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Remaniement et mistigri du ministère de l’identité nationale

Brice Hortefeux qui jouait au croquemitaine de basanés, s’en va se refaire une image politique avec un portefeuille « social », alors qu’il reprend le ministère de Xavier Bertrand parti diriger l’UMP pour faire la nique à Copé. C’est le félon Eric Besson, ex-PS bientôt encarté à la tête de l’UMP, qui hérite du Ministère de l’identité nationale et de l’expulsion. Un ex-PS dans le rôle du « captage de l’extrême droite » tout en étant un symbole pourri de l’ouverture à gauche, c’est le spectacle politique cynique que nous offre Sarkozy pour commencer 2009.

Un jeu de chaises musicales, qui est l’occasion pour Le Monde, journal de référence, de publier une enquête sur la politique sarkozienne de l’immigration. Un article fouillé, argumenté, qui démonte la communication du ministère, analyse les chiffres, les compare, … et jette une lumière crue sur les aberrations bureaucratiques et les contradictions de la politique française d'immigration.

Depuis 2002 que Sarkozy joue l’immigration pour unifier les droites, les résultats pour le pays sont surtout négatifs, si l’on en croit l’enquête de Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS : « Discriminatoire, cette politique, en faisant fuir l'élite africaine vers d'autres pays européens ou vers l'Amérique, abaisse dans ce continent l'influence de la France. Bureaucratique, elle n'attire pas l'immigration de travail, même qualifiée. Discrétionnaire, contradictoire et intrusive, elle porte atteinte aux droits de l'homme, néglige la sécurité publique et épuise les fonctionnaires chargés de la mettre en œuvre. Probablement Nicolas Sarkozy est-il persuadé que le maintien d'une tension, d'une mobilisation politique permanente autour de l'immigration, reste pour l'avenir, quelles qu'en soient les conséquences, toutes à son bénéfice politique. »

Ça s’appelle un papier au vitriol face à l’hypocrisie gouvernementale. Le remaniement ne change rien à cette hypocrisie, mais ce papier fait honneur au Monde. Comme le dit maître Eolas, « n'attendez jamais la vérité du gouvernement, mais vous pouvez encore l'attendre de la presse ». Pas assez souvent, d’autres papiers tout aussi fouillés seraient les bienvenus sur bien d’autres sujets, la presse de référence se fait rare …

 

Remaniement ministériel pour mieux conduire l’UMP

Comme le remarque Christophe Ginisty sur son blog, « le fait générateur du remaniement a été l'exfiltration de Patrick Devedjian de la direction de l'UMP. C'est Xavier Bertrand qui hérita de la patate chaude, marqué à la culotte par un Brice Hortefeux chargé des investitures ». Le reste est littérature.

Le conseil des ministres n’est qu’un théâtre aux marionnettes interchangeables, et c’est l’omniprésident qui tire les ficelles. La seule motivation pour faire évoluer quelques personnages dans le spectacle gouvernemental, ce qui commande un remaniement ministériel, c’est n’est pas l’intérêt général mais la gouvernance de l’UMP. Une machine de guerre électorale pour préparer 2012, qui doit se mettre en ordre de marche, ne plus se disperser, faiblir dans sa ferveur pour son vainqueur. Un parti omniprésidentiel mou du genou pour soutenir la divine action de Sarkozy, c’est fini. On ne cachera plus les photos de Nicolas, comme lors des dernières municipales. Enfin, on verra après les européennes de 2009 ;-) Une bérézina électorale sera-t-elle mise sur le dos de la crise mondiale, à bon compte ?

 

Le Sénat se rebelle, et augmente la redevance

Au Palais du Luxembourg, la grogne monte contre l’exécutif et on le fait savoir par le vote. L’omniprésident n’en veut pas, Jean-François Copé le président du groupe UMP à l’Assemblée non plus, mais les sénateurs s’entêtent. Ils ont voté l’augmentation de la redevance, pour financer la télé-publique privée de pub avant qu’ils ne l’aient voté.

C’est qu’au Sénat, l’UMP n’a pas la majorité, il y a besoin des centristes. Et ces vieux roublards de la politique, même à l’UMP, apprécient peu d’avoir été shuntés pour satisfaire à l’agenda de la volonté omniprésidentielle. Trop pressé pour un pas de sénateur, l’esprit des institutions a été violé. Le Sénat prend donc sa revanche sur Sarkozy.

Malgré un avis « défavorable » du gouvernement, les sénateurs ont adopté par 329 voix pour, et seulement 4 contre, une augmentation de la redevance de 116 à 120 euros, pour combler le manque à gagner créé par la disparition de la publicité après 20h sur France Télévision. Un vrai bras d’honneur à l’endroit de l’exécutif, par des personnes biens élevées !

 

Si l’on a une telle mutinerie pour des peccadilles, 4 € sur une redevance annuelle, l’on va bien se marrer avec la réforme des collectivités territoriales. En mettant les sénateurs vent debout par son passage en force sur la suppression de la pub, l’omniprésident ne créé pas un climat très fertile à une réforme réellement importante, celle des collectivités et de leur mille feuilles.

 

Tag(s) : #Politique

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