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Ce sont deux femmes, Chantal Jouanno et Ségolène Royal, qui sont à l’honneur de ce billet solaire. L’une est porteuse de « mauvaises » nouvelles qui vont sans doute ralentir le marché solaire photovoltaïque en France pour 2010. L’autre est annonciatrice de « bonnes » nouvelles qui vont accélérer la solarisation de la Région Poitou-Charentes. Baisse du tarif d’achat (45 Ctmes d’€/kWh) contre l’extension des objectifs du plan solaire régional  (de 65 à 275 MW) : 1 pour Ségo, 0 pour Jouanno.


Vendredi 28 Août, Chantal Jouanno, ancienne patronne de l’Ademe devenue secrétaire d’Etat à l’Ecologie, était en déplacement dans les Pyrénées Orientales, à Font-Romeu plus exactement. Elle a visité le four solaire d’Odeillo et la centrale solaire de Thémis pour découvrir les dernières avancées en matière de création d’hydrogène sans émission polluante et de rendement photovoltaïque. D’après le blog de Tecsol, Chantal Jouanno a reconnu être impressionné par le dynamisme de la recherche catalysé par le pôle de compétitivité DERBI (Développement des energies Renouvelables dans le Bâtiment et l’Industrie), dans l’un des berceaux français de l’énergie solaire. « Il y a vraiment de la ressource ici, sur ces sites symboliques qui montrent bien que nous avons été les premiers sur le solaire ».


Un déplacement politique pyrénéen au sortir de l’été, pour réaffirmer la lune de miel entre la France et l’énergie solaire, et pour adresser plusieurs messages.


L’un fort : que le gouvernement de Nicolas Sarkozy « ne laisserait pas tomber la recherche solaire … Nous prônons la continuité avec un renforcement des moyens et, notamment, 450 millions d’euros sur le fonds démonstrateur abondé de 200 millions d’euros chaque année soit au même niveau que le nucléaire ».


L’autre, très mezzo voce, sur la baisse des tarifs d’achat du photovoltaïque. A propos du futur décret concernant les ajustements tarifaires qui devrait sortir avant la fin du mois de septembre 2009, Chantal Jouanno a annoncé la mise en place d’un tarif spécifique à 0,45 euro/kWh, qui va plus ou moins vidé de sa substance le tarif de 0,60 actuellement en place pour le photovoltaïque intégré au bâti sans limitation de puissance. Si le particulier pourra peut être encore bénéficier du tarif à 60 centimes, les grands projets sur des bâtiments agricoles et tertiaires seront soumis au tarif à 45 centimes, « sauf exception au cas par cas ». « En cas de conditions particulières étudiées par une commission ad hoc, le tarif de 0,60 euro pourra être appliqué. Nous visons un taux de rentabilité de 8% » a-t-elle conclu.

 

Bref, du côté du Ministère de l’Environnement, l’on veut éviter la création d’une bulle spéculative solaire à cause des effets d’aubaines, le fameux « syndrome espagnol » qui a cassé les reins de la filière solaire espagnole. Un TRI de 8 % devrait brider le marché d’affaire, signe aux investisseurs que le solaire n’est pas une machine à cash, mais un placement de bon père de famille. En même temps, un rendement de 8 % sur 20 ans, c’est un investissement sain quand l’économie casino fait perdre des milliards… Néanmoins, ce ralentissement de la croissance du marché photovoltaïque qui découlerait de cette baisse du tarif à 45 Ctmes d’€/kWh, même si les règles d’éligibilité au tarif étaient assouplies au niveau des critères de l’intégration au bâti, n’est peut être pas une si mauvaise chose à l’heure où la filière se structure et où les coûts des modules solaires baissent (- 20 à 30 % par rapport à 2008). Le diable étant dans le détail, le projet d’arrêté tarifaire est attendu avec impatience pour évaluer l’impact sur le marché 2010 et au-delà.

 

 

Ségolène Royal, qui est parmi les plus écolo des socialistes, avait besoin de gérer l’accrochage avec Europe Ecologie à propos de la contribution énergie climat. Besoin d’envoyer un message vert fort orné de rose, à l'heure de la rentrée politique. Aussi, Ségolène Royal a-t-elle usée de sa vitrine régionale, pour remettre l'accent sur l'écologie.

 

Comme nous l’apprend la Charente Libre, Ségolène royal a organisé une conférence de presse à Paris ce 1er septembre. Pour dépasser par le haut le « conflit » avec la patronne des Verts Cécile Duflot, Ségo a joué la carte solaire. L’énergie solaire, technologie totémique, est ici utilisée comme un vecteur politico-médiatique gage de développement durable, avec une ambition en forte hausse.

 

Ainsi, le plan solaire photovoltaïque de Poitou-Charentes lancé en février 2009 connaît un tel succès, que la Région va le doper. L'objectif initial - 65 mégawatts (MW) à l'horizon 2012 - est déjà à moitié réalisé à fin août. Il est donc porté à 275 MW à l'horizon 2015. Ségolène royal précise par ailleurs que « des contacts sont en cours entre des industriels de la région et des fabricants chinois pour des unités de production en Poitou-Charentes».

 

 

Comme ce Plan solaire en Poitou-Charentes devrait inspirer un plan plus ou moins similaire en Languedoc Roussillon d’ici quelques mois, ce rehaussement des objectifs et du soutien via la Banque Européenne d'Investissement (BEI) et le réseau bancaire, est de bon augure. L’effet d’échelle de perroquet, devrait jouer à plein avec les régionales dans la mire de mars 2010. La résistance du marché français à l’évolution des tarifs, et donc la résilience de la croissance, pourrait survenir des régions « pro actives » au mécanisme de soutien innovant. La croissance verte est une économie encore fragile, qui doit trouver son substrat au niveau local dans un environnement global… Les Régions peuvent jouer un rôle d’amortisseur/catalyseur, bénéfique au développement du secteur solaire. Qui plus est, à moyen terme, elles pourraient relever l’ambition solaire française, qui vise en 2020 ce que l’Allemagne a accompli en 2008…

 

 

 

Tag(s) : #Solar Buzz

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