

"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser
d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières

Le 9 juin dernier, Nicolas Sarkozy a fait son coming out sur les énergies renouvelables. Après des décennies où tous les gouvernements successifs - de gauche et de droite - ont favorisé
le tout nucléaire, la France veut prendre pied dans le big green business des EnR. Alors que les énergies renouvelables ont longtemps été considérées en France comme des sources
marginales destinées à contenter le bobo écolo, comme des technologies inconsidérées par l’atomcratie et son rêve de puissance centralisatrice, NS marque officiellement une rupture. Lors de
sa visite à l’INES, l’onmiprésident n’a pas donné dans la langue de bois :" Penser que la France pouvait ne pas développer les énergies renouvelables parce qu'elle était leader mondial dans l'énergie nucléaire était une erreur"… "Nous avons tous commis une erreur collective. La France, en tête de tous les pays sur l'énergie nucléaire, pensait ne pas avoir besoin des énergies renouvelables."… "Nous allons prendre pour les énergies renouvelables des décisions aussi importantes que celles prises à l'époque par le général de Gaulle pour l'atome."… "Nous allons devenir leader dans les énergies renouvelables au même titre que nous sommes leader dans les énergies nucléaires"…
Sans doute y-a-t-il quelques arrières pensées électoralistes dans cette rupture EnR, réaffirmée alors que le souffle du Grenelle de l’environnement (2007) s’épuise dans les méandres de l’agenda parlementaire (2009/10). Mais avec son coming out sur les EnR, NS prend à contrepied son administration (le corps des mines) pour lancer la France dans la grande aventure de l’énergie propre et décentralisée. Cette parole omniprésidentielle est un point d’appui précieux, pour faire entendre raison à ceux qui voudraient limiter l’ambition pour l’énergie verte.
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