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J’avais dans un précédent post, invité mes chers compatriotes à tenter d’apprendre l’histoire, à défaut d’accepter l’économie. Un récent et brillant article de Libération, « Et si la gauche française redécouvrait ses valeurs en devenant libérale ? », de l’historien Zeev Sternhell, me conforte dans ce chemin a poursuivre.

 

L’historien, spécialiste de la droite française, explique comment les valeurs libérales ont été, à tort, associées au capitalisme. Il rappelle que ces valeurs de liberté ont été introduites par la révolution de 1789, et qu'historiquement le socialisme en est l'héritier.

 

Alors la gauche française est elle devenue amnésique ? En attendant, c’est même dans le programme du PS pour 2007, elle se place sous l’étendard du «front antilibéral». Or, se dire antilibéral, ce n'est pas seulement se proclamer anticapitaliste mais c’est aussi et surtout s’opposer aux valeurs libérales. Par glissement sémantique et tromperie intellectuelle, la gauche française (sans parler de la gauche de la gauche, irrécupérable) nous fait croire que le «libéralisme» est devenu le synonyme du capitalisme sauvage et injuste, alors qu’il constitue une démarche intellectuelle qui se fonde en termes politiques sur la liberté et la responsabilité.

 

Les Lumières nous ont appris que la libération de l'individu est l'alpha et l'omega d'une bonne société. L'individu autonome, ce que Kant appelait l'«accession à la maturité». Les Lumières françaises et leur allié Kant, Voltaire et Rousseau, les encyclopédistes ont forgé tous ensemble une idéologie qui est d'abord une machine de guerre contre l'absolutisme, contre le totalitarisme. La Déclaration des droits de l'homme de 1 789 va en résumer le contenu en quelques phrases, c'est le manifeste de la pensée éclairée. Un socialisme qui n'est pas fondé sur les valeurs des Lumières n'a pas de raison d'exister : ces valeurs constituent le fondement de la liberté, de l'autonomie de l'individu.

 

Il faut oser dire que le libéralisme n’est pas de droite, celle-ci étant conservatrice. La gauche doit montrer qu'il n'y a pas de liberté sans une conception de l'égalité. Rappelons  qu’aux Etats-Unis c'est le contraire de l’hexagone, «libéral» veut encore dire de gauche ou gauchiste, ennemi des néoconservateurs. Là bas, ces derniers dénoncent les libéraux et le libéralisme, par peur que la société n’évolue et ne change pour plus de liberté ...

 

 

 

Tag(s) : #Politique

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