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Ça y est, le gouvernement a enfin rendu public le projet de nouvel arrêté tarifaire de l’électricité solaire. Des mois que les professionnels échangeaient avec l’administration suite au chantier de révision engagé par JL Borloo en novembre dernier. Des semaines que supputations et rumeurs courraient à propos d’un levier fondamental de ce secteur de l’économe verte : quel serait le détail du nouveau cadre économique pour le photovoltaïque en France.

 

JL Borloo a donc levé le voile le 9 septembre, sans attendre le passage devant le Conseil Supérieur de l’énergie du 22/09/09. Le projet d’arrêté est soumis à l’exégèse du secteur qui l’a reçu avec satisfaction, tandis que le communiqué de presse est rassurant pour l’opinion publique : la France mise fort sur le développement du solaire.

 

Il est vrai que le pays continuera jusqu’en 2012, d’offrir le tarif d’achat d’électricité solaire le plus généreux du monde. Si la prime d’intégration au bâtiment donnant accès à un tarif d’achat de 60 c€/kWh pendant 20 ans, sera dorénavant réservée aux solutions architecturales accomplies, et ce sans limitation de puissance. Une prime d’intégration au bâti simplifiée est créée à 45 c€/kWh pour des installations de plus de 3 kW, pour des systèmes n’assurant pas une fonction « totale » de clos et couvert et d’étanchéité́. Et pour renforcer la qualité de la mise en œuvre et protéger les clients, l’installateur devra remettre un certificat attestant que les ouvrages ont été conçus et réalisés dans le respect de la réglementation et des règles de l’art.

 

Enfin, les installations au sol pourront toujours bénéficier en métropole du tarif de 32.8 c€ / kWh.Avec pour les installations de plus de 250 kWh, un tarif qui sera pondéré selon l’ensoleillement (bonus de 0 à 20 % selon les départements). Cela évitera la pression et la saturation des régions les plus ensoleillées, pour le développement de centrales solaires. Le déplafonnement du nombre d’heures pour les centrales à suiveurs est également adopté.

 

Une période de transition a été introduite jusqu’en juin 2010 pour les projets en cours, cela évite l’effet couperet et ne déstabilise pas la filière. Ces tarifs, applicables dès janvier 2010 resteront inchangés jusqu’à 2012 inclus. A partir de 2013 ils subiront une dégression annuelle de 9 %. Cette visibilité à moyen terme est précieuse pour les investisseurs.

 

Au final, si ce projet de tarif d’achat de l’électricité solaire mérite sans doute quelques amendements (pour ne pas écarter les toitures terrasses, pour prévoir explicitement les ombrières de parking, …), il me semble équilibré.

 

Avec l’introduction d’un nouveau tarif à 45 centimes, les effets d’aubaine devraient être mieux régulés. Cela offre un cadre pertinent et adapté à l’économie de projet de la surimposition. Un système installé sur la toiture d’un bâtiment assurant la protection des personnes, des animaux, des biens ou des activités, n’avait pas de raison d’être financé à 60 c€/kWh quand le prix des modules a plongé à moins d’1,5 €/W, et est attendu à 1 € pour 2010.

 

 

On peut, comme le Cler et Hespul, regretter que ce projet de tarif n’optimise pas la dépense, privilégiant les grands projets et cantonnant le particulier aux solutions les plus coûteuses, et les plus esthétiques. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir. Ce nouveau cadre d’ici 2012, même s’il prime les gros opérateurs du secteur qui sont aussi ceux qui peuvent investir le plus vite, est l’affirmation que la France a définitivement une ambition solaire. Il confirme la stratégie française de lier l’histoire solaire en marche à celle du bâtiment, pour inventer la ville du futur. Il devrait en outre responsabiliser un secteur, qui devra tenir ses engagements, telle la responsabilité pénale de la garantie décennale. C’est là un enjeu qualitatif pour les compétences des installateurs, des prescripteurs et des industriels. Un enjeu à valeur ajouté sociale, économique et industrielle.

 


 


Grâce à un tel cadre, alors que le marché photovoltaïque français 2009 s’annonce très bon, avec au moins un doublement pour dépasser les 200 MW - dont plus de 100 MW chez les particuliers - et le milliard d’euros investis, on peut parier sur un boom solaire français d’ici 2012. Le gigawatt installé annuellement sera sans nul doute atteint à cette échéance, voir avant.

 

Avec ces nouveaux tarifs, la France devrait investir plus d’une dizaine de milliards d’euros dans le secteur de l’électricité solaire (base de 1 GW en 2012 induisant une charge de 500 M€ / an pour la CSPE), étalés sur 20 ans. Un tel investissement, c’est un tournant dans le dogme du tout nucléaire qui a fait long feu. C’est le début d’un pan d’une économie verte à construire… L’amorce d’une trajectoire qui nous fera largement dépasser les 5,4 GW prévus pour 2020 ;-)

 

 

 

Tag(s) : #Solar Buzz

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