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Si le blog « marseille, un autre regard » titrait fin juin, la bérézina de la presse marseillaise lcm et la tribune du sud se meurent fin juin, autant dire que les choses ne s’arrangent pas avec les vacances d’été.

A peine le temps de mettre un lien sur la Tribune du Sud, d’avoir collaboré une fois à leur 1ère Tribune de blogs pour une contribution sur la loi Hadopi, que déjà l’aventure éditoriale s’achève. Disparu presque aussi vite qu’il était apparu, le journal a fermé ses portes le 30 juin. Une rédaction est sur le carreau et les salaires de Juin ne seront pas versés aux salariés ! Le mot de la fin est amer :

Tribune du sud aussi éphémère que fut sa parution aura eu le mérite d’exister. … bien des choses se sont passées au sein d’une rédaction unie dans un seul but, celui d’informer. Arriver ainsi comme un cheveu sur la soupe dans un paysage médiatique normalisé, contrôlé, nous dirons même anesthésié et mettre sans vergogne les pieds dans le plat présentait de nombreux risques. Le Sud est une terre aride où ceux qui ont soif de vérité ne trouvent guère d’oasis. La culture du silence qu’en d’autres contrées on appelle l’omerta n’est pas un vain mot. C’est une évidence : Tribune du sud dérangeait. Il est étrange de constater que quand on prononce le mot « intégrité » le mal se mobilise. Mais c’est ainsi, le monde ne sera jamais comme nous souhaitons qu’il soit. C’est peut-être aussi cela être journaliste. La rédaction

 

Pour la Chaîne Marseille (LCM), l’incertitude pointée par le blog demeure. A défaut d’une vision stratégique en phase avec la diffusion numérique, d’un budget solide pour cause d’actionnaires désargentés (dont la Caisse d’Epagne de l’inénarrable Charles Milhaud), d’un soutien désintéressé des collectivités, … A cause d’une ligne éditoriale molle - et tenue par des hommes de confiance de JCG - pourtant rabrouée, d’une valse à la direction, des coûts de structure et du manque de recettes, … LCM bat de l’aile et les rats quittent le navire. Le président de LCM et ami de JC Gaudin, Jean-Pierre Foucault a démissionné début juilletLe directeur général de LCM, Jean Ticory précise : "les actionnaires (...) s'inquiètent de la persistance du déséquilibre, de son approfondissement et vu le contexte de crise économique, ne retrouvent pas la visibilité dont ils auraient besoin". Ça pue soit la cession à un grand groupe de média pour être renflouée, soit le sabordage au large du Vieux Port.

 

Triste période où l'information, y.c. alternative, a un coût que l’on ne sait plus financer, pour être de qualité et diffusée au plus grand nombre. C’est valable pour les médias nationaux et encore plus pour les médias locaux, à la diffusion plus restreinte. Les médias ont des business modèles fragiles, malmenés par la crise, soumis aux influences des pouvoirs politiques et économiques sauf exception, ... Même les si pauvres "Gratuits" font des pertes. Le Tribune du Sud aura été une aventure flamboyante qui mériterait d’être poursuivie, prolonger sous d’autres formes.

On va fêter la culture en 2013 à Marseille, vitrine de l'Europe. Mais y-a-t-il une culture vivante, un substrat au développement humain, sans une presse et des médias locaux libres, impertinents et dynamiques ? Oui, l’Amérique du Sud est là pour en témoigner. Toutefois, la France comme patrie des droits de l’homme ne mérite pas la comparaison avec des régimes autoritaires ou en voie de transition démocratique.

L'information (et non la publi-promotion) n'est-elle pas indispensable pour forger des êtres aptes à recevoir et créer du bien culturel ? N'est-elle pas ce le lien essentiel qui permet d'ouvrir d'autres possibilités pour inventer le vivre ensemble ?

A triste temps, inventive réponse. Face au besoin d'information indépendante, peut-être de nouveaux schémas apparaîtront, qui mêleraient dans une savante équation « information numérique avec ou sans version papier », mélangeant la vie d'une rédaction et l'écosystème de la blogosphère. Dans tous les cas, un équilibre qui relève du Saint Graal quand on doit payer une équipe de journalistes qui bossent et investiguent, faire un journal qui marche, ...  

Terrible constat qu’un média qui meurent est un recul de la démocratie, déjà si pauvre au niveau local… La condamnation des provençaux à La Provence à perpétuité, en position dominante sans jamais faire de vagues, ne serait pas équitable. Ni saine face aux intérêts des notables et des acteurs économiques que La Provence préserve. La 2ème ville de France mérite une pluralité médiatique, et pas seulement pour honorer son titre de capitale européenne de la culture !

 

Tag(s) : #Marseille 2008 et au delà

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