
"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
Est-ce que ce possible et salutaire retour aux sources primitives, serait possible à l’année ? N’est-ce pas un mirage estival, une impression d’équilibre renforcée par la farniente ?
Quelle est ma nature profonde ? Oui, j’aime le calme et la quiétude d’un eden préservé, mais serais-je capable d’une vie simple et douce à longueur d’année ? Arriverais-je à devenir suffisamment sage pour ne plus me distraire en suractivité, vains projets et rapports de séduction ? La seule chose dont je sois certain, c’est que mon goût pour le beau et le bon, s’il est ici subjugué à l’état naturel, en ressortira renforcé pour affronter la civilisation moderne et la rentrée.
Pour le reste, pas de self-imprinting. Je sais que je prends ici ma respiration de lumière et de nature, que la ville fait disparaître. Mais j’apprécierai le retour au monde urbain, à la vie trépidante et à la course des jours … L’expiration va durer 11 autres mois, avec quelques inspirations ponctuelles, bouffées de libertés dérobées à la vie sociale de villes en villes.
Ce retour à la nature n’est donc qu’une respiration, je suis encore incapable de vivre au paradis naturel.
Commentaires