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La 1ère partie de cette chronique hebdomadaire aléatoire, était peut être par trop franchouillarde, centrée sur la tour Eiffel d’un nombril parisien. Aussi, une suite internationale et européenne, pour compléter.

 

Un Japon nouveau se lève en vert


Après le changement politique historique intervenu au Japon, où les conservateurs ont perdu les élections pour la première fois depuis l’après guerre, le nouveau 1er Ministre élu M. Yukio Hatoyama a dévoilé sa nouvelle politique climatique. Il veut engager résolument le Japon dans la lutte contre les gaz à effet de serre, avec une réduction de 25% pour 2020 par rapport au niveau de 1990. Un réel progrès politique, alors que le précédent 1er ministre conservateur Taro Aso, affichait un objectif de seulement 8%. Tout cela alors que le pays n’a pas encore atteint les objectifs du protocole de Kyoto.

Cet engagement du Japon (25% 2020) est important alors que nous arrivons dans la dernière ligne droite des négociations de la suite de « Kyoto », avec la rencontre de Copenhague en décembre. Lors de cette annonce, M. Hatoyama a dit que ce nouvel engagement du Japon dépendait de l’engagement d’autres gros émetteurs de carbone, les USA, l’Inde et la Chine étaient plus particulièrement visés.


Cet engagement du Japon sous condition, est une bonne nouvelle. Cela créé une atmosphère constructive. Alors que l’Europe est sur la même longueur d’onde (20% 2020), les américains ne pourront demeurer dans le rôle du pollueur irresponsable parmi les blocs de l’économie développé. L’inde et la Chine pourraient suivre si les USA s’engagent par ailleurs. Le nouveau gouvernement japonais dit clairement qu’il est dans le camp du progrès pour une meilleure gouvernance globale visant à réduire les émissions. Un bon point pour obtenir un accord à Copenhague.


Cet engagement politique est autant une contrainte qu’un enjeu de leadership mondial pour l’industrie japonaise, déjà en avance dans le domaine des véhicules hybrides, du photovoltaïque, … Dans le domaine des écotechnologies, le Japon va vouloir faire course en tête… Cette annonce sur le climat est remarquable, alors que le premier ministre Hatoyama ne prendra effectivement son poste que le 16 septembre. Tout un symbole ;-)

 


Italie : une démocratie européenne malade


« Un poisson commence toujours à pourrir par la tête », ce proverbe chinois illustre parfaitement ce qui se passe en Italie. La démocratie transalpine est rongée par la folie de son chef, Silvio Berlusconi.

Si les épisodes libidineux du Cavaliere qui ont émaillé tout l’été, n’ont pas fait honneur au chef du gouvernement italien. La poursuite des journaux d’opposition est une poutinisation réelle d’une démocratie occidentale qui fut fondatrice de l’Union européenne. Une trahison des valeurs de l’humanisme européen, des valeurs qui fondent les règles politiques d’une libre expression des opinions.

Silvio Berlusconi était déjà connu comme chef du trafic d’influence pour saigner ces ennemis médiatiques (et politiques). Il a demandé récemment aux entrepreneurs italiens réunis en congrès de ne plus passer d'encarts publicitaires dans les pages de La Repubblica, au prétexte que le quotidien osait le critiquer…

Mais c’est un acte encore plus grave contre la démocratie telle que nous la concevons en Europe, que de s’attaquer à des journaux de « l’opposition », seuls rescapés de la mainmise sur tout le reste du système médiatique italien.


A lire, le très bon papier de Fabrizio Tonello dans le Monde du 13/14 septembre.

Pour bien comprendre la situation, « il faut se figurer un homme politique français qui soit à la fois propriétaire de TF1, de France 2 et de M6, capable de nommer ses fidèles à la tête de Radio France et du reste du service public. A cela il faudrait ajouter quelques bricoles comme Hachette, Le Point, Le Figaro et une fortune personnelle évaluée par Forbes à 6,5 milliards de dollars. Impensable ? A Paris, peut-être, mais pas à Rome. »

Donc, SB, chef de gouvernement italien et magna des médias, a assigné en justice pour "diffamation" deux quotidiens de centre gauche. L'Unita, quotidien fondé 1924, et La Repubblica, journal indépendant de centre gauche qui, depuis le 14 mai lui pose quotidiennement dix questions. « On prête à M. Berlusconi l'intention de poursuivre en justice la presse étrangère qui a fait état de ses extravagances. La première cible est l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur, suivi d'El Pais en Espagne et de plusieurs quotidiens anglais », précise Fabrizio. Ce dernier nous éclaire sur la stratégie du chef de gouvernement italien : « les attaques contre la presse n'ont pas vraiment pour but d'obtenir les dédommagements dont il est question dans les dossiers judiciaires : la stratégie vise à intimider les autres journaux indépendants avec la menace de batailles judiciaires qui vont durer des années et des années… ».

 

On croit rêver, mais cela arrive dans l’Europe du 21ème siècle. Un pays frère a la démocratie qui se décompose lentement mais surement, en direct au fil des mois. Le contrôle médiatique se veut total, comme dans une pire dictature. Il serait presque en passe de se réaliser, sans la vigilance qui nous unit. « Bien sûr, ce n'est pas encore le système Poutine employé pour se débarrasser des reporters gênants... », mais cette volonté de contrôle médiatique pour museler toute opposition, est tout bonnement inacceptable pour un chef d’Etat européen ! L’Italie ne peut entrer en concurrence avec la Corée du Nord ou la Russie au chapitre de la liberté d'informer.

 

Tag(s) : #chronique de la semaine

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