Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Alors que la conscription a fini pas être suspendue en France, j’ai été objecteur de conscience en 1996/97. Un choix délibéré mais un choix tranquille depuis que Mitterrand avait considérablement assoupli le régime. Seulement 20 mois, et même pas un seul jour de prison. Un libre choix pour travailler dans une association, plutôt que de faire le clampin en armes pendant 10 mois. Refus d’être aspirant officier pour le ministère de la guerre défense, incompatibilité avec mon engagement moral et politique…

Je suis donc particulièrement sensible au travail de Martin Barzilai, sur les refuzniks israéliens - en hébreu רבניםס (sarvanîm), de sarav : il a refusé - ceux qui ne veulent pas servir dans l’armée. Je l’ai découvert dans l’édition du monde.fr de ce 9 février. En Israël, l’armée est un passage « obligé » pour la jeunesse. Pendant toute leur scolarité, les jeunes sont conditionnés, on leur explique le rôle et l’importance de l’armée. Le service militaire dure 2 ans pour les unes, 3 ans pour les uns, la moitié est enrôlée à l'âge de 18 ans. Un lavage de cerveau générationnel.

Les refuzniks sont le plus souvent des objecteurs de conscience, des pacifistes qui refusent de combattre dans les territoires occupés. Les refuzniks vont en prison pour leur insoumission, plusieurs mois pour les punir de préférer la paix. Martin Barzilai leur donne la parole, montre leur portrait, cette armée d’anonymes qui refusent de porter les armes, la face cachée d’un pays « guerrier ». Martin mène ici un travail politique, pour faire émerger un collectif qui refuse la force et préfère la diplomatie. Un travail sensible qui raconte des histoires individuelles du refus, un choix politique difficile, en temps de guerre dans une société travaillée par les extrémistes.

 

Si je vivais là-bas, sans nul doute serais-je un refuznik. Le seul choix possible, en conscience. Refuznik, et si nous devenions tous des refuzniks pour que les marchands de canons fassent faillite ? Pourquoi le commerce de la guerre est-il toujours le plus florissant, quel que soit le climat économique ? Refuzniks, je vous soutiens, vous êtes sur la seule voie d’un possible.

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

Partager cet article

Repost 0