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Continuer en 2009 l’exercice hebdomadaire d’arrêt sur information, retraitement bloguistique d’une actualité débordante, suffocante de violence trop souvent, en manque de rêves évanouis et pétrie d’absurde. Dire en creux, en plein souvent, un avis non autorisé sur le cours des choses. Dessiner une citoyenneté à fleur de mots, c’est peut-être cela, le fil de cette chronique qui rempile pour une année. Bons vœux pour l’an neuf ;-)

 

Rallye Paris-Dakar, escroquerie géographique 2009

Je n’ai jamais compris l’engouement pour les rallyes automobiles, qui traversent déserts et bourgades à toute berzingue, parfois au prix de quelques vies d’autochtones imprudents. Il faut bien que la caravane publicitaire passe… Le mythique Paris-Dakar reliait la capitale française à la capitale sénégalaise, dans une curieuse alliance francophone à grands bruits de moteurs et de publicité, jusqu’aux troubles « terroristes » de 2007/08.

Pour 2009, pour le business et l’exploitation d’une marque connue, le « Paris-Dakar », la course qu’exploite la société ASO pour Amaury Sport Organisation, s’exporte loin des islamistes en herbe, en Amérique du Sud. Entre Argentine et Chili, point de chance de rencontrer un barbu fanatique, le rallye va pouvoir envoyer les gaz mais sans changer de nom !!! Paris-Dakar, sans passer par Paris ni par Dakar, pour relier directement Buenos Aires à Buenos Aires en passant par la Patagonie, la Cordillère des Andes, le Chili, le désert de l'Atacama… C’est une pure escroquerie géographique pour défendre un concept marketing.

Vous avez remarqué comment les médias répètent en bouclent l’escroquerie géographique, continuent d’appeler « Paris-Dakar » un rallye qui a changé de continent pour survivre par l’absurde ? Allez éduquer les gosses après ;-) L’escroquerie géographique n’est que la partie visible de l’iceberg de la responsabilité climatique. Au 21ème siècle, les pays développés devraient avoir d’autres activités symboliques que de célébrer le règne de la « sainte » bagnole, fut-ce en territoire exotique !!! 30 ans après le 1er rallye qui faisait découvrir les paysages arides de l’Afrique aux spectateurs franchouillards, après l’engagement humanitaire de Thierry Sabine, le Paris-Dakar n’est plus qu’une grande machine marketing qui fausse la géographie au nom du profit. Un artéfact de distraction des masses qui disparaîtra avec le temps. Le plus tôt sera le mieux.

 

 

La crise met la droite en faillite

C’est la crise, la grande crise, les médias ressassent en boucle les mauvaises nouvelles économiques. 2009, les trains de licenciements sont à l’heure de la conjoncture, chaque jour on rajoute des wagons. Une crise systémique où les pyromanes voudraient devenir pompiers, en arrosant largement d’argent public leur incurie d’hier. Les joueurs de l’économie casino veulent se refaire sur le dos du contribuable, pour sauver le système. L’incendie social couve tandis que l’avenir se précarise.

Macro-économie, on navigue à vue. Micro-économie, on tente de se rassurer. Le logiciel politique de la droite libérale est devenu périmé, dévasté à l’aune de la réalité. Nicolas Sarkozy le candidat qui voulait démultiplier les crédits hypothécaires en France, dit tout le mal qu’il pense des subprimes comme président, maintenant que l’économie mondiale est à genou. « Tous propriétaires » qu’il disait, plus de flexibilité pour attirer l’actionnaire, pour le nourrir grassement en dividendes, pour doper les cours de Bourse, … Cette doxa apparaît absurde à l’heure de la crise, nue dans son mensonge.

La droite est muette, toute son idéologie qui avait fini par contaminer la gauche s’est écroulée, sapée par la cruelle réalité. Revers de discours, le « travailler plus pour gagner plus » tombe à plat avec un chômage en progression. Il n’y a plus que le discours sécuritaire qui ait traversé les saisons. Et l’homme à talonnettes qui fait du vent, girouette narcissique…

 

2009, il est définitivement temps de réinventer notre système. Eric Fottorino l’écrit mieux que moi : « De la crise majeure qui secoue la planète, nous devons tirer des leçons, et surtout des solutions dépassant les mesures d'injection massive de capitaux. Il est urgent de rebattre les cartes du monde dans le sens de la raison et de l'intelligence collective, de la justice, de la sauvegarde active de notre écosystème naturel et humain ». Une réinvention dont les conservateurs sont bien incapables, par essence !

 

De Gaza je ne dirais pas grand-chose

Point « G » des relations internationales, le Proche Orient vit de nouveaux spasmes de violence. Le conflit israélo-palestinien occupe l’actualité et défie les décomptes macabres. Les centaines de milliers de morts du Darfour, les dizaines milliers de morts d’irakiens depuis 2003, les quelques milliers de Zimbabwéens morts de l’épidémie de choléra,… n’ont pas le même poids que des centaines de cadavres de palestiniens (civils et insurgés du Hamas) et de quelques militaires juifs. L’émotion médiatique est toujours plus intense au Proche Orient, alors que c’est partout que l’homme du XXIème siècle se comporte comme un barbare.

Bien entendu, je m’associe à la complainte humaniste pour les habitants de Gaza. Mais de ce conflit inextricable, je ne dirais pas grand-chose, trop complexe, trop d’hypocrisie géopolitique qui dépasse la raison. Je n’ai réussi à me faire qu’une seule opinion : le chemin de la paix sera long et difficile, s’ils arrivent jamais à l’emprunter.

 

Tag(s) : #chronique de la semaine

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