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Le 16 juillet dernier, un rapport d’information sur l’énergie photovoltaïque a été déposé par la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée Nationale, par son auteur le député Serge Poignant (UMP, Loire-Atlantique), vice-président de la dite commission.


Serge Poignant n’a sans doute pas trop abusé du biberon atomique à l’inverse de nombre de ses collègues parlementaires, et son rapport est un franc plaidoyer  pour le développement du photovoltaïque en France. Le rapporteur fait siens les arguments développés par la fédération européenne du secteur (EPIA) : « 10 raisons de croire dans cette énergie », qu’il est largement temps d’entendre et d’intégrer en France. C’est une évidence car le photovoltaïque utilise carburant gratuit, inépuisable et disponible sur l’ensemble du territoire, il ne pollue pas, nécessite peu de maintenance, contribue à la sécurité d’approvisionnement énergétique de l’Europe et pourrait permettre la création de « dizaines de milliers d’emplois »…

 

Le rapporteur dresse un état des lieux de la filière relativement clair et complet, sur les différentes technologies et applications, ainsi que sur les perspectives d’évolutions (coûts, marché…). Et pour mieux aborder le contexte français, le député analyse et s’inspire de deux cas d’école européens : le contre exemple espagnol et le modèle allemand. Ensuite, il expose les pistes stratégiques pour le développement de cette énergie au niveau national, avec en toile de fond, une électricité solaire qui deviendra compétitive en France (parité réseau) entre 2015 et 2020.


A travers ce rapport, Serge Poignant plaide pour une continuité du schéma d’aides publiques tel qu’il existe actuellement. Afin de conserver de façon soutenable ce schéma, il propose d’étudier une possible dégression du tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque (de l’ordre de 7 à 8% par an) en fonction du développement de la filière ; ainsi qu’une régionalisation du tarif d’achat, afin que les projets photovoltaïques soi
ent économiquement viables sur l’ensemble du territoire français (et pas seulement dans le sud !) au nom de l’égalité des français et de leur droit au solaire.

 

Au niveau de la recherche et développement française, Serge Poignant veut garder toutes les portes ouvertes, en soutenant l'ensemble des filières technologiques (silicium, CIS et polymères), tout en investissant dans le stockage. Et si la recherche publique française est de grande qualité même si elle est encore trop atomisée, elle pèche surtout par le manque de transfert des laboratoires vers des applications industrielles : « il y a un problème de passage de la recherche à l'application industrielle en France ». Aussi, il recommande que les énergéticiens (EDF, GDFSUEZ mais aussi TOTAL) ainsi que les fabricants de matériaux (Saint-Gobain)  investissent dans des unités industrielles pour valoriser les travaux de R&D financés par le denier public. Nos champions énergétiques doivent aider la France à préparer l’avenir, qui n’est pas que fissile loin s’en faut ! Les crédits issus du grand emprunt national et du Fonds stratégique d'investissement pourront être mobilisés pour déployer une industrialisation solaire à la française, sur toute la chaîne de valeur technologique.

 

Ce rapport justifie également le choix stratégique français (une exception culturelle pour la communauté solaire mondiale) qui mise sur l'intégration au bâti pour se positionner sur le marché mondial.  L’intégration au bâti n’est pas seulement un cadre pour développer de la valeur en France avec produits innovants qui trouveront demain à s’exporter. Ce n’est pas seulement une manière de renforcer l’efficacité énergétique du secteur du bâtiment. C’est aussi une condition pour faciliter l’acceptabilité sociale du photovoltaïque, dans un pays où la dimension esthétique est loin d’être négligeable.

 

 

Cependant, il pointe les limites qui devront faire l’objet de réflexions comme par exemple les multiples voies d’interprétation de la notion d’intégration au bâti, ainsi que le flou réglementaire qui encadre le développement des centrales solaires au sol. Il met en exergue l’inadaptation du cadre administratif, pour exiger une simplification des formalités de raccordement qui accélérera les délais requis par ERDF (6 mois actuellement en France, contre six semaines en Allemagne).


Serge Poignant souhaite par ce rapport montrer la cohérence d’un choix économique en engageant résolument la France dans le développement du photovoltaïque, tout en prévenant les conflits d’usage et de spéculation foncière. Il est fort probable que ses travaux éclaireront le MEEDDAT qui concocte une réforme du tarif d’achat de l’électricité solaire depuis quelques mois.

 

 

 

Tag(s) : #Solar Buzz

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