.

Un outil qui prend la forme d’une Foncière, créée en décembre 2006 par l’association Terre de liens et la Société Coopérative Financière la Nef. Elle acquiert du foncier qu’elle loue à des agriculteurs ou des porteurs de projets solidaires respectueux de l’environnement, via un bail rural environnemental. Avec 197 avec actionnairespour un capital de 1 million d’euros, la Foncière Terre de Liens compte déjà 8 fermes bio mises en place en 2007 et 10 projets en cours d’acquisitions. L’ouverture du capital de la Foncière à de nouveaux actionnaires - vous, moi - devraient permettre de financer de nombreux nouveaux projets de vie, qui sont des réponses humble et locale à la crise systémique.

La Foncière Terre de Liens a des valeurs qui encadrent la rémunération de l’épargne investie dans ses actions, à l’opposée de l’économie casino. Les actionnaires veulent lutter contre la spéculation. L’investissement dans cette Foncière est un acte de solidarité d’investisseurs envers des paysans basé sur l’idée que « la terre n’est pas une marchandise » et que la spéculation ruine le futur. L’intention est de limiter la revalorisation de l’action, par principe. Toutefois, on parle d’investissement, pas de philanthropie. Aussi, le capital investit n’est pas un don mais un placement d’argent. L’intention est de revaloriser l’action, au moins à hauteur de l’inflation si les résultats et l’évolution du patrimoine le permettent. L’objectif est de privilégier l’usage à la propriété du sol. La Foncière portera la propriété sur le très long terme, et s’écarte par principe des plus-values faite lors de la revente d’un patrimoine. En conséquence, elle ne prévoie pas de gros bénéfices et donc pas de dividende à distribuer aux actionnaires. De l’économie durable…

La Foncière Terres de Liens est une belle aventure collective. En 2 ans, avec une petite équipe et la volonté jamais démentie de financer la génération du développement durable, l’ambition de cette Foncière mérite d’être reconnue. Les projets déjà soutenus sont la meilleure publicité pour convaincre des investisseurs éclairés. Etre actionnaire ne signifie pas nécessairement faire fructifier son argent au maximum. Cela peut être de mettre à disposition son argent sur le long terme, sans le perdre, en lui donnant du sens, une utilité précise en accord avec ses convictions progressistes. De savoir où et pour qui son argent est investi, tisser du lien avec ceux qui le font fructifier, les agriculteurs du développement durable.

L’investissement dans cette Foncière est ouvert à tous ceux qui ont quelques sous à épargner, avec un prix d’action fixé à 100 € et un avantage fiscal à la clé. Une réduction de l’impôt sur le revenu de 25% du montant souscrit au titre de l’agrément « Entreprise Solidaire ». Et pour les chanceux imposés sur la fortune, l’avantage ISF est de 75% du montant souscrit au titre de la loi Tepa.

 

Sans doute ce modèle inspirera d'autres activités économiques. Pourquoi pas le financement de centrales solaires sur un même modèle d'investissement éthique et éclairé ? A creuser ...

Tag(s) : #Environnement

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